| Non nobis domine sed nomini tuo da gloriam |
Les Templiers et les Croisades |
Apporte la gloire, Seigneur, non à nous, mais à ton nom |
Mars 1147-avril-mai 1151.
Élu Maître de l'Ordre alors qu'il était encore Précepteur de France, il apparaît avec ce titre, pour la première fois, dans une donation d'Achier de Paris, comprenant un moulin situé sous le Grand-Pont de la Seine. Le 14 mai 1150, il tint un chapitre général dans la capitale de la France. Du Cange, dans son étude sur les familles d'Outre-Mer, ne dit rien sur la fin de ce troisième Maître du Temple, pas plus que l'obituaire de Reims. Les actes se taisent à partir de 1150. Nous le retrouvons comme moine de Clairvaux où il mourut, suivant le monologue de l'abbaye, le 12 novembre 1174.
EVRARD DE BARRES 1147 - 1150
Evrard ou Everard des Barres est Précepteur de l'Ordre pour la France depuis 1143 lorsqu'il est appelé à la succession de Robert de Craon en 1148. A peine a-t-il pris ses nouvelles fonctions qu'il sauve le roi de France Louis VII et son armée de croisés, en se portant à son secours dans les gorges de
Pisidie.
Le maître du Temple, écrit Odon de Deuil, un chroniqueur de l'époque, homme respectable par son caractère religieux, et modèle de valeur pour les chevaliers, tenait tête aux Turcs avec l'aide de ses frères, veillant avec sagesse et courage à la défense de ce qui lui appartenait, et protégeant aussi de tout son pouvoir et avec vigueur ce qui appartenait aux autres.
Le roi, de son côté, se plaisait à les faire voir et à les imiter, et voulait que toute l'armée s'appliquât à suivre leur exemple, sachant que si la faim énerve les forces des hommes, l'unité d'intention et de courage peut seule soutenir les faibles.
Baudouin III, roi de Jérusalem, veut profiter de la présence de l'armée croisée pour faire le siège de Damas. Mais les seigneurs chrétiens de Palestine, furieux que la ville soit promise au comte de Flandre et non à l'un des leurs, trahissent et font échouer l'entreprise.
L'armée croisée se retire. Cet échec est un désastre psychologique : les musulmans ont appris à ne plus re douter les princes d'Occident, et ils redoublent leurs attaques. La principauté d'Antioche tombe entre leurs mains. Raymond de Poitiers, qui défend la ville, est décapité; sa tête est envoyée comme trophée au calife de Bagdad.
L'exode de la population chrétienne de ses contrées est protégé par les Templiers, qui doivent aussi défendre Jérusalem d'un raid des Turcs qui laissent 5 000 hommes dans une bataille au bord du Jourdain.
Évrard des Barres n'y assiste pas. II est reparti en Occident avec le Roi Louis VII, auquel il a accordé une avance d'argent.
C'est un précédent qui va faire école. Les Templiers, désormais, vont devenir les banquiers des rois et des princes.
A Clairvaux, Évrard des Barres embrasse la vie monastique, et envoie, en 1151, son abdication à Jérusalem, persévérant dans sa nouvelle vocation, malgré l'insistance des Templiers qui veulent le voir revenir. II meurt dans l'abbaye en 1174.