|
|
|
Le
2 mai 73, la forteresse de Massada tombe aux mains des légionnaires. C'en est fini de la
première guerre juive contre la domination de Rome.
Construite au temps des Asmonéens, la forteresse de Massada, qui surplombe de 400 mètres
les rives sauvages de la mer Morte, est le dernier îlot de résistance juive à
l'occupation romaine.
Sous la conduite d'un chef nommé Eleazar ben Jair, un millier de Zélotes, hommes, femmes
et enfants, résistent pendant trois ans à plus de 15.000 légionnaires.
Ceux-ci n'arrivent à accéder aux murailles qu'en aménageant une rampe artificielle
depuis le pied du rocher.
Quand ils pénètrent dans la forteresse, ils ne découvrent que des cadavres, dix des
assiégés ayant tué tous les autres avant de se suicider eux-mêmes pour ne pas tomber
sous la loi étrangère.
On ne retrouve que sept survivants: deux femmes et cinq enfants, cachés dans un puits. Le
récit de ce drame nous a été rapporté par l'historien juif Flavius Josèphe. Les
découvertes archéologiques récentes, sur le site de Massada, corroborent ses propos.
De Massada à
Varsovie
Le souvenir de Massada a ressurgi avec
brutalité en avril-mai 1943, lorsque 60.000 juifs du ghetto de Varsovie se sont
soulevés contre les SS allemands, dans une tentative héroïque et désespérée. Ce fut
pratiquement le seul acte de résistance armée au génocide organisé par les nazis.
Deuxième guerre juive
En Palestine même, le sentiment national n'est pas mort avec la prise de Massada et le
particularisme juif demeure vivace.
L'empereur romain Hadrien, frappé lors de son passage en Judée par les témoignages
d’irrédentisme, décide une campagne d’hellénisation. La circoncision est
prohibée, Jérusalem rebaptisée «Colonia Ælia Capitolina» et un temple
dédié à Jupiter Capitolinus est édifié sur les ruines du précédent.
Un jeune exalté du nom de Bar Kochba («Fils de l’étoile») prend la tête
d’une nouvelle révolte, s’empare de Jérusalem et malmène la légion
égyptienne XXII Deiotariana chargée de faire régner l’ordre.
Hadrien se rend sur les lieux et appelle la Xe légion bretonne avec son général Gaius
Julius Severus pour mater la rébellion. La campagne durera trois ans et coûtera selon
certaines sources plusieurs centaines de milliers de morts juives (133-135). La Judée en
restera durablement désertée et l’accès des Juifs à Colonia Ælia Capitolina
interdit.
Diaspora et judaïsme
De tous temps, la Terre promise a
connu une forte poussée démographique et croulé sous le poids des hommes, d'où
une émigration constante et importante vers les autres contrées du Moyen Orient et de la
Méditerranée.
À l'époque du Christ, au début de notre ère, on évalue sa population à près de
trois millions d'habitants (presque autant qu'aujourd'hui), ce qui est énorme pour
l'époque (l'Empire romain à son apogée compte environ 50 millions d'âmes et le monde
entier, environ 250 millions).
La victoire de Titus, les ravages de la deuxième guerre juive et la séduction de la
civilisation gréco-romaine accélèrent l'émigration hors de Palestine. Les Juifs vont
rejoindre les nombreuses communautés de la diaspora déjà installées en
Mésopotamie, en Égypte et autour de la Méditerranée, parfois depuis plusieurs
siècles.
La survie du judaïsme repose bientôt sur la diaspora, qui représente les
quatre cinquièmes de la population juive. Dans la Méditerranée orientale, les juifs
constituent à eux seuls un cinquième de la population. Ils sont plus nombreux à
Alexandrie qu'à Jérusalem!
Les juifs de ces communautés dispersées de par le monde pratiquent volontiers le
prosélytisme et accueillent des convertis indigènes. C'est le cas en Europe bien sûr,
mais aussi en Afrique du nord, en Éthiopie et même en Inde, au Kerala.
Les juifs occupent une place avantageuse au sein de l'Empire romain et sont dispensés à
titre exceptionnel du culte de l'empereur. Ils placent leur espérance dans l'étude des
livres sacrés de la Torah.
Parmi les juifs de la diaspora figurent aussi des prédicateurs qui évoquent un
homme nommé Jésus et crucifié quelques décennies plus tôt à Jérusalem. Ceux-là se détachent rapidement de leurs coreligionnaires pour créer
une religion à vocation universelle, le christianisme.
|
|