|  La Bible et Le Coran D'André Chouraqui

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Sourate 17 et 18

SOURATE 17.

LE VOYAGE NOCTURNE ou LES FILS D’ISRAËL

AL-ISRÂ ou BANÛ ISRÂ’IL

Cette sourate de cent onze versets, la cinquantième dans l’ordre chronologique, est proclamée à La Mecque, sauf les versets 26, 32, 33, 57 et 73-80, qui semblent l’avoir été à Médine. Ses titres, le second étant le plus usuel, sont tirés des versets 1, 1-2 ou 4. Elle a pour thème le voyage céleste du Nabi, dont historiens et théologiens ne cessent, depuis des siècles, d’élucider les circonstances. Le voyage de nuit Al-Isrâ est le miracle espéré pour faire taire les adversaires du Prophète : il aurait eu lieu l’année du Chagrin, après la mort de Khadidja, sa femme, et du chef de son clan, Abu Talib, le 27 du mois de Rajale, selon la tradition musulmane qui décrit avec d’abondants détails ce voyage fait en compagnie des anges Michel et Gabriel, avec un troisième personnage dont l’identité reste secrète.

Muhammad chevauche une monture, au corps de cheval et à la tête de femme, Bouraq, fend l’espace à la vitesse de l’éclair et le conduit de La Mecque à Jérusalem. En route, le Prophète l’arrête pour prier au mont Sinaï puis à Bethléem, en hommage à Mûssa-Moshè et à Issa-Iéshoua. Arrivé sur l’esplanade du Temple de Jérusalem, il prie en compagnie d’Ibrâhim, de Mûssa et de Issa.

Une deuxième étape de ce voyage conduit Muhammad qui aura laissé l’empreinte de son pied sur le rocher du Dôme du Roc dans les sept ciels où il rencontre les prophètes de la Bible, Adam, Nûh, Yûsuf, Mûssa et au septième ciel Ibrâhim. Les commentateurs s’étendent sans fin sur les affres de la Géhenne et les splendeurs célestes du Paradis, celles du Lotus de la Limite, Sidrat-al-Muntaha, à la droite du Trône ineffable d’Allah, entouré par les manifestations de l’Unique, de la Perfection, de la Souveraineté, de la Beauté, parmi les multitudes angéliques. Là, grâce à un ange, Muhammad dialogue avec Allah qui lui donne les ultimes clés de sa révélation et prescrit les cinq prières quotidiennes de l’islam.

Après être redescendu à Jérusalem grâce à une échelle de lumière, Muhammad enfourche Bouraq et revient à La Mecque, métamorphosé par son extase.

Au récit de son voyage, plusieurs de ses auditeurs, même les plus éminents, prennent Muhammad pour un fou. Abu Bakr, qui connaissait Jérusalem, se convainc cependant de la réalité de ce voyage aux descriptions que le Prophète lui donne de cette ville.

La critique contemporaine comme plusieurs des contemporains du Prophète admet que ce voyage a eu lieu en esprit dans une extase inspirée. De multiples commentateurs admettent la thèse d’une vision réelle tandis que l’orthodoxie musulmane enseigne qu’il s’agit d’un vrai voyage de l’esprit et du corps. Les mystiques échappent au débat sur la réalité de ce voyage en y voyant un symbole de l’âme qui se détache du monde pour s’unir à Allah.

Sourate 17.

LE VOYAGE NOCTURNE ou LES FILS D’ISRAËL

AL-ISRÂ ou BANÛ ISRÂ’ÎL

Au nom d’Allah,

le Matriciant, le Matriciel...

Djûz Quinzième

Hizb Vingt-neuf

1.     Louange à celui qui a transporté

son serviteur, de nuit,

de la Mosquée interdite

à la Mosquée d’Al-Aqsâ.

Le voici, Lui, l’Entendeur, le Voyant.

2.     Nous avons donné l’Écrit à Mûssa,

nous lui avons remis

la guidance des Fils d’Isrâ’îl.

« Ne prenez pas de protecteur, sauf Moi. »

3.     Ô descendance des Compagnons de Nûh,

notre serviteur reconnaissant,

4.     nous avons décidé pour les Fils d’Isrâ’îl,

dans l’Écrit :

« Vous serez détruits deux fois sur terre,

puis vous vous élèverez en grande élévation. »

5.     Pour la première promesse,

nous avons suscité contre vous

certains de nos serviteurs

dotés d’une force terrifiante :

ils ont pénétré à l’intérieur de vos demeures

et la promesse s’est réalisée.

6.     Ensuite, nous vous avons donné une revanche contre eux,

nous avons multiplié vos biens et vos fils,

nous vous avons donné des troupes plus nombreuses.

7.     Si vous excellez,

vous excellez pour vous-mêmes,

si vous méfaites, c’est contre vous-mêmes.

Quand est venu l’Autre rendez-vous,

ceux qui vous lésaient

sont entrés dans le Sanctuaire

comme ils y étaient entrés la première fois,

y détruisant ce qu’ils saccagèrent.

8.     Peut-être votre Rabb vous matriciera-t-il ?

Si vous récidivez, nous récidiverons :

Nous avons institué la Géhenne

pour bagne des effaceurs.

9.     Cet Appel, al-Qur’ân,

guide vers le plus ascendant,

vers l’Annonce pour les adhérents intègres.

Il est pour eux un grand salaire.

10.     Ceux qui n’adhèrent pas

à l’Autre monde,

nous les vouons à un supplice terrible.

11.     L’homme appelle le mal et appelle le bien :

l’homme est passionné.

12.     Nous avons mis pour vous deux Signes,

la nuit et le jour.

Quand nous effaçons le Signe de la nuit,

nous mettons le Signe du jour, lumineux,

pour que vous aspiriez aux bienfaits

de votre Rabb, et connaissiez

le nombre des années et leur comput :

Nous expliquons tout lucidement.

13.     Nous attachons l’augure

de chaque homme sur sa nuque.

Au Jour du Relèvement,

nous sortirons pour lui l’Écrit.

14.     « Lis ton Écrit, qu’il te suffise, aujourd’hui,

pour tout compte ! »

15.     Qui est guidé est guidé pour lui-même,

qui se fourvoie se fourvoie pour lui-même.

Nul porteur de fardeau

ne portera celui d’un autre.

Nous ne jetons pas de peuple au supplice

avant d’avoir suscité pour lui un Envoyé.

16.     Quand nous voulons anéantir une cité,

nous ordonnons à ses notables de méfaire.

Le Verbe se vérifie contre elle,

et nous la détruisons totalement.

17.     Que de générations

nous avons anéanties après Nûh !

Les crimes de ses serviteurs

suffisent à ton Rabb,

il est informé, clairvoyant.

18.     Qui est à vouloir l’éphémère,

nous rendons éphémère pour lui

ce que nous décidons,

pour qui nous le voulons,

puis nous le mettons dans la Géhenne

où il rôtit, honni, englouti.

19.     Qui veut l’Autre monde

et s’efforce d’y atteindre,

s’il est un adhérent,

son effort est gratifiant.

20.     Nous les soutenons tous

par les dons de ton Rabb :

ce que ton Rabb donne

n’est pas inaccessible.

21.     Contemple comment nous faisons surabonder

certains plus que d’autres,

mais l’Autre monde a de plus hauts degrés,

une plus haute grâce.

22.     N’adjoins pas à Allah un autre Ilah.

Tu resterais honni, abandonné.

Quart du Hizb Vingt-neuf

23.     Ton Rabb tranche :

vous ne servirez que Lui.

Excellez avec vos deux parents.

Si l’un d’eux ou tous les deux

atteignaient la vieillesse auprès de toi,

ne leur dis pas :

« Ouf ! », ne les rebiffe pas.

Dis-leur des paroles généreuses.

24.     Étends sur eux l’aile douce du Matriciel

et dis : « Mon Rabb, matricie-les,

eux qui m’ont élevé, petit. »

25.     Votre Rabb sait mieux ce qui est en vous,

si vous êtes intègres.

Le voici, il est clément pour les ralliés.

26.     Donne au proche son dû

et au pauvre, au voyageur,

mais ne dilapide pas tes biens.

27.     Les dilapideurs sont les frères des Shaïtâns,

et le Shaïtân efface son Rabb.

28.     Si tu t’éloignes d’eux,

aspirant à un bienfait de ton Rabb,

qui les ramènera à toi,

dis-leur un dire amène.

29.     Ne pose pas, sur ta nuque, ta main fermée.

Ne la tends pas non plus toute ouverte,

tu serais exclu, misérable.

30.     Voici, ton Rabb tend ou rationne

la subsistance à qui il décide :

Il est, sur ses serviteurs, informé, clairvoyant.

31.     Ne tuez pas vos enfants

par crainte du besoin.

Nous les pourvoirons comme vous-mêmes.

Si vous les tuez, c’est une grande faute.

32.     Évitez la fornication.

Voici, c’est une perversion,

un sentier vicié.

33.     Ne tuez pas, à tort,

un être qu’Allah interdit.

Qui tue par fraude, nous le remettons

au pouvoir du protecteur de la victime.

Que celui-ci n’abuse pas de sa vengeance :

voici, il sera secouru.

34.     Ne touchez pas aux biens d’un orphelin,

avant qu’il ne prenne vigueur,

sinon pour bien faire.

Respectez le pacte :

voici, tout pacte a des sanctions.

35.     Faites juste mesure quand vous mesurez.

Pesez avec la balance la plus exacte.

C’est meilleur, plus juste en résultats.

36.     Ne poursuis pas ce dont

tu n’as pas connaissance :

tu seras requis

pour l’ouïe, la vue, les entrailles.

37.     Ne marche pas sur terre avec effronterie :

te voici, tu ne saurais déchirer la terre,

ni atteindre l’altitude des montagnes.

38.     Tout cela est malignité,

en répulsion auprès de ton Rabb.

39.     C’est ce que te révèle ton Rabb avec sagesse.

N’adjoins pas à Allah un autre Ilah.

Tu serais rejeté dans la Géhenne,

exclu, englouti.

40.     Votre Rabb préférerait-il pour vous des fils

et prendrait-il pour Messagers des femelles ?

Vous diriez une énormité !

41.     Aussi, nous confirmons cet Appel, al-Qur’ân,

pour qu’ils se souviennent,

mais il ne leur ajoute que panique !

42.     Dis :

« S’il avait avec lui d’autres Ilahs

­ comme ils disent ­,

ils rechercheraient un sentier

vers le Maître du Trône,

43.     louangé, sublime au-dessus de ce qu’ils disent,

exalté, magnifique. »

44.     Les Sept ciels le louangent

et la terre avec ceux qui sont sur elle.

Il n’est rien qui ne le louange en sa désirance,

mais vous n’êtes pas initiés à leur louange.

Le voici, longanime, clément.

45.     Quand tu proclames l’Appel, al-Qur’ân,

nous mettons, entre toi

et ceux qui n’adhèrent pas à l’Autre monde,

un store invisible.

46.     Nous mettons une gaine sur leurs coeurs

pour qu’ils ne comprennent pas

et dans leurs oreilles une pesanteur :

quand tu invoques ton Rabb, en son unité

dans l’Appel, al-Qur’ân,

ils tournent le dos et s’éloignent.

47.     Nous savons ce qu’ils entendent

quand ils t’entendent, ou se concertent,

et quand les fraudeurs disent :

« Voici, vous ne suivez

qu’un homme ensorcelé. »

48.     Contemple comme ils fabulent sur toi :

ils se fourvoient sans trouver de sentier.

49.     Ils disent : « Quand nous serons

ossements et poussière,

ressusciterons-nous

en une créature nouvelle ? »

Moitié du Hizb Vingt-neuf

50.     Dis :

« Seriez-vous de pierre ou de fer,

51.     ou nés de ce que conçoivent vos poitrines... »

Ils diront : « Mais qui nous convoquerait ? »

Dis :

« Celui qui vous a façonnés une première fois. »

Ils hocheront la tête vers toi

et diront : « À quand cela ? »

Dis :

« C’est peut-être proche. »

52.     Ce jour-là, il vous convoquera

et vous répondrez à sa désirance,

mais vous imaginerez n’être resté que peu

dans vos tombes.

53.     Dis à mes serviteurs de ne proclamer

que le plus excellent.

Voici, le Shaïtân s’immisce entre eux,

le Shaïtân, l’ennemi invétéré des humains.

54.     Votre Rabb vous connaît.

S’il le décide, il vous matricie

et s’il le décide, il vous plonge

dans le supplice.

Nous ne t’envoyons pas vers eux en protecteur.

55.     Votre Rabb sait qui est aux ciels

et sur la terre :

nous avons fait surabonder

certains inspirés plus que d’autres,

nous avons donné les Volumes à Dâwûd.

56.     Dis :

« Invoquez ceux que vous sollicitez,

en dehors de Lui,

ils ne brideront pas pour vous

le dévoilement de la douleur,

ils ne le modifieront pas. »

57.     Les voici, ceux qui implorent aspirent

à l’accès le plus rapide auprès de ton Rabb,

ils espèrent ses grâces,

ils redoutent son supplice,

le supplice redoutable de ton Rabb.

58.     Il n’est pas de cité que nous n’anéantirons,

avant le Jour du Relèvement,

nous les supplicierons

d’un supplice terrifiant :

c’est noté dans l’Écrit.

59.     La dénégation des premiers

nous a seule empêché

d’envoyer d’autres Signes contre eux.

Nous avons donné la Chamelle aux Thamûd

pour les éclairer, mais ils l’ont tuée.

Nous n’envoyons de Signe qu’en avertissement.

60.     Quand nous te disions :

« Voici, ton Rabb embrasse les humains »,

nous suscitions, en épreuve pour les humains,

la vision que nous te faisions voir,

et l’arbre maudit mentionné

dans l’Appel, al-Qur’ân.

Nous les menacions,

mais cela ne fit qu’accroître

leur grande rébellion.

61.     Quand nous avons dit aux Messagers ;

« Prosternez-vous devant Adam »,

ils se sont prosternés,

à l’exception d’Iblîs.

Il dit : « Me prosternerai-je

devant celui que tu as créé d’argile ? »

62.     Il dit : « Vois-tu ?

Si tu sursois pour moi

jusqu’au Jour du Relèvement,

je dominerai la descendance

de celui que tu honores plus que moi. »

63.     Il dit : « Fuis ! Parmi eux, qui te suivra,

aura pour salaire la Géhenne,

un salaire fort grave. »

64.     Séduis qui tu peux parmi eux par ta voix,

lance-leur ta cavalerie et ton infanterie,

associe-toi à eux avec biens et enfants,

promets-leur tout :

les promesses du Shaïtân ne sont qu’illusion.

65.     Mais tu n’auras aucun pouvoir

sur mes serviteurs :

votre Rabb leur suffit comme défenseur.

66.     Votre Rabb vous pousse

sur la mer en felouque

pour que vous recherchiez ses bienfaits :

le voici, il est matriciel avec vous.

67.     Quand un péril vous saisit en mer,

ceux que vous implorez disparaissent, sauf Lui,

mais quand il vous ramène au terroir,

vous vous détournez.

L’homme efface !

68.     Ne pensez-vous pas que le flanc du terroir

s’affaissera sur vous ou qu’Il enverra

une tornade vous dévaster ?

Vous ne trouveriez alors aucun défenseur.

69.     Pensez-vous qu’il ne vous ramènera plus là

une deuxième fois ?

Ou qu’il n’enverra plus de tempête de vent

vous engloutir, parce que vous effaciez ?

Vous ne trouveriez alors plus d’allié contre nous.

Trois quarts du Hizb Vingt-neuf

70.     Nous magnifions ainsi les fils d’Adam,

nous les transportons sur le continent et la mer,

nous les pourvoyons de biens.

Nous les faisons surabonder, pour la plupart,

avec ce que nous créons de grâces.

71.     Le jour où nous convoquerons

tous les humains avec leurs imams,

ceux auxquels leur Écrit

sera donné dans leur droite,

liront leur Écrit :

ils ne seront pas lésés d’un fil.

72.     Qui était aveugle en ce monde

sera aveugle dans l’Autre,

fourvoyé hors du sentier.

73.     Voici, ils ont failli te détourner,

de ce que nous t’avons révélé,

pour que tu inventes contre nous le mensonge,

te prenant alors pour intime.

74.     Si nous ne t’avions pas conforté,

tu aurais risqué de t’incliner devant eux !

75.     Nous t’aurions alors fait goûter

double vie et double mort,

car ensuite tu n’aurais pas trouvé

de secours contre nous.

76.     Voici, ils t’ont incité à fuir le pays

pour t’en expulser,

mais alors ils y seraient restés peu, sans toi,

77.     selon la tradition de ceux

que nous avions envoyés avant toi :

tu ne trouveras pas d’alternative

à notre tradition.

78.     Élève la prière au déclin du soleil

et à l’orée de la nuit,

et l’Appel à l’aube :

voici, l’Appel de l’aube a des témoins.

79.     Durant la nuit, veille,

c’est une grâce pour toi.

Peut-être ton Rabb te ressuscitera-t-il,

éminent, désiré ?

80.     Dis :

« Mon Rabb, fais-moi entrer

par l’entrée des justes,

et fais-moi sortir

par la sortie des justes.

Mets en moi, de ta part,

le pouvoir d’aider. »

81.     Dis :

« Venue la vérité, évanouie l’inanité !

Voici, l’inanité doit s’évanouir. »

82.     Nous faisons descendre,

par l’Appel, al-Qur’ân,

ce qui est guérison, grâce,

pour les adhérents :

mais il n’ajoutera, aux fraudeurs,

que perdition.

83.     Quand nous comblons l’humain,

il se détourne, s’éloigne,

et quand le malheur le saisit,

il se désespère.

84.     Dis :

« Chacun agit selon son sens :

votre Rabb sait qui est guidé sur le sentier. »

85.     Ils t’interrogent sur le souffle.

Dis :

« Le souffle est aux ordres de mon Rabb,

et vous en savez peu.

86.     Si nous le décidions, nous remporterions

ce que nous t’avons révélé :

mais tu ne trouverais plus de défenseur,

87.     sinon par grâce de ton Rabb :

sa grâce est grande pour toi. »

88.     Dis :

« Si les humains et les Djinns se rassemblaient

pour présenter une imitation de cet Appel, al-Qur’ân,

ils ne pourraient rien présenter de similaire,

seraient-ils tous à s’y employer. »

89.     Ainsi, nous avons donné aux humains

en cet Appel, al-Qur’ân,

toutes sortes d’exemples,

mais, pour la plupart, ils refusent,

excepté d’effacer.

90.     Ils disent : « Nous n’adhérerons pas à toi,

tant que tu ne nous feras pas

jaillir de terre une source ;

91.     ou que tu n’aies un jardin

de palmiers et de vignes

d’où tu ferais jaillir des fleuves ;

92.     ou que tu fasses crouler

le ciel sur nous, par pans,

comme tu l’as proclamé,

ou que tu fasses apparaître devant nous

Allah et les Messagers, vite ;

93.     ou qu’une maison luxueuse soit à toi.

Ferais-tu l’ascension du ciel,

nous ne croirions pas à ton ascension,

avant que, de là, tu ne nous descendes

un Écrit que nous puissions lire. »

Dis : « Louange à mon Rabb !

Qui suis-je, sinon un être charnel, un Envoyé ? ! »

94.     Quand la guidance vient à eux,

rien n’empêche les hommes d’adhérer,

sinon ce qu’ils disent :

« Allah choisirait-il un être charnel pour envoyé ? »

95.     Dis :

« S’il était sur terre des Messagers

qui y marchent tranquillement,

nous leur enverrions, du ciel,

un Messager pour Envoyé. »

96.     Dis :

« Allah suffit comme témoin entre nous. »

Le voici, il est, pour ses serviteurs,

informé, clairvoyant.

97.     Celui qu’Allah guide est guidé.

À ceux qu’il fourvoie,

tu ne trouveras aucun autre allié que Lui.

Nous les rassemblerons le Jour du Relèvement

face à leurs faces : aveugles, muets, sourds,

leur asile sera la Géhenne.

Quand elle s’éteint,

nous en ranimons le brasier.

98.     Tel est leur salaire

pour avoir effacé nos Signes et dit :

« Quand nous serons ossements et poussière,

ressusciterons-nous en une créature nouvelle ? »

Hizb Trente

99.     Ou bien ne voient-ils pas qu’Allah,

qui a créé le ciel et la terre,

a la puissance d’en créer d’identiques ?

Il leur a fixé un terme irrévocable,

mais les fraudeurs refusent, sauf d’effacer.

100.     Dis :

« Si vous possédiez le trésor

des grâces de mon Rabb,

quand vous l’auriez,

vous auriez peur de le prodiguer.

L’humain est avare ! »

101.     Aussi avons-nous donné à Mûssa

neuf Signes manifestes.

Interroge les Fils d’Isrâ’îl,

quand ils sont arrivés :

Pharaon dit :

« Je t’imagine ensorcelé, ô Mûssa ! »

102.     Il dit : « Ce qui est descendu, tu le sais,

vient du Rabb des ciels et de la terre,

le Clairvoyant.

Je te crois perdu, ô Pharaon. »

103.     Il a voulu les déraciner du pays,

mais nous l’avons englouti, avec tous les siens.

104.     Nous avons dit ensuite, aux Fils d’Isrâ’îl :

« Habitez cette terre !

Quand l’Autre promesse se réalisera,

nous vous ferons revenir en foule. »

105.     Nous l’avons fait descendre avec la vérité

et il est descendu avec la vérité.

Nous t’avons envoyé en annonciateur, en alerteur :

un Appel, al-Qur’ân.

106.     Nous l’avons fragmenté

pour que tu le proclames

pour les humains par séquences.

Nous l’avons fait descendre en descente véritable.

107.     Dis :

« Adhérez ou n’adhérez pas :

mais ceux qui ont reçu jadis la Science

proclamée pour tous

tombent sur leurs faces, prosternés,

108.     et disent : ‹ Louange à notre Rabb. ›

Voici, la promesse de notre Rabb s’est réalisée ! »

109.     Ils tombent sur leur face et pleurent,

dans leur humilité grandissante.

(Prosternation)

110.     Dis :

« Implorez Allah ou implorez le Matriciant,

Celui que vous implorez

porte les noms de l’excellence. »

Ne te manifeste pas dans ta prière,

à voix haute ou à voix basse :

entre deux, il est un sentier.

111.     Dis :

« Désirance d’Allah !

Il ne s’est pas donné d’enfant,

Il ne s’est pas donné d’associé à son Royaume.

Il ne s’est pas donné de protecteur

contre l’humiliation !

Magnifie-le dans sa magnificence ! »

SOURATE 18.

LA CAVERNE

AL-KAHF

Cette sourate de cent dix versets, la soixante-neuvième dans l’ordre chronologique, tire son titre du verset 9. Elle fait partie des cinq sourates (17 à 21) qui esquissent une sorte d’histoire spirituelle de l’homme : elle évoque le mystère de la vie éphémère. Les Compagnons de la Caverne, le mystérieux maître qui décrit comme une parabole la vie de Mûssa, l’histoire de Dû-l-Qarnaïn qui bâtit un mur de fer pour protéger les faibles contre les forts désignent la brièveté, les incertitudes et l’inanité de la vie humaine, sous des couleurs où le merveilleux ne cesse de recouvrir le réel.

Ce texte fonde la tradition chrétienne et islamique des Sept Dormants. Il est souvent proclamé dans les mosquées le vendredi. Il revêt une signification particulière pour les shi’ites et pour les mystiques. Pour tous, il réaffirme avec force, une fois de plus, l’unicité d’Allah, l’Unique.

Sourate 18.

LA CAVERNE

AL-KAHF

Au nom d’Allah,

le Matriciant, le Matriciel...

1.     La désirance d’Allah !

Il fait descendre sur son serviteur l’Écrit,

sans rien y mettre de tronqué.

2.     Il se dresse pour avertir, de sa part,

d’un malheur terrifiant,

et annoncer aux adhérents intègres

qu’ils auront un salaire excellent,

3.     avec lequel ils prospéreront à jamais.

4.     Ceux qui disent :

« Allah s’est donné un enfant », sont avertis.

5.     Comme leurs pères, ils sont sans aucun savoir

en cette monstrueuse parole sortie de leur bouche :

ils ne profèrent qu’un mensonge.

6.     Peut-être te tourmentes-tu lugubrement,

sur leurs traces,

parce qu’ils ne croient pas à notre tradition.

7.     Voici, nous semons sur la terre de la beauté

pour éprouver ceux dont les oeuvres sont les meilleures,

8.     puis nous la mettrons en reg !

9.     Penses-tu que les Compagnons de la Caverne,

ceux d’Ar-Raqîm,

font merveille en nos Signes ?

10.     Quand ces adolescents

se réfugièrent dans la Caverne,

ils dirent : « Notre Rabb, fais-nous grâce

et dispose de nous avec rectitude. »

11.     Dans la caverne, nous avions assourdi

leurs oreilles, durant bon nombre d’années.

12.     Puis nous les avons ressuscités

pour savoir lequel des deux groupes

saurait le mieux calculer

la durée de son séjour

dans la Caverne.

13.     Nous te relatons leur histoire véritable :

voici, ils étaient des adolescents

qui adhéraient à leur Rabb :

nous leur avions ajouté la guidance.

14.     Nous avions ancré leur coeur

pour qu’ils se lèvent et disent :

« Notre Rabb est le Rabb

des ciels et de la terre.

Sauf Lui, nous n’invoquons aucun autre Ilah,

sans quoi nous proférerions une insanité.

15.     Ceux de notre peuple avaient pris,

sauf Lui, des Ilahs.

Si, du moins, ils en avaient

des preuves évidentes !

Mais qui fraude davantage

que celui qui invente des mensonges

contre Allah ?

16.     Quand vous serez séparés d’eux

et de ce qu’ils servent,

sauf Allah, réfugiez-vous dans la Caverne.

Votre Rabb répandra sur vous ses matrices,

il préparera pour vous

l’adoucissement de votre sort. »

Quart du Hizb Trente

17.     Alors, tu aurais vu le soleil, quand il se lève,

s’écarter d’eux, à droite de leur Caverne,

et, quand il se couche, les effleurer à gauche,

tandis qu’ils étaient au centre.

Voilà un des Signes d’Allah !

Celui qu’Allah guide est dans la guidance,

celui qu’il fourvoie ne trouve plus d’autre guide.

18.     Tu les croyais éveillés, mais ils dormaient.

Nous les retournions à droite et à gauche,

leur chien, pattes étendues, étant sur le seuil.

Si tu étais monté près d’eux, tu te serais écarté,

rempli d’effroi et mis en fuite.

19.     Nous les avons alors ressuscités

pour qu’ils s’interrogent mutuellement.

L’un dit :

« Combien de temps êtes-vous restés ici ? »

Il dit : « Un jour ou une fraction de jour. »

Ils disent : « Votre Rabb sait mieux

combien de temps vous êtes restés ici !

Envoyez en ville l’un de vous

avec la monnaie que voici.

Il verra où se trouvent les aliments les plus purs

et il vous les apportera pour nourriture.

Il sera discret, pour que nul ne soupçonne votre présence.

20.     Voici, s’ils vous découvraient,

ils vous lapideraient

ou vous convertiraient à leurs doctrines,

vous ne seriez alors jamais heureux. »

21.     Nous les avions dénoncés

pour qu’ils sachent

que la promesse d’Allah est véridique :

Son heure ne fait aucun doute.

Car ils se disputaient à leur propos, disant :

« Édifions un édifice pour eux. »

Mais leur Rabb est le plus savant.

Ceux qui l’emportent disent :

« Choisissons-leur plutôt une mosquée ! »

22.     Ils disaient :

« Ils sont trois, avec un quatrième, leur chien. »

Ils disaient :

« Cinq, avec un sixième, leur chien. »

Écartant tout doute, ils disaient :

« Sept, avec un huitième, leur chien. »

Dis :

« Mon Rabb connaît mieux leur nombre,

mais rares sont ceux qui le savent ! »

Ne discute pas contre eux, sinon d’évidence,

ne consulte personne à leur propos.

23.     Ne dis en rien :

« Voici, je ferai cela demain »,

24.     sans ajouter : « Si Allah le décide ! »

Invoque ton Rabb.

Quand tu oublies, dis :

« Puisse mon Rabb me guider

au plus proche de cette rectitude. »

25.     Or, ils demeuraient dans leur Caverne,

depuis trois cents ans,

auxquels ils en ajoutèrent neuf.

26.     Dis :

« Allah sait mieux combien de temps

ils sont demeurés là :

Il détient le mystère des ciels et de la terre,

Lui, le plus clairvoyant, entend !

Sauf Lui, ils n’ont pas de protecteur :

Il n’associe personne à son gouvernement. »

27.     Scande ce qui t’est révélé

de l’Écrit de ton Rabb,

sans changer sa doctrine.

Tu ne trouveras, hors de lui, aucun refuge.

28.     Persévère avec ceux qui invoquent leur Rabb,

matin et soir, en désirant sa face.

N’en détache pas tes yeux,

pour convoiter les beautés

de la vie de ce monde.

N’obéis pas à celui

dont nous avons rendu le coeur

inattentif à notre mémoire,

et qui obéit à ses passions :

son propos est outrancier !

29.     Dis :

« La vérité émane de votre Rabb ! »

Qui le décide, qu’il adhère !

Qui le décide, qu’il efface !

Voici, nous avons préparé pour les fraudeurs

un Feu : ses flammes les cerneront.

S’ils appellent au secours, ils seront secourus

mais par un liquide épais

comme de la poix, qui calcine le visage.

Pire breuvage, horrible séjour !

30.     Ceux qui adhèrent et sont intègres...

Voici, nous ne laisserons pas se perdre le salaire

de ceux dont les actes sont excellents.

31.     Ils résident aux Jardins d’Éden,

sous lesquels courent les fleuves.

Là, ils sont parés de bracelets d’or,

vêtus de vêtements de soie et de brocart,

accoudés sur des trônes.

Ravissement du Retour,

excellence du séjour !

Moitié du Hizb Trente

32.     Donne-leur l’exemple de deux hommes :

nous remettons à l’un deux jardins,

des vignobles que nous entourons de palmiers,

avec, entre eux, des céréales.

33.     Ces deux jardins leur donnent leur nourriture :

ils ne lèsent personne, en rien.

Nous faisons couler, au milieu, une rivière.

34.     L’un ayant des fruits dit à son compagnon :

« J’ai plus de biens que toi :

je suis d’un clan plus puissant. »

35.     Il entre dans son jardin en coupable

et dit : « Je n’imagine pas que ceci puisse périr.

36.     Je n’imagine pas que l’heure du Jugement

puisse survenir, mais, si j’étais ramené

près de mon Rabb, je trouverais

mieux que cela en retour. »

37.     Son compagnon, en conversant, lui dit :

« Effacerais-tu celui qui t’a créé de poussière,

de sperme, et t’a modelé en homme ? »

38.     Mais Allah est mon Rabb :

je n’associe personne à mon Rabb.

39.     Si tu entres dans ton jardin, dis :

« Quoi qu’Allah décide,

il n’est de force qu’en Allah.

Si tu me vois moindre que toi

en biens et en enfants,

40.     mon Rabb me donnera peut-être

mieux que ton jardin.

Et peut-être enverra-t-il un fléau du ciel

pour transformer ton jardin en désolation :

41.     son eau disparaîtra sous terre

et tu ne pourras plus la récupérer. »

42.     L’homme privé de ses fruits,

se tord les doigts pour ce qu’il a investi

dans ses treilles maintenant vides.

Il dit :

« Qui m’eût donné de n’associer personne à mon Rabb ! »

43.     Aucune armée ne te secourra contre Allah :

plus rien ne lui sera d’aucun secours.

44.     Le seul secours vient d’Allah, le véridique,

Lui, la meilleure des récompenses,

la meilleure des fins.

45.     Donne-leur pour exemple la vie de ce monde,

nous faisons descendre l’eau du ciel,

les plantes s’en imbibent, en terre,

puis se transforment en paille

qu’un souffle disperse.

Allah est puissant en tout.

46.     Les biens, les enfants

sont les beautés de la vie de ce monde,

mais le durable, l’intégrité sont meilleurs.

Le retour, chez ton Rabb, est le meilleur espoir.

47.     Le jour où nous déplacerons les montagnes,

tu verras la terre se niveler :

nous rassemblerons les humains

sans en omettre un seul.

48.     Ils seront présentés en rangs

devant ton Rabb :

« Ainsi, vous revenez à nous !

Nous vous avions créés

une première fois,

et vous prétendiez alors

que nous ne vous donnerions

plus aucun rendez-vous ! »

49.     L’Écrit sera manifeste.

Tu verras les coupables effrayés

par son contenu. Ils diront :

« Aïe ! Pourquoi cet Écrit

n’a-t-il rien omis de compter, petit ou grand ? »

Alors, ils seront mis en présence

de ce qu’ils faisaient :

ton Rabb ne lèse personne !

50.     Quand nous avons dit aux Messagers :

« Prosternez-vous devant Adam »,

ils se sont prosternés, sauf Iblîs ;

un des Djinns,

révolté contre l’ordre de son Rabb.

Le prendriez-vous avec sa descendance,

pour protecteur, en dehors de Moi ?

Ce sont, contre vous, des ennemis.

Quel pire échange pour les fraudeurs !

Trois quarts du Hizb Trente

51.     Je ne les ai pas pris de témoins

pour la création des ciels et de la terre

ni pour votre création.

Je ne prends pas les fraudeurs pour assistants.

52.     Le jour où il dira : « Convoquez mes associés,

ceux que vous invoquiez ! »

ils les convoqueront,

mais ils ne leur répondront pas :

nous mettrons entre eux un abîme.

53.     Les coupables voient le feu !

Ils imaginent pouvoir y échapper,

mais ils ne trouvent pas d’issue devant eux.

54.     Dans cet Appel, al-Qur’ân, nous avons donné

pour les humains tous les exemples,

mais l’homme est le pire des querelleurs.

55.     Qui empêche les humains d’adhérer à Allah

quand la guidance leur parvient ?

Ils ne recherchent pas le pardon de leur Rabb

et refusent ce que la tradition des ancêtres leur donne :

en premier lieu, elle leur donne le supplice.

56.     Nous n’envoyons d’Envoyés

qu’en annonciateurs, en alerteurs.

Ceux qui effacent se querellent dans l’inanité,

pour annihiler la vérité.

Ils raillent nos Signes,

et ce dont ils sont avertis.

57.     Qui fraude davantage que celui

qui est appelé aux Signes de son Rabb,

mais s’en détourne, oubliant

ce que présentent ses mains ?

Voici, nous avons mis

leurs coeurs dans des gaines,

pour qu’ils ne comprennent pas,

et dans leurs oreilles une pesanteur,

pour que tu ne les convoques pas à la guidance

et pour qu’alors ils ne soient jamais guidés !

58.     Ton Rabb pardonne, Il est doté de grâces.

S’Il les reprenait pour leurs actes,

il hâterait leur supplice.

Mais leur rendez-vous est irrévocable :

en dehors de Lui, pas d’échappatoire !

59.     Nous anéantissons les cités

parce qu’elles fraudent :

nous avons fixé le rendez-vous

de leur anéantissement...

60.     ... Alors Mûssa dit à son garçon :

« Je ne cesserai pas, que je n’aie atteint

le confluent des Deux-Mers,

y passerais-je des années. »

61.     Quand ils atteignent le confluent des Deux-Mers,

ils oublient leur poisson : celui-ci reprend

son sentier maritime, librement.

62.     Quand ils cheminent, Mûssa dit à son garçon :

« Donne-nous notre repas :

voici, nous ressentons la fatigue du voyage... »

63.     Il dit : « Vois-tu, arrivés au rocher,

j’avais oublié le poisson.

Seul le Shaïtân me l’a fait oublier,

sans que je puisse m’en souvenir :

il a repris son sentier dans la mer,

merveilleusement. »

64.     Il dit : « Nous devions parvenir là. »

Et ils reviennent sur leurs pas, exactement.

65.     Ils trouvent alors un de nos serviteurs,

que nous avions favorisé,

lui transmettant de Nous-mêmes notre science.

66.     Mûssa lui dit : « Te suivrais-je

pour que tu m’enseignes

ce que tu as appris sur la Rectitude ? »

67.     Il dit : « Te voilà,

mais tu ne persévéreras pas auprès de moi ! »

68.     Comment persévérerais-tu

en ce que tu n’embrasses pas pleinement ? »

69.     Il dit : « Tu me trouveras à persévérer,

si Allah le décide !

Je ne désobéirai pas à tes ordres. »

70.     Il dit : « Si tu me suis,

ne m’interroge sur rien

avant que je ne te le permette. »

71.     Ils s’éloignent et montent sur un bateau

dans lequel il ouvre une brèche.

Il dit : « As-tu ouvert cette brèche

pour noyer les passagers ! ?

Quel acte étrange ! »

72.     Il dit : « Ne t’avais-je pas dit :

‹ Tu ne persévéreras pas auprès de moi ! › »

73.     Il dit : « Ne me reproche pas ce que j’ai oublié,

ne m’écrase pas sous un ordre trop dur. »

74.     Tous deux repartent.

Ils rencontrent un garçon.

Le serviteur le tue.

Mûssa dit : « Tu as tué un être innocent

de la mort d’un autre.

N’est-ce pas l’acte d’un dément ? »

Fin du Djûz Quinzième

Djûz Seizième

Hizb Trente et un

75.     Le serviteur dit : « Ne t’ai-je pas dit :

‹ Tu ne persévéreras pas auprès de moi ? › »

76.     Mûssa dit : « Si je t’interroge

encore sur quoi que ce soit,

ne me garde plus pour compagnon !

Accepte mes regrets. »

77.     Tous deux repartent

jusqu’à ce qu’ils parviennent aux tentes d’une cité.

Tous deux demandent à se restaurer dans ses tentes,

mais les habitants leur refusent l’hospitalité.

Tous deux trouvent là un mur prêt de s’écrouler :

ils l’étayent et Mûssa dit :

« Si tu le voulais, tu pourrais recevoir

un salaire pour cela ! »

78.     Il dit : « Voilà toute notre différence !

Que je t’explique

ce qui t’empêchait de persévérer !

79.     Le bateau appartenait à des pauvres

qui travaillaient en mer.

J’ai voulu y faire une brèche

parce qu’un roi, derrière lui,

faisait prise de tous les bateaux.

80.     Le garçon avait des parents

qui adhéraient à Allah.

Nous redoutions qu’il ne les entraînât

dans la rébellion et l’effaçage d’Allah.

81.     Nous voulions que leur Rabb

le remplaçât par un meilleur fils que lui,

plus innocent et plus proche de ses grâces.

82.     Le mur appartenait

à deux orphelins de la cité.

Dessous, il y avait un trésor.

Leur père était intègre.

Ton Rabb a voulu

qu’ils atteignent leur majorité

et qu’ils découvrent leur trésor,

par grâce de ton Rabb.

Je n’ai pas agi seul.

Voilà l’interprétation de :

« Tu ne persévéreras pas auprès de moi. »

83.     Ils interrogent sur Dû-l-Qarnaïn.

Dis :

« J’évoquerai pour vous sa mémoire. »

84.     Nous l’avions établi sur terre,

lui donnant la filière de tout.

85.     Il suivit la filière

86.     jusqu’à en arriver à l’Occident du soleil.

Il le voit se coucher dans une source bouillante

et il découvre auprès d’elle un peuple.

Nous disons : « Ô Dû-l-Qarnaïn,

tu peux les supplicier ou bien les traiter. »

87.     Dû-l-Qarnaïn dit :

« Nous supplicierons celui qui fraude.

Revenu à son Rabb, Il le suppliciera

d’un supplice cruel.

88.     Ou encore, il adhérera à Allah, sera intègre

et recevra le salaire de l’excellence.

Nous lui transmettrons

quelques uns de nos ordres faciles à exécuter. »

89.     Il suit encore la filière

90.     et parvient au levant du soleil.

Il le voit se lever sur un peuple

sans protection contre lui.

91.     Il en est ainsi.

Nous connaissions déjà

ce qu’il détenait.

92.     Il suit encore la filière

93.     et parvient entre les Deux-Remparts.

Plus loin, il trouve un peuple

qui affectait de ne pas connaître de langage.

94.     Ils disent : « Ô Dû-l-Qarnaïn,

voici, Ya’djûdj et Ma’djûdj,

ravagent la terre.

Te paierons-nous un tribut

pour que tu mettes entre nous un rempart ? »

95.     Il dit : « Ce que mon Rabb

m’a donné est meilleur.

Aidez-moi fort

et je mettrai un rempart entre vous.

96.     Donnez-moi des blocs de fer,

pour combler l’espace entre les Deux-Remparts. »

Il dit : « Soufflez, jusqu’à y mettre le feu. »

Il dit : « Donnez-moi de l’airain

pour le déverser dessus. »

97.     Dès lors, ils ne purent plus le franchir

ni en l’escaladant ni en le perçant.

98.     Dû-l-Qarnaïn dit :

« Voilà bien les grâces de mon Rabb !

Quand le rendez-vous de mon Rabb surviendra,

il en fera une plaine.

Le rendez-vous de mon Rabb est véritable ! »

Quart du Hizb Trente et un

99.     Nous les abandonnerons,

d’eux-mêmes, ils déferleront ce jour-là.

Le cor sonnera

et nous les rassemblerons tous.

100.     Ce jour-là, dans la Géhenne,

nous les présenterons aux effaceurs,

101.     dont les yeux étaient fermés

devant ma Mémoire,

et qui ne pouvaient entendre.

102.     Les effaceurs comptent-ils prendre

mes serviteurs pour protecteurs,

hors de Moi-même ?

Nous préparons la Géhenne

pour logis des effaceurs.

103.     Dis :

« Vous ferons-nous connaître

ceux dont les actes sont perdants ? »

104.     Ceux dont les heures s’égaient

dans la vie de ce monde,

estiment bien agir.

105.     Mais ceux qui effacent

les Signes de leur Rabb

et sa Rencontre, les voilà :

leurs oeuvres périssent.

Leur pesée ne sera pas lourde

le Jour du Relèvement !

106.     Voici leur salaire :

la Géhenne pour ce qu’ils effaçaient,

raillant mes Signes et mes Envoyés.

107.     Ceux qui adhèrent et sont intègres

ont pour logis les Jardins du paradis,

108.     là, en permanence :

ils ne voudront rien changer.

109.     Dis :

« Si la mer était de l’encre

pour les Paroles de mon Rabb,

la mer s’épuiserait

avant que ne s’épuisent

les Paroles de mon Rabb,

cela même si nous avions

deux fois plus d’encre. »

110.     Dis :

« Voici, je ne suis

qu’un être charnel comme vous.

Il m’a été révélé

que votre Ilah est Allah, l’Unique.

Qui est à vouloir

la Rencontre de son Rabb

agit avec intégrité,

il n’associe personne

au service de son Rabb ! »