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Dans
la nuit du 22 au 23 juillet 1952, un groupe d'«officiers libres» prend le
pouvoir en Égypte et renverse le roi Farouk 1er.
Ce dernier a succédé le 6 mai 1936 à son père Fouad 1er sans cesser de faire allégeance aux Anglais.
Souverain constitutionnel, il multiplie les coups bas contre le Wafd, un
mouvement politique d'essence populaire déterminé à instaurer une pleine indépendance
de l'Égypte.
Son armée ayant été battue après qu'elle eût tenté en mai 1948 de détruire l'État
nouveau-né d'Israël, le roi engage un bras de fer avec les Britanniques pour récupérer
la gestion du canal de Suez et redresser de cette manière son prestige.
Il abroge en 1951 un traité qui laissait aux Britanniques le canal jusqu'en 1956.
Les attentats anti-britanniques se multiplient. Le 25 janvier 1952, le général George
Erskine réprime durement la révolte d'un millier de Boulouks, ou auxiliaires de
police. Il s'ensuit 49 morts dont 3 Britanniques. Le pays est au bord de l'explosion.
La monarchie, minée par la corruption, est de son côté mise à mal par des complots.
Les coups viennent d'une part de la droite religieuse et des Frères musulmans,
d'autre part du mouvement progressiste des «officiers libres», fondé par un
colonel de 33 ans d'humble extraction, héros de la guerre contre Israël, Gamal Abdel Nasser.
C'est ce dernier qui l'emporte en définitive. Mais Nasser s'efface devant le général
Mohamed Neguib (41 ans), un aîné plus connu et plus prestigieux que lui, auquel il remet
la présidence du Conseil.
Le 18 juin 1953, la République est proclamée et Neguib en devient le Président et le
Premier ministre. Mais il doit bientôt faire une place de Premier ministre adjoint à
Nasser.
Le 14 novembre 1954, Neguib est enfin déposé par son jeune rival qui devient désormais
le chef absolu de l'Égypte.
Il expulse en 1956 les dernières troupes britanniques et va défier l'Occident en
nationalisant le canal de Suez.
L'anniversaire du renversement du roi Farouk 1er est fête nationale en Égypte.
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