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LIENS VERS D'AUTRES RESUMES DE CONCILE :
I) Concile
de
Nicée
II) Concile
de
Constantinople
III) Concile
de
Chalcédoine
IV) Concile
de
Constantinople II
V) Concile
de
Constantinople III
VI) Concile
de
Nicée II
VII) Concile
de
Constance
VIII) Concile
de
Bâle-Ferrare-Florence
IX) Concile
de
Latran V
X) Concile
de
Trente
XI) Concile
de
Vatican I
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I) LE CONTEXTE HISTORIQUE :
1)
Introduction :
Avec ce concile, un tournant s'opère. En effet,
alors que les débats théologiques à l'origine des conciles
du IVème siècle portèrent essentiellement sur l'unicité de
Dieu (Trinité, divinité du Christ et du Saint-Esprit, notamment), les
questions des théologiens au siècle suivant se focalisèrent plutôt sur la
nature du Christ. Le concile d'Ephèse
sera un vivant exemple de cette nouvelle tendance.
2) Les
raisons du concile
A.
Le nestorianisme :
la question christologique qui commençait à
poindre à cette époque était finalement la conséquence logique des
traditions qui s'affrontaient alors par l'intermédiaire des deux grandes
écoles de théologie d'Antioche
et d'Alexandrie. Ainsi, les deux
natures du Christ, divine et humaine, sont-elles strictement séparées (thèse
de l'école d'Antioche) ? Ou alors le divin absorbe-t-il l'humain en lui
(thèse de l'école d'Alexandrie), auquel cas il y a unité complète des deux
natures ? Pour couronner le tout, signalons que plusieurs courants
existaient entre ces deux pôles ! Mais jusque là cette différence de
tradition n'avait jamais conduit à une rupture parce qu'aucune des deux
tendances n'avait été poussée à son extrême.
C'est ici qu'intervient Nestorius.
Devenu patriarche de Constantinople à partir de 428,
il reprend les thèses de la christologie d'Antioche, mais, il pousse la
tendance antiochienne jusqu'à ses limites, en niant l'unité de personne
dans le Christ, ce qui tout naturellement le conduit à dénoncer le titre de
'Mère de Dieu' (= Théotokos en grec). Elle n'est que 'Mère du
Christ' (= Christotokos en grec), selon lui. En
d'autres termes, affirme Nestorius, Marie est la mère d'un homme dans
lequel le Verbe
s'est incarné. La nature humaine et la nature divine de Jésus n'ont d'union
que morale. Cette négation fit l'effet d'une bombe, car le culte de Marie
était déjà répandu en Orient, ces déclarations ne pouvaient donc que
choquer la piété populaire.
L'Eglise d'Antioche ne pouvait approuver cette
thèse radicale, mais, dans le même temps, il lui répugnait de donner raison
au grand rival de l'Eglise d'Antioche, le champion des thèses avancées par
l'Eglise d'Alexandrie, à savoir : Cyrille
d'Alexandrie. L'atmosphère, une fois de plus, s'alourdit.
De son côté, Cyrille d'Alexandrie
contre-attaqua, en affirmant avec force l'unité absolue du Verbe incarné ;
il en appela même au pape Célestin
1er, qui appuya Cyrille. Le pape alla jusqu'à sommer Nestorius
de renoncer à ses positions, sous peine d'être déposé (430). En outre, Cyrille
obtint de l'empereur Théodose
la convocation d'un concile. Ce serait le concile d'Éphèse en
431.
B.
Le pélagianisme :
Une autre hérésie devait occuper les débats de ce
concile, il s'agit du pélagianisme. Certes, cette doctrine ne constitua pas
l'essentiel des discussions à Ephèse, ce fut bien le nestorianisme, mais,
il n'en reste pas moins que cette hérésie représentait un réel danger pour
l'Eglise, la preuve en est qu'avant même ce concile, cette doctrine fut
condamnée à plusieurs reprises : par le concile de Carthage, pour
l'Afrique proconsulaire (411 ou 412), et par le concile de Milève, pour la Numidie
(416) ; elle fut ensuite condamnée par un synode
de Jérusalem (415), un concile de Diospolis (Lydda, 415), un concile de
Carthage (416), un concile de Milève (416) et enfin le seizième concile de
Carthage (pour l'Afrique proconsulaire et la Numidie, 418) ! St
Augustin lui-même n'épargna pas ses efforts pour combattre cette
doctrine.
Cette hérésie trouve son origine chez le moine anglais Pélage
(360-422). En réaction contre le fatalisme et l'immoralisme du manichéisme,
ce religieux exalta l'excellence de la création, la libre responsabilité de
l'homme et la puissance de sa volonté pour atteindre le bien ; selon sa
doctrine, chacun a en lui-même, de par la nature humaine, la force
nécessaire pour y parvenir. Dans cette valorisation de la volonté, Pélage
minimise en fait la portée du péché originel et le rôle de la grâce donnée
par Dieu. Celle-ci se trouve en quelque sorte ramenée au niveau
d'auxiliaire de la volonté.
3) Le déroulement du concile
Se prévalant de directives reçues du Siège apostolique,
Cyrille le préside. Il en décide l'ouverture le 22 juin 431, sans attendre
l'arrivée des légats pontificaux, retardés. Il se sait porté par les
faveurs du peuple et de nombreux évêques (voir plus haut la piété populaire pour la Vierge
Marie). Nestorius, lui,
fait preuve de maladresse. Son argumentation est confuse et il refuse de
comparaître. L'empereur d'Orient intervient en personne dans les
discussions, ce qui ajoute à la confusion, d'autant qu'il décide
d'emprisonner les deux rivaux Cyrille et Nestorius !
Enfin, et comble de confusion, le concile se scinde en deux, les deux
partis se réunissant séparément. D'un côté, Jean d'Antioche, chef de file
de l'Église d'Antioche, proche de Nestorius, dépose avec ses alliés
Cyrille, lors d'un synode. De l'autre, Cyrille et la majorité des évêques excommunient
Jean d'Antioche et ses 34 derniers partisans. Ce n'est qu'au bout de 2 deux
ans que Jean et Cyrille parviennent à se concilier par la suite, en faisant
un pas vers l'autre, pour restaurer la paix au sein de l'Église d'Orient (voir
plus bas le symbole d'Ephèse).
II) LES DÉCISIONS IMPORTANTES DU CONCILE
§
Le concile
condamne le nestorianisme, et proclame la maternité divine de Marie (du
fait de l'unicité de personne en Jésus Christ, Fils de Dieu). Nestorius est
déposé de son patriarcat de Constantinople.
§
Le
pélagianisme, pour la première fois, se voit officiellement condamné par un
concile oecuménique.
L'impact du concile
a.
par rapport au Nestorianisme :
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Jésus Dieu
marchant sur les eaux
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comme il avait été signalé plus haut dans le
chapitre consacré aux raisons du concile, l'unité religieuse ne s'est pas
faite autour de la condamnation du nestorianisme, loin s'en faut. En fait,
le progrès accompli à Ephèse lors du concile dans la clarification de la
théologie concernant la personne du Christ ne devait pleinement apparaître
que deux ans plus tard, dans le texte signé conjointement par Cyrille
d'Alexandrie et l'évêque d'Antioche Jean. Dans ce texte, parfois appelé
"Symbole d'Ephèse", on
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Jésus Homme :
la couronne d'épines
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voit les deux grands courants alexandrin et
antiochien de la théologie se rencontrer dans une vision commune : dans la
personne du Christ, il y a lieu tout à la fois de distinguer les deux
natures, divine et humaine, et de considérer leur union sans
confusion. Ce symbole représente le dogme des Eglises
chrétiennes dites non nestoriennes dont les principales églises font partie
(Eglise catholique, Eglises orthodoxes et mouvements protestants).
Malgré cette claire prise de position, et malgré
la condamnation de Nestorius, le problème du nestorianisme n'était pas pour
autant complètement résolu ; sa doctrine, en effet, continua à faire des
adeptes. C'est ainsi que l'empire perse s'y rallia, plus pour des raisons
politiques que pour des raisons de foi, il faut bien le dire, l'hostilité
entre l'empire perse sassanique et l'empire romain étant plus vive que
jamais.
Par l'église perse, la doctrine nestorienne
s'étendit à l'Asie Centrale, l'Inde et enfin la Chine. Dans ces régions, le
nestorianisme connut son apogée au XIIème siècle. Aujourd'hui encore, il
subsiste au Moyen Orient (Iran, Irak) et en Inde des communautés issues du
courant nestorien !
b.
par rapport au Pélagianisme :
Là aussi, le concile d'Ephèse n'a pas
suffit pour résoudre le problème durablement. Aux Vème et VIème siècles, la
pensée de Pélage nourrira dans les milieux monastiques gaulois (Cassien,
l'abbaye
de Vérins...) un courant anti-augustinien appelé plus tard
semi-pélagianisme, ce courant ne prendra fin qu'avec la condamnation portée
par le concile d'Orange en 529, soit près d'un siècle après Ephèse.
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