Irak - Mouvements terroristes


L'Irak figure sur la liste américaine des pays parrainant le terrorisme international. Biffé en 1982 par les Etats-Unis de la liste des Etats qui parrainent le terrorisme (à cette époque l'ennemi est l'Iran !), l'Irak a soutenu divers mouvements terroristes depuis de nombreuses années, entre autres, afin de les exploiter dans sa lutte contre son frère ennemi, la Syrie. L'expulsion du Fatah-CR en 1983 n'a pas empêché l'Irak de continuer à abriter des mouvements terroristes palestiniens, dont le Front de Libération de la Palestine (FLP) Faction Aboul Abbas, le Front de Libération Arabe (FLA) - avec ses ramifications européennes - ainsi que des mouvements terroristes et de résistance anti-iraniens, comme le Moudjaheddin-e-Khalq (MEK).

L'Irak a tissé des liens particuliers avec le Fatah-CR, l'un des groupes terroristes les plus meurtriers, parrainant la création de l'organisation en 1974 et lui accordant l'accueil sur son territoire, puis l'expulsant en 1983, pour conserver l'appui des Occidentaux dans le conflit avec l'Iran. Mais les liens subsistent et, une fois la guerre terminée, en 1988, Abou Nidal revient en Irak où il réside officiellement, tout en conservant son quartier-général en Libye.

En 1977, l'Irak a également parrainé la création du Front de Libération de la Palestine (FLP), divisé depuis le début des années 80 en trois factions, dont deux anti-OLP basées en Syrie et en Libye, et la faction Aboul Abbas favorable à la politique de l'OLP. Le FLP a collaboré de manière extensive avec l'Organisation du 15 Mai, basée à Bagdad (au moins jusqu'en 1984), puis dissoute en 1986.

Les liens entre l'Irak et l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) sont complexes et ont été un point marquant de la Guerre du Golfe. La guerre clandestine entre l'OLP et l'Irak, déclenchée en 1978, s'est apaisée à la fin des années 80, pour faire place à une collaboration opportuniste. Rejetée du Liban par la Syrie, déçue par ses résultats diplomatiques et poussée par ses tendances extrémistes, l'OLP n'avait guère d'autre solution que de se tourner vers l'Irak, qui se pose en champion de la lutte contre Israël.

Bien qu'ayant officiellement renoncé à l'usage du terrorisme en décembre 1988, l'OLP reste une organisation faîtière regroupant des mouvements terroristes actifs. En 1989-90, l'OLP renoue des relations étroites avec l'Irak, qui se traduisent par un déménagement du quartier-général de l'OLP de Tunis à Bagdad.

Le 12 août 1990, l'annonce de Saddam Hussein de coupler la question de l'occupation du Koweït et celle des territoires occupés par Israël ravive les espoirs des Palestiniens. Ceci explique en partie l'attitude pro-irakienne de la Jordanie et de l'OLP lors des réunions du conseil des ministres de la Ligue Arabe les 2 et 12 août 1990. Le rejet catégorique de ce couplage par les Occidentaux - et l'Iran - a failli être mis en péril par les tragiques événements du Mont du Temple à Jérusalem, le 8 octobre. Cependant, au fur et à mesure de l'évolution de la crise, l'OLP s'est trouvée de plus en plus isolée sur la scène internationale. Cette situation a été perçue par Salah Khalef (" Abou Iyad "), bras droits de Yasser Arafat, alors que ce dernier, sans doute prisonnier de l'enthousiasme dans les territoires occupés, ne pouvait plus réellement faire marche arrière. Les tensions au sein de l'OLP se sont ainsi accentuées. Ce que l'assassinat, le 14 janvier 1991, par des membres du Fatah-CR, de trois proches collaborateurs de Yasser Arafat (dont Abou Iyad) tendrait à confirmer. Significativement, le Soudan a libéré le 7 janvier 1991 cinq terroristes du Fatah-CR, qui avaient été précédemment condamnés à mort part la Haute Cour de Justice de Khartoum.2

Le contrôle des activités spéciales et terroristes à l'étranger par l'Irak se partage entre quatre services de renseignements et de sécurité : le Da'ïrat al-Moukhabarat al-'Amah (Département des Renseignements Généraux du parti Ba'as), l'Estikhbarat (Service de Renseignement Militaire), l'Amn al-Am (Service de Sécurité) et l'Amn al-Khas (Sécurité Spéciale).


Bibliographie:

Balencie Jean-Marc et de La Grange Arnaud, Mondes rebelles - Guerres civiles et violences politiques, Paris, 1999