10 octobre 680

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 Joyeuse, l'épée du sacre des rois de France
Ce jour-là...

 

Les musulmans se déchirent à Kerbela

La vie et l'œuvre du prophète de l'islam:

16 juillet 622: l'Hégire

21 mars 625: victoire d'Ohod

8 juin 632: mort de Mahomet

Les piliers de l'islam

Mahomet et l'archange Gabriel (RMN)
L'archange Gabriel annonce à Mahomet la 8e sourate du Coran
(miniature turque du XVIe siècle, RMN). Le visage du prophète est caché conformément à la tradition musulmane


4 novembre 644: assassinat du calife Omar

17 juin 656: assassinat du calife Othman

10 octobre 680: bataille de Kerbela

15/05/756 : naissance de l'émirat de Cordoue

15/12/1055: Toghrul-beg s'empare de Bagdad

27/11/1095: Première Croisade

29/05/1453 : prise de Constantinople

03/11/1839: la Sublime Porte se réforme

03/03/1924: Mustapha Kémal abolit le califat
 

Le 10 octobre 680, moins de cinquante ans après la mort du prophète Mahomet, une bataille met aux prises ses disciples à Kerbela, en Mésopotamie. Il va en résulter une scission irrévocable de l'islam entre sunnites et shi'ites.

Après l'assassinat en 656 du troisième calife (ou remplaçant du prophète), son rival Ali, époux de Fatima, l'une des filles de Mahomet, avait été aussitôt élu à sa place comme calife.

Ali et ses partisans (en arabe, shi'ites ou chiites) prônent une grande rigueur dans la mise en pratique de l'islam et l'assimilation des populations conquises. Ils recommandent aussi que le califat revienne aux descendants en ligne directe du prophète.

Ils s'opposent sur ces points aux orthodoxes ou sunnites, adeptes d'une application souple de la doctrine musulmane (la sunna).

L'élection d'Ali marque le début d'une bataille ouverte au sein de l'islam. Le nouveau calife doit s'enfuir de Médine et de La Mecque.

Il se réfugie à Koufa, en Mésopotamie, et affronte avec succès ses adversaires en octobre 656 au cours de la bataille dite «du chameau».

Mais le gouverneur musulman de Damas, Moawiya, un parent du précédent calife, prend à son tour les armes contre Ali. Les rivaux se rencontrent à Siffin, sur les bords de l'Euphrate, et s'apprêtent à en découdre après de longues et vaines négociations le 26 juillet 657.

C'est alors que les soldats de Moawiya dressent des feuillets du Coran, le livre sacré, à la pointe de leurs lances. Impossible dans ces conditions aux soldats d'Ali de les attaquer!

Ali, par défaut d'intelligence politique, accepte l'arbitrage proposé par Moawiya. C'est ce qui va causer sa perte.

Une partie de ses partisans l'abandonne, considérant que l'arbitrage humain fait outrage à la justice divine. Ils forment la secte des kharidjites (du verbe arabe kharadja, sortir). Certains d'entre eux assassineront Ali le 24 janvier 661 devant la mosquée de Koufa, en Mésopotamie. La nouvelle secte va s'épanouir chez les Berbères d'Afrique du Nord, autour de Tahert (Algérie actuelle). Elle est aujourd'hui très marginale.

Moawiya, enfin devenu calife, établit la capitale de l'empire arabe à Damas et fonde la dynastie héréditaire des Ommeyyades, qui règnera jusqu'en 750 sur l'islam. Il obtient du fils aîné de son défunt rival, Al-Hassan, qu'il renonce à ses droits.

Le cadet, Al-Hussein, persiste quant à lui à rejeter l'autorité de Moawiya. Après la mort de ce dernier et l'avènement de son fils Yazid, il se rend avec une petite troupe de fidèles de La Mecque à Koufa, où l'attend la communauté shi'ite.

Sur la route, à Kerbela, Al-Hussein rencontre l'armée du gouverneur ommeyiade, ibn-Ziad. Ce dernier ne fait pas de quartier. Il attaque la troupe d'Al-Hussein, quoique celui-ci soit par sa mère Fatima le petit-fils du prophète.

Al-Hussein est tué. Sa mort va consommer la rupture entre sunnites et shi'ites.

Les premiers sont encore aujourd'hui largement majoritaires dans le monde musulman. Mais les seconds, qui représentent environ un dixième de l'ensemble des musulmans, sont majoritaires en Mésopotamie et en Perse (aujourd'hui l'Irak et l'Iran).

Les shi'ites sont aussi très présents au Liban où ils ont créé les milices du Hezbollah.

 

Mise à jour le 23 février 2003