Le livre de Job :  Le duel Satan / Dieu

C'est un livre très original dans la collection des ouvrages qui composent l'Ancien Testament. Il ressemble à un conte philosophique où le thème de la souffrance injuste est développé, à un livre de sagesse orientale, à une œuvre poétique et théâtrale...

L'auteur

Inconnu. Quant au personnage Job, il n'est pas vraiment situé non plus, même si Ézéchiel y fait référence dans ses écrits (Ancien Testament), et Jacques dans les siens (Nouveau Testament). Le nom de Job semble très ancien et la rédaction est parfois présentée comme l'une des premières de l'Ancien Testament. Pour certains, cette rédaction serait plutôt à dater de l'époque de Salomon. Le style du livre de l'Ecclésiaste (attribué à Salomon ou à quelqu'un de son temps) est en effet proche de celui du livre de Job.

Message du livre

Job est un personnage influent, riche et respecté. De plus, il est très croyant. C'est alors que le diable, rencontrant Dieu, soupçonne la foi de Job attachée aux bénédictions dont il semble bénéficiaire. C'est une conversation unique dans la Bible, et l'enjeu n'est autre que Job, bien loin de se douter de ce qui se trame au-dessus de lui.

Un jour que les anges de Dieu venaient faire leur rapport au Seigneur, le Satan, l'accusateur, se présenta parmi eux, lui aussi. Le Seigneur lui demanda : « D'où viens-tu donc ? »

L'accusateur répondit au Seigneur : « Je viens de faire un tour sur terre. »

« Tu as sûrement remarqué mon serviteur Job, dit le Seigneur. Il n'a pas son pareil sur terre. C'est un homme irréprochable et droit ; il m'est fidèle et se tient à l'écart du mal. »

« Si Job t'est fidèle, répliqua l'accusateur, est-ce gratuitement ? Ne le protèges-tu pas de tous côtés, comme par une clôture, lui, sa famille et ses biens ? Tu as si bien favorisé ce qu'il a entrepris, que ses troupeaux sont répandus sur tout le pays. Mais si tu oses toucher à ce qu'il possède, il te maudira ouvertement ! »

Le Seigneur dit à l'accusateur : «  Eh bien, tu peux disposer de tout ce qu'il possède. Mais garde-toi de toucher à lui-même. »

Dès lors, l'Adversaire va s'acharner sur le pauvre Job (d'où l'expression pauvre comme Job !), faisant en sorte que la ruine le gagne, qu'il perde ses troupeaux et ses terres et même ses enfants dans l'effondrement d'une maison. De plus, il est frappé d'une terrible et répugnante maladie. Même sa femme l'encourage à maudire Dieu et à mourir. Ce à quoi Job répond par cette formule désormais célèbre : « Si nous acceptons de Dieu le bonheur, pourquoi refuserions-nous de lui le malheur ? »

Trois amis vont intervenir pour tenter de comprendre la raison de cette souffrance : si Dieu frappe si fort, c'est que Job est coupable d'infidélité. L'horreur et la profondeur du malheur doivent être à la mesure du mal commis par Job.

Job se défend et plaide non coupable. S'ensuivent de longs discours d'une portée théologique et philosophique indéniable. Mais personne ne saisit le sens de cette souffrance.

Arrive soudain un quatrième ami qui tente de rétablir l'équilibre et de montrer que la souffrance de Job n'est peut-être pas liée à son attitude ou à ses comportements. Et lorsque le champ de réflexion est éclaté, Dieu lui-même apporte une réponse qui n'est autre que la définition de suprématie absolue et indiscutable du Créateur. Dans l'expérience, Job aura découvert qu'il n'a pas à défendre sa cause, que Dieu seul le juge, loin des raisonnements des amis qui s'avèrent ne pas être très amicaux.

Le Seigneur dit à Job :

«  Où donc te trouvais-tu quand je fondais la terre ? Renseigne-moi, si tu connais la vérité : Qui a fixé ses dimensions, le sais-tu bien ?  Et qui l'a mesurée en tirant le cordeau ?  Sur quel socle s'appuient les piliers qui la portent ?  Et qui encore en a placé la pierre d'angle, quand les étoiles du matin chantaient en chœur, quand les anges de Dieu lançaient des cris de joie ?  Qui a fermé la porte aux flots de l'océan, quand il naissait en jaillissant des profondeurs ?  Moi ! Et je l'ai alors habillé de nuages, quand je l'enveloppais dans un épais brouillard. J'ai cassé son élan, marqué une limite en plaçant devant lui une porte barrée. Je lui ai déclaré : Tu iras jusqu'ici, n'avance pas plus loin ; oui, tes flots orgueilleux s'arrêteront ici ! Une fois dans ta vie, as-tu donné des ordres au jour pour qu'il se lève ? Et as-tu désigné à l'aurore son poste, pour lui faire saisir la terre par les bords afin d'en secouer les gens sans foi ni loi ?  T'es-tu déjà rendu aux sources de la mer et as-tu exploré le fond de l'océan ?  Les portes de la Mort t'ont-elles été montrées, as-tu vu cette entrée du royaume des ombres ?  T'es-tu fait une idée des dimensions du monde ?  Renseigne-moi, si tu connais toutes ces choses. Sais-tu de quel côté habite la lumière, à quelle adresse on peut trouver l'obscurité ?...

Celui qui critique Dieu a-t-il une réponse à tout cela ? »

Job répondit au Seigneur : Je suis peu de chose ; que te répliquerais-je ? Je mets la main sur ma bouche !

Extraits de Job 38 et 40