Le Livre de l'Ecclésiaste

Poursuite du vent !

Ce livre est aussi appelé Qohéleth (terme qui veut peut-être dire chef de l'assemblée). C'est un recueil de sagesse d'une grande profondeur, attribué à Salomon. C'est le bilan d'une vie, quelque peu désabusé, surgissant de l'expérience d'un homme qui semble avoir tout essayé, tout entrepris, tout possédé. On sent une longue contestation sereine. Le regard sur l'expérience humaine est sans complaisance et redoutable pour le moral. En même temps, il y a tant de justesse et de sagesse que le livre de l'Ecclésiaste est un des joyaux de la Bible. Son refrain : « Vanité des vanités, tout est vanité et poursuite du vent » devient une rengaine populaire dont l'écho vient tarauder tous les esprits.

Il n'y a pas de plan dans ce livre ; on dirait un long monologue qui passe d'une idée à l'autre, sans lien direct sinon des images que les souvenirs font naître. La seule certitude de l'auteur semble être dans le jugement qui attend chaque personne après sa mort. Prenant conscience de cette échéance et de ce passage, il faut que l'homme réexamine sa vie et se souvienne de la « parcelle d'éternité dans le cœur de chacun ».

Tout ce qui se produit dans le monde arrive en son temps.

Il y a un temps pour naître, et un temps pour mourir ;

un temps pour planter et un temps pour arracher les plantes ;

un temps pour tuer et un temps pour soigner les blessures ;

un temps pour démolir et un temps pour construire.

Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire ;

un temps pour gémir et un temps pour danser.

Il y a un temps pour jeter des pierres et un temps pour les ramasser.

Il y a un temps pour donner des baisers et un temps pour refuser d'en donner.

Il y a un temps pour chercher et un temps pour perdre ;

un temps pour conserver et un temps pour jeter ;

un temps pour déchirer et un temps pour coudre.

Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler.

Il y a un temps pour aimer et un temps pour haïr ;

un temps pour la guerre et un temps pour la paix.

Quel profit celui qui travaille retire-t-il de sa peine ?

J'ai considéré les occupations que Dieu a imposées aux humains.

Dieu a établi pour chaque événement le moment qui convient. Il nous a aussi donné le désir de connaître à la fois le passé et l'avenir. Pourtant nous ne parvenons pas à connaître l’œuvre de Dieu dans sa totalité.

J'en ai conclu qu'il n'y a rien de mieux pour les humains que d'éprouver du plaisir et de vivre dans le bien-être.

Lorsqu'un homme mange, boit et jouit des résultats de son travail, c'est un don de Dieu.

J'ai compris que tout ce que Dieu fait existe pour toujours ; il n'y a rien à y ajouter ni rien à en retrancher. Dieu agit de telle sorte que les humains reconnaissent son autorité. Ce qui arrive maintenant, comme ce qui arrivera plus tard, s'est déjà produit dans le passé. Dieu fait que les événements se répètent.

Ecclésiaste 3. 1-15