Chute de Massada

D'Abraham à Ben Gourion, une si longue Histoire:

1800 avant JC: Abraham père d'une multitude

16 mars -597: Nabuchodonosor s'empare de Jérusalem

8 septembre 70: destruction du Temple

2 mai 73: prise de Massada

Diaspora et judaïsme

6 juin 1391: "pogroms" en Espagne

1895-1898: affaire Dreyfus


15 février 1896: parution de L'Etat juif


2 novembre 1917: déclaration Balfour


19 septembre 1935: lois antisémites de Hitler

9 novembre 1938: la "Nuit de Cristal"

20 janvier 1942: la "Solution finale"

6 octobre 1973: guerre du Kippour


De l'antijudaïsme à l'antisémitisme
   

Le 2 mai 73, la forteresse de Massada tombe aux mains des légionnaires. C'en est fini de la première guerre juive contre la domination de Rome.

Construite au temps des Asmonéens, la forteresse de Massada, qui surplombe de 400 mètres les rives sauvages de la mer Morte, est le dernier îlot de résistance juive à l'occupation romaine.

Sous la conduite d'un chef nommé Eleazar ben Jair, un millier de Zélotes, hommes, femmes et enfants, résistent pendant trois ans à plus de 15.000 légionnaires.

Ceux-ci n'arrivent à accéder aux murailles qu'en aménageant une rampe artificielle depuis le pied du rocher.

Quand ils pénètrent dans la forteresse, ils ne découvrent que des cadavres, dix des assiégés ayant tué tous les autres avant de se suicider eux-mêmes pour ne pas tomber sous la loi étrangère.

On ne retrouve que sept survivants: deux femmes et cinq enfants, cachés dans un puits. Le récit de ce drame nous a été rapporté par l'historien juif Flavius Josèphe. Les découvertes archéologiques récentes, sur le site de Massada, corroborent ses propos.

De Massada à Varsovie

Le souvenir de Massada a ressurgi avec brutalité en  avril-mai 1943, lorsque 60.000 juifs du ghetto de Varsovie se sont soulevés contre les SS allemands, dans une tentative héroïque et désespérée. Ce fut pratiquement le seul acte de résistance armée au génocide organisé par les nazis.


Deuxième guerre juive


En Palestine même, le sentiment national n'est pas mort avec la prise de Massada et le particularisme juif demeure vivace.

L'empereur romain Hadrien, frappé lors de son passage en Judée par les témoignages d’irrédentisme, décide une campagne d’hellénisation. La circoncision est prohibée, Jérusalem rebaptisée «Colonia Ælia Capitolina» et un temple dédié à Jupiter Capitolinus est édifié sur les ruines du précédent.

Un jeune exalté du nom de Bar Kochba («Fils de l’étoile») prend la tête d’une nouvelle révolte, s’empare de Jérusalem et malmène la légion égyptienne XXII Deiotariana chargée de faire régner l’ordre.

Hadrien se rend sur les lieux et appelle la Xe légion bretonne avec son général Gaius Julius Severus pour mater la rébellion. La campagne durera trois ans et coûtera selon certaines sources plusieurs centaines de milliers de morts juives (133-135). La Judée en restera durablement désertée et l’accès des Juifs à Colonia Ælia Capitolina interdit.

Diaspora et judaïsme

De tous temps, la Terre promise a connu une forte poussée démographique et croulé sous le poids des hommes, d'où une émigration constante et importante vers les autres contrées du Moyen Orient et de la Méditerranée.

À l'époque du Christ, au début de notre ère, on évalue sa population à près de trois millions d'habitants (presque autant qu'aujourd'hui), ce qui est énorme pour l'époque (l'Empire romain à son apogée compte environ 50 millions d'âmes et le monde entier, environ 250 millions).

La victoire de Titus, les ravages de la deuxième guerre juive et la séduction de la civilisation gréco-romaine accélèrent l'émigration hors de Palestine. Les Juifs vont rejoindre les nombreuses communautés de la diaspora déjà installées en Mésopotamie, en Égypte et autour de la Méditerranée, parfois depuis plusieurs siècles.

La survie du judaïsme repose bientôt sur la diaspora, qui représente les quatre cinquièmes de la population juive. Dans la Méditerranée orientale, les juifs constituent à eux seuls un cinquième de la population. Ils sont plus nombreux à Alexandrie qu'à Jérusalem!

Les juifs de ces communautés dispersées de par le monde pratiquent volontiers le prosélytisme et accueillent des convertis indigènes. C'est le cas en Europe bien sûr, mais aussi en Afrique du nord, en Éthiopie et même en Inde, au Kerala.

Les juifs occupent une place avantageuse au sein de l'Empire romain et sont dispensés à titre exceptionnel du culte de l'empereur. Ils placent leur espérance dans l'étude des livres sacrés de la Torah.

Parmi les juifs de la diaspora figurent aussi des prédicateurs qui évoquent un homme nommé Jésus et crucifié quelques décennies plus tôt à Jérusalem. Ceux-là se détachent rapidement de leurs coreligionnaires pour créer une religion à vocation universelle, le christianisme.
 

 

Mise à jour le 23 février 2003