|  La Bible et Le Coran D'André Chouraqui

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Sourate 27 et 28

SOURATE 27.

LES FOURMIS

AN-NAML

Cette sourate de quatre-vingt-treize versets, la quarante-huitième dans l’ordre chronologique, a été proclamée, avec celle qui la précède et les deux qui la suivent, au milieu de la période mekkoise. Son titre vient du verset 18.

Les merveilles de la création reflètent les splendeurs du monde spirituel. L’introduction (1-6) précède de nouveaux développements sur les histoires de Mûssa (7-14), de Dâwûd, de Sulaïmân (15-41) et des Thamûd (45-58). La gloire d’Allah est répandue sur toute Sa Création : les justes le voient, les coupables l’éprouveront à l’heure inéluctable du jugement (59-93).

Sourate 27.

LES FOURMIS

AN-NAML

Au nom d’Allah,

le Matriciant, le Matriciel...

Moitié du Hizb Trente-huit

1.     T. S. ’. Sîn. Voici les Signes

de l’Appel, al-Qur’ân, l’Écrit distinct,

2.     guidance, annonce pour les adhérents

3.     qui élèvent la prière, donnent la dîme,

certains de l’Autre monde.

4.     Voici, ceux qui n’adhèrent pas à l’Autre monde,

nous maquillons pour eux leurs oeuvres

et, les aveuglant, ils sont aveuglés.

5.     Les voilà, ceux pour qui survient

le malheur du supplice :

ils sont perdants dans l’Autre monde.

6.     Et te voilà, tu as rencontré

l’Appel, al-Qur’ân, du Sage, du Savant.

7.     Quand Mûssa dit à ses tentes :

« Je perçois un feu,

je vous en donnerai un nouveau,

ou bien un tison ardent.

Peut-être vous réchaufferez-vous ? »

8.     Quand il vient, il est interpellé :

« Oui, il est béni,

celui qui est dans le Feu,

et ceux qui sont autour !

Louange à Allah, Rabb des univers. »

9.     « Ô Mûssa,

me voici, Moi, Allah,

l’Intransigeant, le Sage.

10.     Jette ton bâton. »

Quand il le voit s’agiter tel des Djinns,

il tente de le fuir, mais ne le peut.

« Ô Mûssa,

ne crains pas.

Me voici : près de moi, les Envoyés ne craignent rien,

11.     excepté ceux qui fraudent

et troquent l’excellence contre le malheur.

Me voici, clément, matriciel.

12.     Introduis ta main sur ton sein,

elle en sortira toute blanche, sans mal :

c’est l’un des neuf Signes

donnés à Pharaon et à son peuple :

les voilà, eux, un peuple de dévoyés.

13.     Quand nos Signes

viennent à eux et les éclairent,

ils disent :  Voici,

c’est une sorcellerie distincte. 

14.     Ils les nient,

quoique convaincus en eux-mêmes,

fraudeurs, iniques.

Contemple

quelle est la sanction

des corrupteurs !

15.     Ainsi nous avons donné

la Sagesse à Dâwûd et à Sulaïmân.

Ils ont dit :  La désirance d’Allah !

Il nous comble

plus que ses serviteurs, les adhérents.  »

16.     Sulaïmân hérite de Dâwûd et dit :

« Ohé, les humains,

le langage des oiseaux

nous a été appris :

tout nous est donné.

voici, en cela

une grâce distincte. »

17.     Et, devant Sulaïmân,

voici alignés en troupes,

des Djinns, des humains, des oiseaux,

18.     jusqu’à ce qu’ils viennent

à l’Oued des Fourmis.

Une fourmi dit : « Ohé, les fourmis,

entrez dans vos galeries,

que Sulaïmân et ses troupes

ne vous écrasent sans le vouloir. »

19.     Sulaïmân sourit, riant de telles paroles, et dit :

« Mon Rabb, inspire-moi

de te remercier pour tes ravissements

dont tu m’as comblé, moi et mes parents.

Que je sois intègre, agrée-le.

fais-moi connaître tes grâces,

parmi tes serviteurs intègres. »

20.     Il regarde les oiseaux et dit :

« Pourquoi ne vois-je pas la huppe ?

Est-elle absente ?

21.     Je la mettrai au supplice,

un dur supplice,

ou je l’égorgerais,

si elle ne se justifie pas distinctement. »

22.     Elle tarde un peu seulement et dit :

« J’ai embrassé ce que tu n’embrasses pas :

je t’apporte de Saba’ une nouvelle sûre.

23.     J’ai trouvé qu’une femme règne là,

comblée de tout : elle a un trône grandiose.

24.     Et je l’ai trouvée avec son peuple

à se prosterner devant le soleil,

non pas devant Allah !

Le Shaïtân maquille leurs actions

et les écarte du sentier :

non, ils ne sont pas guidés.

25.     Que ne se prosternent-ils pas devant Allah

qui fait sortir ce qui est latent,

dans les ciels et sur la terre :

il sait ce que vous cachez

et ce que vous divulguez.

(Prosternation)

26.     Allah, pas d’Ilah sauf Lui,

le Rabb au Trône grandiose. »

Trois quarts du Hizb Trente-huit

27.     Il dit : « Voyons si ce que tu dis est vrai

ou si tu es un menteur.

28.     Pars avec mon écrit,

celui-ci, et jette-le-leur,

puis éloigne-toi d’eux

et vois comment ils répondront. »

29.     La reine dit : « Ohé, le Conseil,

un Écrit généreux m’a été envoyé :

30.     il est de Sulaïmân.

Le voici :  Au nom d’Allah,

le Matriciant, le Matriciel,

31.     ne montez pas contre moi

mais venez à moi, pacifiés.  »

32.     Elle dit : « Ohé, le Conseil,

avisez-moi pour cette affaire.

Je ne la trancherai pas

sans que vous n’en soyez témoins ».

33.     Ils disent : « Nous sommes dotés de force,

et dotés d’un courage terrible,

mais l’affaire t’appartient :

décide ce qu’il faut ordonner. »

34.     Elle dit : « Voici,

quand des rois entrent dans une cité,

ils la saccagent et pillent

ses tentes les plus riches :

ils font ainsi.

35.     Mais, moi, je leur enverrai un présent :

je verrai avec quoi mes envoyés reviendront. »

36.     Quand ils viennent chez Sulaïmân, il dit :

« Vous me comblez de biens,

mais ce qu’Allah m’a donné vaut mieux

que ce qu’il vous a donné.

Profitez vous-mêmes de vos présents.

37.     Retournez chez les vôtres.

Nous viendrons avec nos troupes :

ils ne résisteront pas.

Nous les expulserons, avilis, misérables. »

38.     Il dit : « Ohé, le Conseil,

qui de vous me donnera ce trône

avant qu’ils ne viennent

à moi en pacifiés, muslimûna ? »

39.     Un Ifrît parmi les Djinns dit :

« Moi, je te le donnerai

avant que tu ne te lèves de ton siège.

Je suis fort sûr de cela. »

40.     Quelqu’un, ayant la science de l’Écrit, dit :

« Je te le donnerais avant

que tu n’esquisses un clin d’oeil. »

Quand il voit le trône posé près de lui, il dit :

« Voilà une grâce de mon Rabb :

il éprouve ma gratitude

ou mon effaçage d’Allah !

Qui est reconnaissant l’est pour lui-même,

et qui efface...

Voici, mon Rabb, magnanime, généreux... »

41.     Il dit : « Maquillons son trône.

Nous verrons si elle est guidée

ou ne l’est pas. »

42.     Quand elle vient, il lui est dit :

« Est-ce ton trône ? »

Elle dit : « Cela lui ressemble !

La Science nous avait été donnée jadis :

nous sommes des pacifiés, muslimûna. »

43.     Ce qu’elle servait, hors d’Allah,

l’avait détournée,

égarée chez un peuple d’effaceurs.

44.     Il lui est dit :

« Entre dans la citadelle. »

Quand elle la voit,

elle la prend pour une nappe d’eau.

Elle découvre ses jambes.

Sulaïmân dit : « Voici,

cette citadelle est dallée de cristal. »

Elle dit : « Mon Rabb, voici,

je m’étais lésée moi-même :

pour Allah,

je me pacifie avec Sulaïmân, chez le Rabb des univers. »

45.     Ainsi, nous envoyons aux Thamûd

leur frère Sâlih : « Servez Allah. »

Ils se divisent et se querellent alors.

46.     Il dit : « Ô mon peuple,

pourquoi vous exposer

au malheur plutôt qu’à l’excellence ?

Demandez pardon à Allah.

Peut-être serez-vous matriciés. »

47.     Ils disent : « Nous présageons un malheur

pour toi et pour qui est avec toi. »

Il dit : « Votre sort est en Allah.

Vous n’êtes qu’un peuple soumis à l’épreuve.

48.     Dans une ville, neuf personnes corrompent la terre,

étant sans intégrité. »

49.     Elles disent : « Jurons-le par Allah :

nous l’attaquerons de nuit,

lui et ses tentes.

Puis nous dirons à ses vengeurs :

 Nous n’avons pas été les témoins

de la destruction de ses tentes :

nous sommes sincères.  »

50.     Ils rusent et nous rusons aussi :

mais ils ne se l’imaginent pas.

51.     Vois quelle est la sanction de leur ruse :

nous les avons tous exterminés,

eux et leur peuple.

52.     Leurs maisons sont désertes,

parce qu’ils avaient fraudé.

Cela est un Signe

pour un peuple qui sait.

53.     Mais nous sauvons

ceux qui adhèrent à Allah

et frémissent de Lui.

54.     Lût, quand il dit à son peuple :

« En venez-vous à la perversion,

vous qui êtes clairvoyants ?

55.     Vous donnez-vous à des hommes, avidement,

non à des femmes, peuple ignare ? »

Fin du Djûz Dix-Neuvième

Djûz Vingtième

Hizb Trente-neuf

56.     La réponse de son peuple n’est que de dire :

« Voici, expulsez de votre cité

les tentes de Lût !

Ces hommes feignent d’être purs ! »

57.     Mais nous le sauvons avec ses tentes,

sa femme exceptée :

nous l’avions réduite

à être parmi les retardataires.

58.     Nous faisons pleuvoir sur eux une pluie,

la pluie fatale aux hommes alertés.

59.     Dis :

« La Désirance d’Allah,

paix à ses serviteurs, choisis par Lui.

Allah est meilleur

que ceux qu’ils lui associent. »

60.     Il a créé les ciels et la terre :

il fait descendre pour vous l’eau du ciel.

Nous faisons germer par elle

de splendides vergers :

ce n’est pas vous qui feriez

pousser des arbres !

Des Ilahs avec Allah ? Non !

C’est un peuple qui dévie !

61.     Il établit la terre ferme, il établit les fleuves,

Il établit les escarpements :

Il établit une frontière entre les Deux-Mers !

Des Ilahs avec Allah ? Non !

Pour la plupart, ils ne savent pas.

62.     Il soutient les accablés quand ils l’implorent,

il dissipe le mal

et fait de vous les califes de la terre.

Des Ilahs avec Allah ?

Peu se souviennent !

63.     Il nous guide dans les ténèbres

du continent et de la mer,

Il envoie les vents, annonciateurs,

entre ses mains, de ses bienfaits.

Des Ilahs avec Allah ?

Allah est sublime

au-dessus de ceux qu’ils lui associent.

64.     Il commence la création, puis la renouvelle,

et vous pourvoit des ciels et de la terre...

Des Ilahs avec Allah ?

Dis :

« Apportez vos preuves, si vous êtes sincères. »

65.     Dis :

« Dans les ciels et sur la terre,

nul ne connaît le mystère, sauf Allah.

Ils ne prévoient pas quand ils ressusciteront. »

66.     Mais non, leur science

de l’Autre monde est nulle ;

ils sont dans le doute, devant Lui,

ils sont, devant Lui, aveugles.

67.     Ceux qui effacent disent :

« Quand nous serons en poussière

avec nos pères, en serons-nous expulsés ? !

68.     Cela nous aurait été promis

jadis à nous et à nos pères,

mais ce ne sont là

que racontars de primitifs ! »

69.     Dis :

« Marchez sur la terre

et voyez la sanction des coupables !

70.     Ne t’afflige pas pour eux,

ne sois pas dans l’angoisse

pour ce qu’ils ourdissent. »

71.     Ils disent : « Pour quand

ce rendez-vous, si vous êtes sincères ? »

72.     Dis :

« Une partie de ce dont vous précipitez la venue

est peut-être déjà sur votre croupe ! »

73.     Et voici ton Rabb,

doté de grâces pour les humains,

mais, pour la plupart, ils ne le reconnaissent pas.

74.     Et voici, ton Rabb, il sait

ce que cache leur poitrine,

et ce qu’ils divulguent.

75.     Pas de mystère dans les ciels et sur la terre

qui ne soit noté dans l’Écrit distinct.

76.     Voici, cet Appel, al-Qur’ân,

expose aux Fils d’Isrâ’îl

ce en quoi ils divergent.

77.     Le voici pour guidance et matrice des adhérents.

78.     Ton Rabb tranchera entre eux par sa sagesse,

Lui, l’Intransigeant, le Savant.

79.     Abandonne-toi en Allah,

tu seras dans la vérité évidente.

80.     Te voici, tu ne feras pas entendre

l’imploration aux sourds

quand ils s’enfuient.

81.     Tu ne guideras pas les aveugles

hors de leur fourvoiement.

Tu ne feras entendre

que ceux qui adhèrent à nos Signes,

eux, les pacifiés, muslimûna.

Quart du Hizb Trente-neuf

82.     Quand le verbe d’Allah déferlera sur eux,

nous ferons sortir de terre

la Bête qui leur parlera.

Voici, les humains sont

incertains de nos Signes.

83.     Le Jour où nous réunirons, dans chaque patrie,

la foule de ceux qui niaient nos Signes,

ils seront divisés

84.     jusqu’à ce qu’ils reviennent à Lui.

Il dira : « Vous avez nié nos Signes,

vous ne les avez pas embrassés avec science.

Qu’étiez-vous donc à faire ? »

85.     Le verbe déferlera contre eux

parce qu’ils auront fraudé,

et ils se tairont.

86.     Ne le voient-ils pas ?

Nous mettons la nuit pour qu’ils se reposent

et le jour pour l’illumination.

Voici en cela un Signe

pour un peuple qui adhère !

87.     Le Jour où il sera soufflé du cor,

ils seront terrifiés,

ceux des ciels et de la terre,

excepté ceux qu’Allah agréera

Tous viendront à Lui en s’humiliant.

88.     Tu verras les montagnes que tu penses immobiles

tournoyer comme des nuages,

un fait d’Allah par qui tout existe.

Le voici, Il est informé de ce que vous faites.

89.     Qui viendra avec l’excellence

aura pour lui meilleur qu’elle :

loin de l’effroi de ce Jour,

ils seront dans l’Amen.

90.     Qui arrive avec le mal

sera, de face, précipité dans le Feu.

Vous ne serez salariés

que pour ce que vous avez fait.

91.     Il m’a été ordonné de servir le Rabb, lui seul.

Dans cette ville qu’il a interdite,

tout est à Lui.

Il m’est ordonné d’être parmi les pacifiés

92.     et de proclamer l’Appel, al-Qur’ân !

Qui est guidé, est guidé pour lui-même.

À qui se fourvoie, dis :

« Moi, je ne suis qu’un alerteur. »

93.     Et dis :

« La Désirance d’Allah !

Il vous fera voir ses Signes,

vous les reconnaîtrez.

Ton Rabb n’est pas inattentif

à ce que vous faites. »

SOURATE 28.

LE RÉCIT

AL-QASAS

Cette vingt-huitième sourate, la quarante-neuvième dans l’ordre chronologique traditionnel, a été proclamée à La Mecque, sauf le verset 85 qui le fut pendant l’hégire vers Médine, à Juhfa, et les versets 52 à 55 qui sont médinois. Son titre Al-Qasas, le Récit, vient du verset 29.

Ses quatre-vingt-huit versets sont consacrés à la jeunesse de Mûssa, à son mariage et à sa mission (3-70) ; le Récit se conclut par une célébration d’Allah, maître de la vie, de la mort et de la Résurrection (71-75) ; l’histoire de Qârûn-Coré, allusive aux ennemis du Nabi, permet de nouvelles exhortations à l’amen d’Allah, l’Unique.

Sourate 28.

LE RÉCIT

AL-QASAS

Au nom d’Allah,

le Matriciant, le Matriciel...

1.     T. S. M. ’. Sîn. Mîm.

2.     Voici un Signe de l’Écrit distinct.

3.     Nous proclamons sur toi

une partie de l’histoire

de Mûssa et de Pharaon,

avec vérité, pour le peuple qui adhère.

4.     Voici, Pharaon, souverain de sa terre,

avait réparti ses tentes en les séparant.

Il en affaiblit une partie,

en égorge les fils,

n’épargnant que leurs femmes.

Voilà, c’était un destructeur.

5.     Or nous voulions favoriser

ceux qu’il affaiblissait sur terre,

les prendre pour imams,

les prendre pour héritiers,

6.     les établir sur terre

et faire voir à Pharaon,

à Hamân et à leurs troupes,

ce pourquoi ils tremblaient d’eux.

7.     Nous révélons à la mère de Mûssa :

« Oui, allaite-le

et quand tu craindras pour lui,

jette-le sur la mer :

ne crains rien, ne t’afflige pas.

Nous te le rendrons :

il sera parmi les Envoyés.

8.     La tente de Pharaon le recueille

afin qu’il devienne

leur affligeant ennemi.

Voici, Pharaon, Hamân et leurs troupes

étaient des coupables. »

9.     La femme de Pharaon dit :

« Il est la fraîcheur

de mes yeux et des tiens !

Ne le tuez pas !

Peut-être nous profitera-t-il,

ou bien le prendrons-nous pour enfant ? »

Mais ils ne pressentent rien.

10.     La mère de Mûssa a un vide en ses entrailles.

Elle aurait risqué de se manifester,

si nous n’avions affermi son coeur,

pour qu’elle soit parmi les adhérents.

11.     Et elle dit à sa soeur : « Suis-le. »

Elle l’observe à l’écart,

mais ils ne pressentent rien.

Moitié du Hizb Trente-neuf

12.     Nous avions interdit pour Mûssa

le lait des nourrices.

La soeur dit :

« Vous indiquerais-je une maison ?

Cette tente s’en chargera pour vous :

ils s’attacheront à lui ? »

13.     Nous le rendrons à sa mère

pour rafraîchir ses yeux,

et qu’elle ne s’afflige plus :

sache que la promesse d’Allah est sincère.

Pourtant, la plupart ne le savent pas.

14.     Quand il atteint sa puberté,

en pleine force,

nous lui donnons sagesse et science.

Nous rétribuons ainsi les excellents.

15.     Il entre dans la ville pour un temps

à l’insu de ses tentes.

Il y trouve deux hommes qui s’entre-tuent,

celui-ci de sa faction, l’autre de ses ennemis.

Celui de sa faction appelle au secours,

contre son ennemi.

Mûssa le transperce et l’achève.

Il dit : « C’est l’oeuvre du Shaïtân :

le voici, c’est un ennemi,

un fourvoyeur évident ! »

16.     Il dit : « Mon Rabb,

je me suis moi-même lésé :

soit clément pour moi.

Il est clément pour lui.

Le voici, lui, le Clément, le Matriciel ».

17.     Mûssa dit : « Mon Rabb,

par ce dont tu me combles,

je ne serais jamais le soutien d’un criminel. »

18.     Il veille dans la ville, craintif, aux aguets,

quand celui qu’il avait secouru, la veille,

l’appelle à l’aide.

Mûssa lui dit : « Tu es un fieffé dévoyé. »

19.     Quand il veut frapper leur ennemi commun,

celui-ci dit : « Ô Mûssa,

veux-tu me tuer comme l’homme

que tu as tué hier ?

Veux-tu être un tyran sur terre ?

Ne veux-tu pas être un réformateur ? »

20.     Un homme vient de l’extrémité

de la ville, en courant.

Il dit : « Ô Mûssa !

Voici, le Conseil a ordonné de te tuer.

Fuis, me voici, je suis pour toi de bon conseil ! »

21.     Mûssa part de là, craintif, aux aguets.

Il dit : « Ô mon Rabb,

sauve-moi d’un peuple de criminels. »

22.     Quand il fait face à Madyan, il dit :

« Mon Rabb me guide peut-être

sur un sentier harmonieux. »

23.     Quand il descend à l’eau, en Madyan,

il y trouve un groupe d’hommes

qui abreuvent le bétail,

et il trouve aussi deux femmes à l’écart.

Il dit : « Que vous arrive-t-il ?

Elles disent : « Nous n’abreuvons

jamais notre troupeau

avant que les bergers ne se retirent :

notre père est très vieux. »

24.     Il l’abreuve pour toutes les deux,

puis il se retire à l’ombre, et dit :

« Mon Rabb, me voici,

veuille faire descendre vers moi

le bien que je souhaite. »

25.     L’une des deux vient vers lui,

marchant timidement.

Elle dit : « Voici, mon père t’appelle

pour te récompenser d’avoir abreuvé nos bêtes. »

Quand Mûssa vient vers lui

et le lui raconte, le père dit :

« Ne crains rien.

Tu seras sauvé d’un peuple frauduleux. »

26.     L’une des deux dit :

« Ô mon père, engage-le.

Voici, il est le meilleur

que tu pourrais engager, fort et sûr. »

27.     Le père dit : « Je voudrais

que tu te maries à l’une de mes deux filles,

à condition que tu sois mon salarié

durant huit pèlerinages.

Si tu complètes à dix ans,

ce sera de ton plein gré.

Je ne pèserai pas sur toi en cela.

Si Allah le veut, tu me trouveras

intègre avec toi. »

28.     Mûssa dit : « C’est conclu entre nous.

Quel que soit mon terme,

je ne le violerai pas.

Allah sera le garant

de ce que nous avons dit. »

Trois quarts du Hizb Trente-neuf

29.     Quand Mûssa achève son terme,

il repart avec ses tentes.

Il aperçoit du côté du Mont un feu.

Il dit à ses tentes :

« Restez. Me voici, j’aperçois un feu.

Peut-être vous en apporterai-je une information,

ou bien une braise de ce feu.

Peut-être vous en réchaufferez-vous. »

30.     Quand il parvient là, de l’arbre,

il est appelé,

du côté de l’Oued, à droite,

dans la Vallée bénie :

« Ô Mûssa, me voici, Moi,

Allah, le Rabb des univers.

31.     Jette ton bâton !

Quand il voit celui-ci s’agiter

comme un Djinn,

il tente de fuir, mais ne le peut :

« Ô Mûssa, vite, ne crains pas,

te voilà parmi les adhérents.

32.     Mets ta main sur ton sein,

elle en sortira toute blanche, sans mal.

Serre ton bras contre toi,

contre tout effroi.

Voilà une preuve de ton Rabb

pour Pharaon et son Conseil :

c’est un peuple de dévoyés. »

33.     Il dit : « Rabb,

j’ai tué un homme, parmi eux,

et je crains qu’ils ne me tuent.

34.     Mon frère Hârûn est plus habile de sa langue :

envoie-le avec moi pour m’aider :

il me réconfortera.

Je crains qu’ils ne me renient. »

35.     Il dit : « Nous fortifierons

ton bras par ton frère.

Nous mettrons, en vous deux, un pouvoir.

Ils ne vous toucheront pas.

Par nos Signes,

vous gagnerez, tous les deux

avec ceux qui vous suivront. »

36.     Quand Mûssa vient à eux

avec nos Signes évidents,

ils disent : « Qu’est-ce,

sinon une illusoire sorcellerie ?

Nous n’avions entendu

rien de tel de nos premiers pères. »

37.     Mûssa dit : « Mon Rabb sait qui vient,

avec la guidance près de lui,

et pour qui est la sanction de la Demeure :

les fraudeurs ne sont pas féconds. »

38.     Pharaon dit : « Ohé, le Conseil,

je ne vous connais pas d’Ilah, sauf moi.

Brûle pour moi des briques, ô Hamân,

et fais-moi une tour où je monterai,

peut-être chez l’Allah de Mûssa.

Mais, en moi-même, je suppose qu’il ment ! »

39.     Pharaon et ses troupes s’enorgueillissent,

sur terre, mais sans raison :

ils imaginaient que, vers Nous,

ils ne reviendraient jamais !

40.     Nous les saisissons, lui et ses troupes,

et Nous les engloutissons dans la mer.

Vois quel est le châtiment des fraudeurs !

41.     Nous faisons d’eux des guides

qui conduisent au Feu :

le Jour du Relèvement,

ils ne seront pas secourus.

42.     Dans ce monde, l’exécration les poursuit :

le Jour du Relèvement,

ils seront abhorrés.

43.     Après avoir exterminé les premiers,

nous avons donné à Mûssa un Écrit,

l’Appel, al-Qur’ân,

pour éclairer les humains,

guidance et matrice.

Peut-être se souviendront-ils ?

44.     Tu n’étais pas du côté occidental

quand nous avons dicté l’ordre à Mûssa,

tu n’étais pas l’un des témoins.

45.     Cependant, nous avons suscité

des générations dont la vie s’est prolongée.

Tu ne séjournais pas aux tentes de Madyan

pour leur communiquer nos Signes,

mais cependant nous les leur avions envoyés.

46.     Tu n’étais pas sur le flanc du Mont

quand nous avons interpellé Mûssa.

Cependant, c’était une grâce de ton Rabb

d’alerter un peuple auquel

aucun alerteur n’était venu avant toi.

Peut-être se souviendront-ils ?

47.     Pourtant, quand un malheur les frappe

en ce que leurs mains présentent, ils disent :

« Notre Rabb,

pourquoi ne nous as-tu pas donné d’envoyé ?

Nous suivrions tes Signes

et serions parmi les adhérents. »

48.     Mais quand, de chez Nous,

la vérité leur parvient, ils disent :

« Pourquoi n’a-t-il pas reçu ce qu’avait Mûssa ? »

Mais jadis n’ont-ils pas effacé ce qu’avait Mûssa ?

Ils disaient : « Ces deux

sont des sorciers, des complices ! »

Ils disaient : « Nous n’en croyons rien ! »

49.     Dis : « Donnez un Écrit de chez Allah,

qui guidera mieux que ces deux-là.

Je le suivrai, si vous êtes sincères. »

50.     S’ils ne te répondent pas,

sache qu’ils suivent leurs passions.

Mais qui est plus fourvoyé

que l’esclave de ses passions

sans guidance d’Allah ?

Voici, Allah ne guide pas

le peuple des fraudeurs.

Hizb Quarante

51.     Nous lui avons transmis le verbe.

Peut-être s’en souviendront-ils ?

52.     Ceux à qui nous avions donné jadis l’Écrit,

y adhèrent.

53.     Quand il leur est communiqué, ils disent :

« Nous y adhérons, c’est la vérité de notre Rabb !

Nous étions, bien avant, des pacifiés, muslimûna.

54.     Les voilà, ils recevront leur salaire deux fois,

parce qu’ils auront persévéré,

et répondu au mal par le bien,

distribuant ce dont nous les avons pourvus.

55.     Quand ils entendent des railleries,

ils s’en écartent

et disent : « À nous nos oeuvres,

à vous vos oeuvres !

Paix sur vous !

Nous n’agréons pas les ignares.

56.     Te voilà, tu ne guides pas celui que tu aimes,

mais Allah guide qui Il veut.

Il connaît les guidés. »

57.     Ils disent : « Si nous suivions avec toi la guidance

nous serions expulsé de notre terre ! »

N’avons-nous pas établi pour eux

un Lieu interdit dans l’amen,

qui attire des fruits de toutes sortes,

une provende de Notre part ?

Cependant, pour la plupart, ils ne savent pas.

58.     Nous avons exterminé de nombreuses cités,

à la vie excessive.

Leurs habitations sont maintenant inhabitées ou presque.

Nous sommes leurs héritiers.

59.     Ton Rabb n’exterminera pas une cité

avant d’avoir suscité pour elle un envoyé

afin de lui communiquer nos Signes.

Nous n’exterminons pas une cité,

si ses tentes ne fraudent pas.

60.     Ce qui vous est donné,

c’est de jouir de la vie,

de ce monde et de sa beauté.

Mais ce qui est de chez Allah

est meilleur et plus durable.

Ne discernerez-vous pas ?

61.     Celui à qui nous promettons

une excellence qui s’accomplit

est-il comme celui

à qui nous donnons jouissance

de la vie de ce monde ?

Au Jour du Relèvement,

qui sera présent ?

62.     Le Jour de leur Appel, Allah dira :

« Où sont mes associés,

ceux que vous invoquiez ? »

63.     Ceux contre qui le verbe se vérifie diront :

« Notre Rabb, ceux que nous avons abusés,

nous les avons abusés parce que nous étions abusés.

Nous sommes innocents devant toi

du fait qu’ils nous servaient ! »

64.     Il sera dit : « Implorez vos associés. »

Ils les imploreront,

mais ils ne leur répondront pas.

Ils verront le supplice.

Ah, s’ils étaient guidés !

65.     Le Jour où Il les appellera, Il dira :

« Qu’avez-vous répondu aux envoyés ? »

66.     Ce Jour-là, les inspirés seront aveuglés pour eux.

Ils ne les questionneront plus.

67.     Celui qui fait Retour, adhère, intègre,

sera peut-être parmi les féconds.

68.     Ton Rabb crée ce qu’il veut :

il choisit ce qui est le meilleur.

Louange à Allah,

souverain au-dessus de ce qu’ils lui associent.

69.     Ton Rabb sait ce que recèlent leurs poitrines,

et ce qu’ils divulguent.

70.     Lui, Allah, pas d’Ilah sauf Lui.

À lui, la Désirance,

en la première vie et dans l’Autre

À Lui le jugement !

À Lui, vous reviendrez !

71.     Dis :

« Voyez-vous, si Allah vous mettait

dans une nuit permanente

jusqu’au Jour du Relèvement,

quel Ilah sauf Allah

vous donnerait-il la lumière ?

N’entendrez-vous pas ? »

72.     Dis :

« Voyez-vous, si Allah vous mettait dans un Jour permanent

jusqu’au Jour du Relèvement,

quel Ilah sauf Allah

vous donnerait-il la nuit pour vous reposer ?

Ne voyez-vous pas ? »

73.     Par sa grâce, il met sur vous la nuit et le jour

pour que vous vous reposiez

ou que vous cherchiez ses bienfaits.

Ne le reconnaîtriez-vous pas ?

74.     Ce Jour, il les appellera et dira :

« Où sont mes associés,

ceux que vous invoquiez ?

75.     Nous susciterons un témoin en chaque peuple

et nous dirons : « Apportez vos preuves. »

Ils sauront que la vérité est à Allah :

ce qu’ils inventent s’écartera d’eux.

Quart du Hizb Quarante

76.     Voici, Qârûn, du peuple de Mûssa,

mais il déviait contre lui :

nous lui avions donné tant de trésors

qu’une forte troupe en détenait ses clés.

77.     Poursuis en ce qu’Allah t’a donné,

la demeure, l’Autre,

mais n’oublie pas ta part de ce monde.

Excelle comme Allah excelle pour toi.

Ne veuille pas la corruption, sur terre :

voici, Allah n’aime pas les corrompus.

78.     Qârûn dit : « Ce que j’ai,

est le fruit de ma science ! »

Ne sait-il pas qu’Allah a exterminé

avant lui des générations plus puissantes que lui

en force et plus nombreuses ?

Mais les coupables ne seront pas interrogés

sur leurs crimes !

79.     Il sort, dans ses fastes, contre son peuple.

Ceux qui voulaient la vie de ce monde disent :

« Ah ! Si nous avions reçu ce qui a été donné à Qârûn !

Il possède une fortune grandiose. »

80.     Ceux à qui la science est donnée disent :

« Aïe, le Retour d’Allah est meilleur

pour qui adhère et est intègre,

mais ne le rencontrent que ceux qui persévèrent. »

81.     Nous l’avons fait engloutir par la terre,

lui et sa demeure.

Pour lui, aucun parti ne pouvait l’aider,

contre Allah,

il était sans aucune aide.

82.     Au matin, ceux qui, la veille,

jalousaient sa place disent :

« Allah dispense sa provende

à celui qu’il veut de ses serviteurs. »

Si Allah ne nous favorisait pas,

il nous aurait engloutis.

Les effaceurs ne seront pas féconds !

83.     Nous remettons l’Autre demeure

à ceux qui, sur la terre,

fuient toute superbe, toute corruption.

Aux frémissants, la rétribution !

84.     Qui vient avec l’excellence,

a pour lui le meilleur.

Mais qui vient avec le mal...

Ceux qui mal agissent

seront salariés pour ce qu’ils faisaient.

85.     Celui qui sculpte pour toi

l’Appel, al-Qur’ân,

te ramènera au rendez-vous.

Dis :

« Mon Rabb connaît celui

qui vient avec la guidance,

ou qui est dans un fourvoiement distinct. »

86.     Tu n’espérais pas recevoir l’Écrit rencontré par toi,

sinon par grâce de ton Rabb.

Ne sois pas le soutien

des effaceurs d’Allah.

87.     Qu’ils ne te détournent pas des Signes d’Allah,

une fois descendus vers toi.

Implore ton Rabb :

ne sois pas parmi les associateurs !

88.     Avec Allah, n’implore aucun autre Ilah.

Pas d’Ilah sauf Lui.

Tout périt, sauf sa Face.

À Lui le jugement :

vous reviendrez vers Lui.