Ce jour-là...
La vie
et l'oeuvre du prophète de l'islam:
16 juillet 622: l'Hégire
21 mars 625: victoire d'Ohod
8 juin 632: mort de
Mahomet
Les piliers de l'islam

L'archange Gabriel annonce à Mahomet la
8e sourate du Coran
(miniature turque du XVIe siècle, RMN). Le visage du prophète
est caché conformément à la tradition musulmane
4 novembre 644: assassinat
du calife Omar
17 juin 656: assassinat
du calife Othman
10 octobre 680: bataille
de Kerbela
15/05/756 : naissance de l'émirat
de Cordoue
15/12/1055: Toghrul-beg
s'empare de Bagdad
27/11/1095: Première Croisade
29/05/1453 : prise de Constantinople
03/11/1839: la Sublime Porte se réforme
03/03/1924: Mustapha Kémal
abolit le califat
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Au
début du Moyen Âge, la péninsule arabe, désertique et parsemée de quelques rares
oasis, est seulement parcourue par des tribus d'éleveurs et des caravanes. Les grands
empires orientaux, Byzance et la Perse, dédaignent de l'occuper.
La Mecque (Mekka en arabe), oasis proche de la mer Rouge (ou Golfe Arabique), est
l'une des rares villes de la péninsule. Elle compte 3.000 habitants sédentaires.
La fortune de la ville vient du commerce caravanier et d'un sanctuaire, la Kaaba,
construit autour d'une mystérieuse pierre noire. Ce sanctuaire est un lieu de pèlerinage
pour les idolâtres arabes de toute la péninsule.
Mahomet avant l'Hégire
La naissance de Mahomet, vers 570, va bouleverser le destin de La Mecque et de la
péninsule arabe.
Mahomet ou Muhammad?
Le prophète de l'islam est appelé en arabe Muhammad
ou Mohamed, qui veut dire: "celui qui est louangé".
Les historiens de langue française le nomment Mahomet, d'après une transcription
qui remonte au XVIIe siècle. Cette appellation a l'avantage d'être comprise de tous les
francophones (et adaptée à la phonétique française), ce qui n'est pas le cas des
différentes transcriptions que font les arabisants du nom du prophète. Certains
l'écrivent Muhammad, d'autres Mohamed ou encore Mouhammad.
Le bon sens veut que
l'on s'en tienne à l'usage (de la même façon que l'on
désigne la capitale de la Chine par le nom de Pékin et
non par son appellation officielle Beijing).
Mahomet, très tôt orphelin, est élevé par son
grand-père, le chef du clan des Bani Hachem (les Hachémites), puis par
son grand-oncle, Abou Talib (père de son futur gendre, Ali).
Il assure sa fortune en épousant à 25 ans une riche veuve de quinze ans plus âgée que
lui. Khadidja - c'est son nom - sera sa première disciple.
Vers l'âge de 40 ans, en 610, le futur Prophète se retire dans une grotte du désert,
sur le mont Hira. C'est là que, selon ses dires, l'ange Jebrail (Gabriel en
arabe) lui souffle à l'oreille: «Lis»!

A son retour à La Mecque, Mahomet commence d'annoncer
la parole de Dieu et se présente comme son envoyé.
Les premiers disciples sont persécutés par les commerçants de La Mecque. Ces derniers
craignent pour leurs revenus, liés aux pèlerinages qui guident des Arabes de toute la
péninsule vers la pierre noire du sanctuaire de la Kaaba.
Heureusement, Mahomet bénéficie de la protection indéfectible de son oncle, Abou Talib.
Mais quelques dizaines de ses disciples, lassés des persécutions et des brimades,
décident de s'exiler en Abyssinie, de l'autre côté de la mer Rouge, auprès du Négus,
le roi de ce pays chrétien (l'Ethiopie actuelle).
Le prophète, quant à lui, dans son désir de se rallier les Mekkois rétifs à sa
prédication, lance de l'esplanade de la Kaaba la sourate dite de l'Etoile. Ses
deux derniers versets suggèrent un accommodement avec les idolâtres:
«Ce sont les déesses sublimes
Leur intercession est admise.»
Les relations s'apaisent aussitôt entre les clans rivaux et les exilés d'Abyssinie
prennent le chemin du retour.
Cependant, chez les disciples de la première heure qui sont restés à La Mecque, c'est
la consternation. Ils se demandent à quoi ont rimé leurs souffrances s'ils doivent en
définitive revenir à un polythéisme déguisé.
Par chance (et sans doute aussi grâce à l'intervention appuyée de ces disciples) l'ange
Gabriel va restaurer la vraie doctrine en soufflant à Mahomet une sourate dite de Youssouf
par laquelle il est dit que les deux versets incriminés ont été inspirés par Satan.
L'affaire est close... Elle refera surface quatorze siècles plus tard avec la publication
à Londres d'un épais roman intitulé: Les Versets sataniques. Son auteur,
Salman Rushdie, sera vilipendé et condamné à mort par l'imam Khomeiny, leader des
Iraniens.
En définitive, des représentants de l'oasis voisine de Yathrib se laissent convaincre
par la prédication du Prophète. Le 23 juin 622, à Aqaba, ils signent avec lui un pacte
d'alliance et accueillent ses disciples mecquois, au total 70 personnes.
Le Prophète lui-même ne tarde pas à les suivre. Son départ de La Mecque a lieu le 16
juillet 622. Il est désigné en arabe par le mot hijra (en français, Hégire)
qui signifie «émigration».
L'année de l'Hégire marque le début officiel de l'islam, la nouvelle religion
dont le Prophète a jeté les bases. Islam signifie en arabe «soumission à Dieu».
Yathrib prend alors le nom de Medinat el-Nabi («la ville du prophète»)
- Médine en français -.
Le Prophète en armes
A Médine, Muhammad et ses fidèles manquent de ressources, cependant que, non
loin d'eux, passent les caravanes des riches commerçants mecquois.
En janvier 624, en un lieu appelé Nakhlah, douze de ses hommes attaquent une
caravane de La Mecque. Ils tuent un homme d'une flèche et font deux prisonniers. Ils
ramènent aussi un butin consistant dont ils remettent un cinquième au Prophète.
L'affaire fait grand bruit car elle s'est produite pendant le mois de rajab. Il
s'agit d'une période sacrée qui exclut le meurtre, selon le paganisme arabe.
Mahomet désapprouve dans un premier temps ses disciples. Ceux-ci sont consternés... mais
une révélation divine vient à point les réconforter (sourate 2, verset 217).
Cette sourate précise qu'il est certes répréhensible de combattre pendant les périodes
sacrées mais qu'il l'est encore plus de se tenir, comme les polythéistes de La Mecque,
en-dehors du chemin d'Allah.
En d'autres termes, la guerre sainte en vue d'étendre le domaine de l'islam peut excuser
le meurtre dans les périodes sacrées. Cette forme de guerre est l'aspect le plus brutal
du jihad.
Le jihad recouvre un ensemble de prescriptions qui vont de l'approfondissement
spirituel à la guerre sainte contre les infidèles en vue de propager l'islam dans le dar
al-harb, ou domaine de la guerre.
Le dar al-harb désigne le monde non-musulman où il est licite de mener la
guerre sainte, par opposition au dar al-islam, ou domaine de l'islam.
Mahomet et les juifs
Sensible à la théologie juive, le Prophète s'en inspire au commencement dans ses
recommandations sur le jeûne et les interdits alimentaires relatifs au porc. Il adopte le
calendrier lunaire des juifs, avec des mois de 28 jours réglés sur les cycles de la
Lune. Et il prescrit à ses fidèles de se tourner vers Jérusalem pour la prière.
Il n'empêche que les trois communautés juives de Médine persistent dans leur refus de
se convertir à la nouvelle foi.
Le 11 février 624, une révélation divine enjoint à Muhammad et à ses
disciples que la prière rituelle se fera désormais en se tournant vers la pierre noire
de la Kaaba, le sanctuaire des idolâtres de La Mecque.
Au printemps 624, à l'approche d'une caravane particulièrement riche en provenance de
Syrie, Mahomet décide de l'attaquer. Mais ses plans sont déjoués par un espion.
Les Mecquois du clan des riches Koraïchites dépêchent une armée au secours de leur
caravane. C'est la bataille du puits de Badr, qui voit la victoire des musulmans malgré
leur infériorité numérique.
A son retour triomphal de la bataille de Badr, Mahomet ordonne l'exécution de deux
prisonniers mecquois qui s'étaient montré particulièrement virulents à l'égard du
Prophète et de ses disciples.
Mahomet remarque aussi que les juifs de Médine se sont tenus à l'écart de la bataille.
Son dépit à leur égard n'en devient que plus grand.
C'est ainsi que de nouvelles révélations divines l'amènent à remodeler le calendrier.
Elles précisent en particulier que le jeûne musulman se pratiquera pendant le mois de ramadan,
celui durant lequel se déroula la bataille de Badr.
Les interdits alimentaires exprimés dans les révélations faites au Prophète restent
quand à eux assez semblables à ceux des juifs.
Le fossé se creuse entre les juifs de Médine et la communauté des croyants.
Trahisons, violences et médisances alimentent la zizanie, malgré le code de bonne
conduite établi lors de l'arrivée de Mahomet.
Peu après la bataille de Badr, un incident met le feu aux poudres. Une musulmane est
molestée par des juifs au marché. Echauffourée, meurtres de part et d'autre. La tribu
juive mise en cause est assiégée par le Prophète et ses disciples et bientôt
contrainte de leur livrer ses immenses biens et d'émigrer.
La deuxième tribu juive est un peu plus tard accusée de pactiser avec les habitants de
La Mecque et chassée de Médine après une violente bataille.
Le 21 mars 625, les Mecquois livrent encore bataille à Mahomet et aux Médinois autour du
mont Ohod.
En mai 627, survient enfin la «bataille du fossé». Une armée de Mecqois
d'environ 10.000 hommes et 600 chevaux, sous le commandement de Abou Soufyân ibn Harb,
marche sur Médine.
Un esclave persan conseille à Mahomet de ceinturer l'oasis d'un fossé défensif. Ce
stratagème inaccoutumé en Arabie oblige les ennemis à reculer. C'est une nouvelle
victoire pour les musulmans.
Avec les juifs de Médine, la crise arrive à son terme. Sur ordre de Mahomet, les
musulmans décapitent 600 à 700 juifs de la troisième et dernière tribu et les
ensevelissent dans une grande fosse de la place du marché de Médine. Ils se partagent
les biens de la tribu, ainsi que les femmes et les enfants.
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