Exposé sur le Concile de Trente


RETOUR LES 21 CONCILES OECUMENIQUES

LE CONCILE DE TRENTE

1545-1563
(Un bref résumé)

Le Concile de Trente

les raisons du Concile / un historique du Concile

les principales décisions du Concile

les leçons spirituelles à tirer

                               i.            de la tenue du Concile

                             ii.            du contenu du Concile


LIENS VERS D'AUTRES RESUMES DE CONCILE :


I) Concile
de
Nicée






II) Concile
de
Constantinople






III) Concile






IV) Concile
de
Chalcédoine






V) Concile
de
Constantinople II






VI) Concile
de
Constantinople III






VII) Concile
de
Nicée II






VIII) Concile
de
Constance






IX) Concile
de
Bâle-Ferrare-Florence






X) Concile
de
Latran V






XI) Concile
de
Vatican I

I) LE CONTEXTE HISTORIQUE

Pourquoi ce Concile :

Depuis de longues années, et plus particulièrement dans la période suivant le Grand Schisme, des voix s'élevèrent dans l'Eglise pour réclamer une réforme, un changement. Aucun pape jusqu'ici n'avait eu l'envie, le courage ou le temps de réaliser cet ouvrage. Il faut également souligner qu'à cet égard les conciles précédents (voir liens colonnes de gauche) n'avaient pas non plus lancé les réformes qu'on attendait d'eux.
Il n'était donc pas surprenant dans ce contexte de voir l'émergence d'une situation qui allait favoriser la naissance d'une scission, dont Luther fut le point de départ.

Le protestantisme :

Martin LutherC'est ainsi qu'en 1517, Martin Luther, moine allemand, augustin et professeur à l'université de Wittemberg, publia une déclaration en 95 points. Il est d'abord révolté par les excès de Rome et en particulier le commerce des indulgences destiné à financer la construction de la nouvelle basilique St Pierre. Mais il propose aussi une nouvelle conception de la religion, un certain 'retour aux sources'. Cette conception d'ailleurs ne devait pas manquer d'influencer le Concile de Trente par réaction, comme nous le verrons.
Cette nouvelle vision de la religion chrétienne se fondait en fait sur 3 principes :

a.               seules les Ecritures représentent l'autorité de l'Eglise, au-dessus de la Tradition et du pape.

b.              c'est la foi qui sauve et non les actions des hommes (i.e. oeuvres), si bonnes soient-elles.

c.               le baptême rend les chrétiens égaux devant Dieu. L'unique médiateur des hommes est le Christ. Il n'y a pas, il ne doit pas y avoir de différence entre clercs et laïcs.

La réaction de l'Eglise, les obstacles au déroulement du Concile :

Le protestantisme, puisque tel est le nom du mouvement né de la révolte de Luther, connaît rapidement un bel essor, grâce aux princes allemands qui adhèrent à la réforme.
Pour réagir face à cela le Vatican utilise la condamnation. L'effet est nul, si ce n'est qu'il provoque quelques violences dont le monde chrétien aurait bien pu se passer après le Grand Schisme. Reste alors la solution d'une 'contre-réforme' ou 'Réforme catholique', solution que choisit le pape Paul III en convoquant le concile de Trente.
Charles QuintIl a en effet fallu toute la persévérance de ce pape pour aboutir à la convocation du concile, alors que plus personne n'y croyait. Il s'ouvrit finalement le 13 décembre 1545 dans la ville de Trente (territoire à la fois italien et impérial) après la signature de la paix de Crépy-en-Laonnois entre l'empereur Charles Quint et François 1er. Une déception pourtant : à son ouverture, le concile ne comptait que 29 évêques et 3 supérieurs d'ordres ; serait-ce l'échec ? Beaucoup le pensaient.
Il s'agira en fait d'un très grand concile, dont l'œuvre
sera considérable. Il se déroulera pourtant au milieu de difficultés sans cesse renouvelées, qui entraveront constamment sa progression et feront craindre à plusieurs reprises sa paralysie définitive. Il lui faudra dix-huit ans pour venir à bout de sa tâche !
Ainsi, en 1547, deux ans après son ouverture, Paul III dut le transférer à Bologne, théoriquement pour échapper à la peste qui avait éclaté à Trente, en fait pour se soustraire aux pressions impériales. La réaction de Charles Quint fut vive, le concile dut être interrompu une première fois.
Paul IIIQuatre ans plus tard, le successeur de Paul III, Jules III (1550-1555), parvint à le relancer malgré les obstacles dressés une fois de plus par le roi de France. Un an après il dut être de nouveau interrompu à l'approche des princes protestants allemands coalisés contre l'empereur (et soutenus par la France).

Pie IV  

Encore une fois, la ténacité et la diplomatie d'un pape, Pie IV (1559-1565), permirent de lui redonner vie en 1562 (soit après dix années d'interruption !), et de le conduire à bonne fin en 18 mois. Pie IV fut en cela remarquablement secondé par son jeune neveu Charles Borromé.

  Charles Borromée

Les conséquences de ce Concile pour l'Eglise :

Enfin l'attitude et la situation de l'Eglise après le Concile incitait à l'espérance : la conduite à bonne fin de ce concile malgré tant d'obstacles avait restauré aux yeux des catholiques le crédit de la papauté, tombé au plus bas avant lui (voir les Conciles précédents, liens colonne de gauche) ; la gravité des périls avait contribué à resserrer les rangs au sein de l'Eglise romaine, renforçant même son caractère hiérarchisé et monarchique, mais, malgré tout, les dispositions adoptées par le concile dessinaient les traits d'une Eglise renouvelée : volonté de réforme de la part de l'ensemble du corps épiscopal, guerre déclarée aux abus, action engagée pour un clergé de qualité, effort en faveur de l'instruction religieuse des fidèles, etc...l'élan était donné.

II) LES DÉCISIONS IMPORTANTES DU CONCILE :

Il faut bien se rendre compte que ce concile a brassé une somme gigantesque de travail et de réformes. A travers ce Concile, l'Église va reprendre entièrement ses fondements et préciser le contenu de sa foi et de ses dogmes.
L'Église catholique va d'ailleurs s'appuyer pendant des années sur ce concile. Il faudra attendre le Concile Vatican II pour retrouver une telle ampleur de travail et de réformes.

Les décisions

·        redéfinition du canon des Écritures avec inclusion officielle de nouveaux livres pour l'Ancien Testament (livres deutérocanoniques).

·        rapport Ecritures - Tradition

·        le péché originel

·        le salut de l'âme, le purgatoire

·        la grâce et le libre arbitre de l'homme

·        la doctrine des sacrements (qui sont fixés à 7)

·        la transsubstantiation (pour plus de renseignements sur cette question, voir le concile de Constance, le point sur l'eucharistie → cliquez ici)