31 janvier 1943

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Les baladins, par Pablo Picasso (Espagne et France 1881-1973), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Les Allemands capitulent à Stalingrad

 Les opérations militaires de la Seconde Guerre mondiale:

1er septembre 1939: la Wehrmacht envahit la Pologne

16 février 1940: Début des hostilités en Norvège

12 mars 1940: la Finlande cesse de résister à l'URSS, alliée de l'Allemagne

10 mai 1940: Hitler envahit la Belgique et la Hollande

30 juillet 1940: bataille d'Angleterre

22 juin 1941 : Hitler attaque l'URSS

07 décembre 1941: attaque surprise de Pearl Harbor

23 octobre 1942: offensive anglaise à El Alamein

08 novembre 1942: débarquement en Afrique du Nord

27 novembre 1942: la flotte française se saborde à Toulon

31 janvier 1943: reddition allemande à Stalingrad

06 juin 1944 : débarquement de Normandie

06 août 1945 : destruction d'Hiroshima
 

Le 31 janvier 1943, le maréchal Friedrich Paulus signe la capitulation de la VIe armée allemande à Stalingrad.

Ayant soumis l'Europe continentale au terme de plusieurs guerres-éclair, Hitler ne trouva que l'Angleterre de Winston Churchill pour lui résister pendant un an.

Mais le 22 juin 1941, le dictateur allemand attaque son allié Staline. Ses troupes envahissent l'URSS et arrivent aux portes de Moscou et de Léningrad.

Une partie de la Wehrmacht se dirige vers le sud et les gisements de pétrole du Caucase.

La VIe Armée de Paulus oblique vers la ville de Stalingrad. Cette métropole industrielle située sur la Volga a changé son nom de Tsaritsyne pour celui du dictateur soviétique (la ville s'appelle aujourd'hui Volgograd, la «ville de la Volga»).

Le Führer veut à tout prix s'en emparer, un peu pour le nom qu'elle porte et surtout pour couper les voies de ravitaillement des Soviétiques. Un bombardement préalable réduit la ville en un champ de ruines et fait 40.000 victimes dans la population civile, évacuée avec retard.

Défendue par le général Tchouikov, Stalingrad, qui s'étend sur 40 km, est conquise rue par rue pendant l'automne 1942, au prix d'immenses souffrances des deux côtés. Le 19 novembre, Paulus occupe enfin la ville mais ses ennuis ne font que commencer.

Le chef d'état-major soviétique, le général Georgi Joukov, devine que les Allemands se sont avancés trop loin de leurs bases et ne sont pas protégés sur leurs flancs.

Il regroupe ses forces. Il rappelle même des troupes d'Extrême-Orient destinées à prévenir une offensive japonaise. Il déclenche enfin une puissante contre-offensive.

 < bataille de rues à Stalingrad > Une semaine après l'entrée de Paulus dans la ville, deux armées soviétiques se dirigent sur Stalingrad en empruntant la Volga gelée, l'une par le nord, commandée par Rokossovski, l'autre par le sud, commandée par Ieremenko.

La VIe Armée allemande est bientôt emprisonnée dans sa conquête, une ville en ruine plongée dans le terrible hiver russe!

Hitler interdit à Paulus de faire retraite. Une armée de secours commandée par von Manstein échoue à secourir les assiégés.

En janvier, le Führer élève par téléphone le général Paulus à la dignité de maréchal pour le détourner du déshonneur de la capitulation.

Mais Paulus n'a bientôt plus d'autre solution que de se rendre avec les 91.000 soldats survivants, dont 6.000 seulement reviendront de captivité.

Au cours du siège, son armée aura perdu au total 400.000 hommes dont 120.000 prisonniers. Si l'on ajoute les pertes des autres armées, dans les offensives et contre-offensives périphériques, le chiffre des tués et blessés est de l'ordre de 2 millions dont 1,2 million du côté soviétique, ce qui fait de Stalingrad la plus sanglante bataille de l'Histoire humaine.

Après la capitulation de Paulus, les armées allemandes qui s'étaient avancées vers le Caucase doivent en toute hâte se replier de 600 kilomètres pour éviter l'encerclement.

La victoire des Soviétiques, trois mois après celle des Britanniques à El Alamein, soulève un immense espoir dans les pays soumis à l'occupation allemande.

En démontrant la vulnérabilité des armées allemandes, la bataille de Stalingrad marque un tournant dans la Seconde Guerre mondiale.

La défaite de Hitler devient inéluctable et les démocrates occidentaux oublient la mésalliance de 1939 entre les dictateurs allemand et soviétique.

Quant au maréchal Paulus, il est prestement retourné par les Soviétiques et se met au service de leur propagande antinazie.

 

Mise à jour le 24 février 2003