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Les Templiers et les Croisades

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Robert de Craon.
Juin 1136 -début 1147.

Deuxième Grand Maître de l' Ordre du Temple

Au mois de juin 1136, un acte, passé en faveur de la commanderie de, Richerenches cite Robert de Craon en qualité de Maître de l'Ordre. Les documents se rapportant à l'activité intensive du deuxième Maître sont beaucoup plus complets et rapprochés. En réalité, c'est lui le véritable législateur du Temple. Il donna sa forme à l'Ordre, forme qui ne fera qu'évoluer par la suite. Son rôle, à l'intérieur du Temple, fut des plus importants. Il fut un administrateur de premier plan et un juriste éclairé.
Son influence fut grande tant sur les chevaliers que sur l'entourage immédiat des prélats, seigneurs et même des rois.
Pour nous en tenir aux dates extrêmes de son magistère, en dehors de la bulle de confirmation de l'Ordre, Innocent II lui adressa la bulle Ecclesiasticis utilitalibus, datée du Latran, qui confirmait certaines possessions.
Il est mentionné pour la dernière fois en 1146 à l'occasion d'une donation faite en Navarre. Guillaume de Tyr le cite en 1148 comme faisant partie des chevaliers qui se joignirent à l'armée de Louis VII. Cette affirmation est un peu hasardeuse, puisqu'au mois d'avril 1147 son successeur était en place.
L'obituaire de Reims signale sa mort le jour des ides de janvier, soit le 13. Selon l'acte, confirmé par Garcia, comte d'Aragon, ce ne peut être qu'en 1147.

ROBERT DE CRAON 1136 -1147

Robert, fils de Renaud, sire de Craon, surnommé le Bourguignon, est le cadet de trois frères et s'est installé en Aquitaine ou le comte d'Angoulême l'a fiancé avec la fille d'un seigneur. Lorsqu'il apprend la fondation de l'Ordre du Temple, il rend sa parole à sa fiancée, et part pour la Palestine se faire Templier.
Sa valeur et sa piété lui valent d'être désigné Grand Maître à la mort d'Hugues de Payens. Peu après son élection, il bat l'émir d'Alep, qui se livre à des opérations de brigandage à travers la Palestine, avec sa troupe. Mais l'émir, tandis que les chevaliers chrétiens se livrent à leur tour au pillage, revient et les taille en pièces.
L'état du royaume de Jérusalem est tel que le Grand Maître ne peut quitter la Palestine, et participer à une expédition des Templiers d'Espagne qui, avec 70 vaisseaux, mettent le siège devant Lisbonne. L'expédition est un échec.
En 1140, à la bataille de Técua, les Templiers opposent une résistance héroïque à l'armée turque.
La mort accidentelle, lors d'une chasse, du roi Foulques provoque des troubles et des intrigues dans le royaume. II laisse deux fils de 13 et 7 ans; la reine Mélisende assure la régence, mais, à la majorité de son aîné, refuse d'abandonner le pouvoir. Édesse, tombe aux mains des Turcs, après un siège et une bataille au cours desquels 30000 chrétiens périssent, guerriers, femmes et enfants, et 16000 sont déportés comme esclaves. La chute d'Édesse a un tel retentissement en Occident que Louis VII, roi de France, qui a l'incendie d'une église à se faire pardonner, supplie le pape d'intervenir, et que la seconde croisade est prêchée par saint Bernard.
Sous le magistère de Robert le Bourguignon, les Templiers sont autorisés par le pape Eugène III à porter la croix pattée rouge. Le pape Innocent II, par la bulle "Omne datum optimum (29 mars 1139) précise les privilèges de l'Ordre".
Le principal en est l'exemption de la juridiction épiscopale; l'Ordre pourra avoir ses propres prêtres, ses chapelains ne relèveront pas des évêques.
A cela s'ajoute l'exemption des dîmes; seuls les Cisterciens ont, comme les Templiers, ce privilège jalousé.

Evrard de BARRES

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