| Non nobis domine sed nomini tuo da gloriam |
Les Templiers et les Croisades |
Apporte la gloire, Seigneur, non à nous, mais à ton nom |
1232 - 17/20 octobre 1244.
Précepteur du Temple en
Sicile et en Calabre, il succéda à Pierre de Montaigu en 1232. Le grand
cartulaire de Nicosie le signale dès le mois d'août 1232 dans l'acte de
restitution de Baruth à Jean d'Ibelin par Richard Filangieri. Le 4
octobre de la même année, à Chypre, il arbitra entre le clergé et les
barons de l'île, au sujet de dîmes dues par ces derniers.
Le 25 juillet 1233, près d'Acre, une concorde fut signée par les deux Maîtres,
Armand de Périgord, Maître de la maison du Temple, et Guérin, Maître
de la maison de l'Hôpital, concernant les eaux et les moulins d'Acre. En
novembre 1240, le Maître du Temple, avec le consentement de plusieurs
dignitaires, donna aux Maître et religieux de l'ordre de Saint-Lazare, un
terrain situé à Acre, dans le Montsumard, dans le quartier dit des
Anglais.
Le 17 octobre 1244, ce fut le désastre de Forbie, près de Gaza. Les
pertes de l'armée franque furent très importantes, d'après le
patriarche lui-même. Le Temple, à lui seul, se vit amputer de trois cent
douze chevaliers sur trois cent quarante-huit et de trois cent
vingt-quatre turcopoles. Pendant cette bataille, le Grand Maître fut
blessé et fait prisonnier. Il mourut peu de temps après dans sa prison.
ARMAND DE PÉRIGORD 1232 - 1244
Armand (dit aussi Herman, ou
Harman) de Périgord (dit aussi Armande de Pierre-Grosse), de la branche aînée
des comtes de Périgord, est Précepteur de Calabre et de Sicile avant d'être
élu Grand Maître.
II accepte, à la demande du Précepteur d'Antioche, de mettre fin à une
trêve et attaque en juin 1237 une forteresse sarrasine voisine de la
ville. La bataille tourne à l'avantage des musulmans qui s'empare du
"Beaucéant", l'étendard de bataille des Templiers, après
avoir coupé les jambes et les bras de son porteur, l'Anglais Guillaume
d'Argenson.
Les accords entre Frédéric Il et le sultan du Caire ont fait long feu.
Le Grand Maître ne cesse de réclamer des renforts mais le pape est le
seul à l'entendre. Et lorsque enfin une croisade est levée, c'est pour
aller défendre les chrétiens de Constantinople, dirigés par le vieux
guerrier qu'est devenu Jean de Brienne, ancien roi de Jérusalem, et cernés
par les Turcs.
Quant aux croisés qui sont prêts à s'embarquer pour Saint-Jean d'Acre
plutôt que pour Constantinople, le pape leur ordonne de marcher en Italie
contre l'empereur Frédéric II, qui une nouvelle fois, vient de se fâcher
avec Grégoire IX, et qui, à nouveau, pille les biens des Templiers sur
ses domaines, en Lombardie et dans le Milanais. Quelques Français, dirigés
par Thibaut, comte de Champagne et roi de Navarre, gagnent toutefois la
Palestine. Ils veulent marcher sur Gaza, dont on leur a vanté la fertilité
et les richesses.
Les Templiers tentent de les dissuader. Mais les croisés répondent
qu'ils sont venus en Syrie pour guerroyer les Infidèles. Les Infidèles,
comme à l'accoutumée, leur tendent une embuscade, et massacrent leur
avant-garde. Les survivants acceptent alors les conseils des Templiers, et
se replient à Ascalon et à Saint-Jean d'Acre, d'où ils retournent
piteusement en Europe.
Les Templiers signent une trêve avec le sultan de Damas, et obtiennent la
restitution des lieux saints; les Hospitaliers, eux, concluent une paix
avec le sultan d'Égypte, et s'engagent à le soutenir contre le sultan de
Damas, allié des Templiers, tandis que les chrétiens reviennent
s'installer à Jérusalem y célébrer leur culte et relever les murailles
de la ville, désertée par ses habitants depuis les guerres précédentes.
C'est alors que, venus de l'est, un nouveau fléau s'avance. Les héritiers
de Gengis Khan, le Tartare Mongol qui a étendu sa domination du fleuve
Jaune, en Chine, aux bords de la Volga, en Russie, a repoussé les
Kharismiens, une peuplade du Turkestan qui, en s'avançant sur l'Asie
Mineure et la Syrie, apporte avec elle le ravage et l'incendie,
Le sultan de Damas réussit à les contenir jusqu'à ce que le sultan du
Caire, son frère ennemi, propose à Barbakan, chef des Kharismiens, de
s'allier avec lui pour lui livrer la Palestine.
20000 cavaliers, accourus des confins de la Mésopotamie, fondent sur Jérusalem,
ravageant au passage le territoire de Tripoli et la Galilée. Les Grands
Maîtres du Temple et de l'Hôpital, taisant leurs querelles, incitent aux
habitants de Jérusalem de se replier sur Jaffa.
Certains refusent d'abandonner leurs maisons. Ils sont massacrés peu après
par les cavaliers Kharismiens qui, voyant la ville en partie désertée,
hissent au sommet des tours et des clochers des drapeaux chrétiens ornés
de la croix, et font sonner les cloches.
La caravane des fugitifs se laisse prendre à la ruse, croyant que les chrétiens
restés entre les murs de la Ville Sainte ont repoussé l'envahisseur par
ils ne savent quel miracle. 7000 habitants de Jérusalem, malgré les
exhortations des Grands Maîtres, quittent la caravane et retournent vers
la ville. Ils y sont sauvagement massacrés.
À Saint-Jean d'Acre, c'est la mobilisation générale tous les habitants
des villes chrétiennes en état de porter les armes sont rassemblés. Les
Templiers font appel à leur allié le sultan de Damas, qui leur envoie
4000 cavaliers. Les chrétiens, pour la première fois dans l'histoire du
royaume de Jérusalem, n'ont pas répugnance à combattre, aux côtés
d'Infidèles, d'autres Infidèles...
Les Kharismiens se sont avancés jusqu'à Gaza, où ils doivent accueillir
les caravanes de ravitaillement envoyées par le sultan d'Égypte. Les
Francs, comme à leur habitude, veulent en découdre immédiatement.
Les Arabes du sultan de Damas jugeraient plus prudent d'occuper une
position avantageuse, et d'y attendre l'ennemi, mais finissent par se
laisser convaincre.
L'armée est divisée en trois parties: l'aile gauche avec les
Hospitaliers, l'aile droite avec les troupes musulmanes, le centre avec
les Templiers et les barons.
La bataille dure deux jours. Les musulmans, qui ont perdu 2 000 hommes,
s'enfuient. Les chrétiens, épuisés, cèdent alors sous les assauts
successifs.
Tous, ce 18 octobre 1244, sont tués, ou faits prisonniers. 30000 morts
des deux camps jonchent le champ de bataille. Seuls 33 Templiers, sur les
350 engagés, et 26 Hospitaliers regagnent Saint-Jean d'Acre.
Leurs Grands Maîtres ont été portés disparus. Ce n'est qu'un mois plus
tard que les Templiers apprennent qu'Armand de Périgord a été fait
prisonnier. Mais il refuse, comme Eudes de Saint-Amand, son prédécesseur,
d'être libéré contre rançon. II meurt dans sa prison trois ans plus
tard, en 1247.
Pendant cette période, le Chapitre général nomme, à titre provisoire
(car pour élire un Grand Maître, il faut que le précédent soit
officiellement démissionné, ou mort) un vice-Grand Maître, Guillaume de
Roquefort, puis Jean de Bures. Les Kharismiens, sur leur lancée, vont
assiéger Damas, au bénéfice du sultan du Caire.
Mais ce dernier, inquiet de leur puissance, tarde à leur remettre la
Palestine, pourtant terre promise. II s'allie avec les principautés
syriennes pour vaincre, lors de deux batailles, les Kharismiens, qui
s'enfuient dans la campagne, où ils sont massacrés par les paysans.
"En 1247, tout périt, jusqu'à leur nom, qu'on ne retrouve plus dans
l'histoire (J.J.E. Roy)."