| Non nobis domine sed nomini tuo da gloriam |
Les Templiers et les Croisades |
Apporte la gloire, Seigneur, non à nous, mais à ton nom |
Fin 1292 - 11 mars 1314.
Membre de la famille de
Longwy-Rohan, originaire de, Franche-Comté, Jacques de Molay fut élu Maître
du Temple à la fin de 1292. En janvier 1293, il figure à ce titre dans
un acte concernant l'île de Chypre. Donc, la date, toujours avancée, de
1298, est fausse. En 1293, avant juin, il écrivit à Édouard
d'Angleterre pour lui annoncer la nomination de Guy de Foresta comme
visiteur de l'Ordre dans les îles Britanniques. Nous n'allons pas épiloguer
sur le dernier Grand Maître de l'Ordre du Temple, puisque l'étude du
procès en fera largement état. Il mourut sur le bûcher de l'île aux
Juifs, le 11 mars 1314, après avoir passé plusieurs années en prison et
enduré les plus horribles souffrances.
Quoi qu'il en soit de cette suite de Grands Maîtres, tous les actes se
complètent les uns les autres pour donner une liste juste et exhaustive
des Supérieurs du Temple.
Quant aux listes des
pseudo-templiers, elles sont complètement erronées, et nous répétons
ce que nous avons déjà dit dans divers articles : la liste de succession
de Jacques de Molay est un faux.
JACQUES DE MOLAY 1298 - 1314
Jacques de Molay, né vers
1244 dans une famille noble de Franche-Comté, est élu Grand Maître à
la mort du moine Gaudin. II est alors Maréchal de l'Ordre. C'est un
militaire plus qu'un politique, ce qui ne va pas être sans conséquences,
dans la chute de l'Ordre; mais même un diplomate avisé aurait-il pu,
face aux "juristes" de Philippe le Bel, sauver l'Ordre ?
Le khan des Tartares Mongols, Kazan, s'est allié au roi d'Arménie pour déclarer
la guerre au sultan d'Égypte. En 1299, il propose aux Templiers et aux
Hospitaliers de leur rendre la Terre Sainte (dès qu'il l'aura conquise)
s'ils s'associent à son entreprise. Templiers et Hospitaliers lèvent des
troupes, et participent à une grande victoire contre le sultan d'Égypte.
Ils retrouvent la Terre Sainte et les villes qu'ils ont quittées dix ans
auparavant, mais sans fortifications.
Ils entreprennent de relever les murailles de Jérusalem lorsque le Khan
abandonne le terrain conquis pour retourner en Perse mater une révolte.
Templiers et Hospitaliers sont à nouveau seuls face au sultan d'Égypte,
et malgré leurs appels pressants à l'Occident, où leur retour dans Jérusalem
a provoqué une explosion de joie, les renforts tardent à venir. Pour éviter
un carnage comme celui de Saint-Jean d'Acre, ils sont obligés de quitter
la ville sainte, et de retourner à Chypre. Le rêve d'une Jérusalem chrétienne
est définitivement brisé.
À Chypre, les deux Ordres sont à l'étroit. Le roi de l'île, descendant
de Guy de Lusignan, leur a interdit d'y acquérir des propriétés, de
crainte qu'ils lui disputent son pouvoir, comme ils l'ont fait aux rois de
Jérusalem. Les Hospitaliers s'emparent de l'île de Rhodes, et y
installent leur quartier général.
Les Templiers sont tentés de s'implanter en Sicile, dont le souverain
entend les utiliser pour une expédition contre la Grèce. Le Templier
Roger, qui dirige ce corps expéditionnaire, s'empare d'Athènes, s'avance
vers l'Hellespont, ravage une partie de la Thrace. Lors de l'expédition,
les Templiers dédaignent les villes tombées en leur pouvoir; ils ne
gardent pour eux que les richesses pillées.
Richesses que, maladroitement, ils étaleront, tandis qu'on leur
reprochera de n'avoir pas su garder la Terre Sainte, en insinuant qu'elle
était devenue trop pauvre pour eux…
En 1306, à la demande du
pape Clément V, qui a le projet de faire des Templiers une milice
pontificale, le quartier général du Temple est transféré à Paris.
L'Ordre est né de chevaliers partis du royaume de France, il y retourne.
C'en est fini de la gloire de l'Ordre, de l'épopée templière, et des
exploits des chevaliers à la croix pattée dans les déserts de la Terre
Sainte.
Philippe le Bel qui, depuis le palais du Louvre, a vue sur le donjon
du Temple, prépare sa chute.