|  La Bible et Le Coran D'André Chouraqui

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Sourate 19 et 20

SOURATE 19.

MARIE

MARYAM

Cette sourate de quatre-vingt-dix-huit versets, la quarante-quatrième dans lordre chronologique, doit son titre au verset 16, où est évoquée Maryam-Marie. Lislam vénère la mère de Jésus-Issa à légal de trois femmes elles aussi privilégiées à ses yeux : Asiya, lépouse du Pharaon qui éleva Moïse-Mûssa-Moshè ; Khadidjat, la première femme du Prophète, et Fâtimat, sa fille. Zakarîyâ espère un enfant, quil reçoit providentiellement dAllah (versets 1 à 15). La deuxième partie de la sourate traite de lannonce faite à Maryam et de la mission de Issa (versets 16 à 40). La fin de la sourate revient longuement sur lhistoire dIbrâhim (versets 41 à 98).

Sourate 19.

MARIE

MARYAM

Au nom dAllah,

le Matriciant, le Matriciel...

1.     K. H. Y. , S. Kâf. . Aïn. Sâd.

2.     Mémoire des matrices de ton Rabb

envers son serviteur Zakarîyâ,

3.     quand il implore son Rabb

en implorations secrètes.

4.     Il dit : « Mon Rabb, me voici,

mes os faiblissent,

et ma tête séclaire de canitie.

Je ne suis jamais malheureux

en timplorant, mon Rabb.

5.     Me voici, je crains

pour mes proches, après moi.

Ma femme est stérile :

donne-moi, de ta part, un descendant.

6.     Il héritera de moi et des tentes de Yaqûb

Ô mon Rabb, fais quil soit agréable.

7.     ­ Ô Zakarîyâ, voici,

nous tannonçons un garçon :

son nom sera Yahyâ.

Nous navions auparavant,

jamais donné ce nom. »

8.     Il dit : « Rabb, comment ce garçon

pourrait-il naître de moi ?

Ma femme est stérile,

et je suis déjà parvenu

à la décrépitude de lâge. »

9.     Il dit : « Il en sera ainsi :

Ton Rabb a dit :

 Cela est facile :

je tai déjà créé de rien.  »

10.     Il dit : « Fais pour moi un Signe. »

Il dit : « Ton Signe ?

Tu ne parleras pas aux humains

pendant trois nuits entières. »

11.     Il sort du Sanctuaire vers son peuple

et leur révèle : « Oui, louangez-le matin et soir ! »

12.     « Ô Yahyâ, détiens lÉcrit avec force. »

Nous lui donnons la Sagesse,

13.     la grâce, la pureté de notre part : il en frémit,

14.     candide envers ses parents,

sans être violent ni rebelle.

15.     Paix à lui du jour où il est né,

au jour où il mourra,

et au jour où il ressuscitera, vivant.

16.     Commémore Maryam dans lÉcrit,

quand elle se retire dans sa tente,

en lieu dOrient.

17.     Elle prend, à lécart deux, un voile.

Nous lui envoyons un souffle.

Celui-ci devient un être charnel accompli, harmonieux.

18.     Elle dit : « Je me réfugie dans le Matriciant,

contre toi, si tu frémis. »

19.     Il dit : « Je ne suis que lEnvoyé de ton Rabb

venu toffrir un garçon, un pur. »

20.     Elle dit : « Comment un garçon naîtrait-il de moi ?

Jamais être charnel ne ma touchée,

et je ne suis pas impudique. »

21.     Il dit : « Cest ainsi. »

Ton Rabb dit : « Cest pour moi facile.

Nous en faisons un Signe, pour moi

et pour les humains, par grâce de Nous.

Lordre en est donné. »

Moitié du Hizb Trente et un

22.     Elle le conçoit et se retire

avec lui en un lieu éloigné.

23.     Viennent à elle les douleurs,

près du tronc dun palmier.

Elle dit : « Qui me donnerait

de mourir avant sa naissance ?

Je suis oubliée, éteinte ! »

24.     Sous elle, il lappelle : « Ne tafflige pas.

Ton Rabb a mis déjà un ruisseau à tes pieds.

25.     Secoue le tronc du palmier :

des dattes tomberont pour toi,

fraîches et mûres.

26.     Mange et bois, rafraîchis tes yeux !

Quand tu verras un être charnel, dis :

« Me voici, je voue un jeûne au Matriciant,

je ne parlerai plus à personne aujourdhui. »

27.     Elle vient avec Issa,

devant son peuple en le portant.

Ils disent : « Ô Maryam,

tu viens avec une affaire surprenante.

28.     Ô soeur de Hârûn,

ton père nétait pas un homme vicieux

ni ta mère une impudique ! »

29.     Elle lui fait un signe. Ils disent :

« Comment parlerions-nous à un bébé au berceau ! »

30.     Issa dit alors : « Me voici,

je suis un serviteur dAllah !

Il ma donné lÉcrit :

Il fait de moi un inspiré !

31.     Il ma béni, où que je sois, menjoignant

la prière et la dîme à longueur de vie,

32.     candide pour ma mère,

sans jamais être violent ni rebelle.

33.     Paix au jour où je suis né,

au jour où je mourrai,

au jour où je ressusciterai, vivant ! »

34.     Voilà Issa fils de Maryam,

le verbe de vérité dont ils doutent.

35.     Ce nest pas à Allah de prendre un enfant :

louangez-le !

Quand Il donne un ordre,

Il dit : « Sois ! », et cest.

36.     Allah est mon Rabb et votre Rabb, servez-le !

Tel est le chemin ascendant.

37.     Mais les partis sopposent entre eux.

Aïe, pour ceux qui effacent,

au Jour grandiose du témoignage.

38.     Fais-leur entendre et contempler

le Jour où ils nous seront ramenés.

Les fraudeurs, aujourdhui,

sont dans un fourvoiement évident.

39.     Avertis-les du Jour du soupir,

quand lordre sera donné :

ceux qui nadhèrent pas à Allah seront inattentifs.

40.     Nous voici, nous héritons de la terre

avec ceux qui sy trouvent :

ils reviendront vers nous.

41.     Dans lÉcrit, commémore Ibrâhim,

un juste, un Nabi.

42.     Quand il dit à son père : « Ô mon père,

pourquoi sers-tu ce qui nentend pas,

qui ne voit pas et ne test utile en rien ?

43.     Ô mon père,

me voici : un savoir

que tu navais pas mest parvenu.

Suis-moi, je te guiderai

sur un chemin harmonieux.

44.     Ô mon père,

ne sers pas le Shaïtân.

Voici, le Shaïtân sest rebellé,

contre le Matriciant.

45.     Ô mon père,

me voici, jai peur que ne te saisisse

le supplice du Matriciant

et que tu ne deviennes un suppôt du Shaïtân. »

46.     Il dit : « Haïras-tu mes Ilahs, ô Ibrâhim.

Cesse ou je te lapide !

Exile-toi loin de moi pour un temps. »

47.     Il dit : « Paix à toi.

Je demande pour toi le pardon de mon Rabb.

Le voici, il est généreux avec moi.

48.     Je méloigne de vous

et de ceux que vous implorez,

sauf Allah : moi, jinvoque mon Rabb.

Peut-être ne serais-je plus un rebelle

en invoquant mon Rabb. »

49.     Quand il sisole deux et de ce quils servent,

sauf Allah, nous lui donnons Ishâq et Yaqûb

Nous en faisons tous des nabis.

50.     Nous leur donnons de nos grâces

et une langue de sublime vérité.

51.     Invoque Mûssa dans lÉcrit,

Le voici, candide, cest un Envoyé, un Nabi.

52.     Nous lappelons sur le flanc du Mont, à droite,

nous lapprochons en parent.

53.     Nous lui donnons, en nos grâces,

son frère Hârûn, le Nabi.

54.     Invoque Ismâîl dans lÉcrit.

Le voici, véridique en sa promesse,

cest un Envoyé, un Nabi.

55.     Il ordonne, à ses tentes la prière et la dîme,

il est agréé par son Rabb.

56.     Invoque Idrîs dans lÉcrit,

cest un juste, un Nabi.

57.     Nous lavons élevé en un lieu sublime.

58.     Tels sont ceux quAllah ravit

parmi les Nabis de la postérité dAdam,

ceux que nous avons transportés avec Nûh,

la postérité dIbrâhim, dIsrâîl

et ceux que nous avons guidés et choisis.

Quand les Signes du Matriciel leur sont donnés,

ils tombent, se prosternent et pleurent.

(Prosternation)

Trois quarts du Hizb Trente et un

59.     Après eux, leurs successeurs

perdent la prière pour suivre leurs passions :

ils senferment dans une impasse,

60.     exceptés ceux qui retournent et sont intègres.

Ceux-là entrent au Jardin :

ils ne seront pas lésés,

61.     jardins dÉden, que le Matriciant

promet à ses serviteurs dans le mystère.

Le voici, sa promesse se réalise.

62.     Ils ny entendent pas de futilités, mais « Paix ! Salâm ! »

ils y reçoivent leur nourriture, matin et soir.

63.     Voilà le Jardin dont nous ferons hériter

nos serviteurs, ceux qui frémissent.

64.     Nous ne descendons que sur lordre de ton Rabb :

à lui ce qui est entre nos mains,

ce qui est derrière nous et ce qui est entre.

Ton Rabb nest pas oublieux.

65.     Sers le Rabb des ciels, de la terre

et de ce qui est entre les deux,

sers-le, persévère à son service.

Lui connais-tu un homonyme ?

66.     Lhomme dit : « Une fois mort,

ressusciterais-je, vivant ? »

67.     Lhomme ne se rappelle-t-il pas

que nous lavons créé de rien ?

68.     Par ton Rabb, nous les rassemblerons avec le Shaïtân,

pour les présenter, agenouillés, dans la Géhenne.

69.     Dans chaque groupe, nous séparerons

les plus arrogants contre le Matriciant.

70.     Nous connaissons ceux qui méritent de rôtir là.

71.     Nul parmi vous ne le voulait,

mais tel est larrêt de ton Rabb.

72.     Nous sauverons ceux qui frémissent

et laisserons les fraudeurs à genoux.

73.     Quand nos Signes leur sont communiqués,

donnés par nous avec des preuves,

ceux qui effacent disent à ceux qui adhèrent à Allah :

« Lequel de nos deux groupes

jouit-il dun meilleur lieu

et dune meilleure compagnie ?

74.     Avant eux, nous avons anéanti

de nombreuses générations

plus riches, plus belles. »

75.     Dis :

« Qui est dans le fourvoiement ? »

Le Matriciant ly prolongera

jusquà ce quil voie ce qui lui est promis,

le supplice ou lheure.

Ils connaîtront alors qui se situe dans le mal

et qui a les troupes les plus faibles.

76.     Allah ajoute la guidance à ceux qui sont guidés,

les stables, les intègres.

Meilleur est le Retour chez ton Rabb,

et meilleure la sanction.

77.     Vois-tu ceux qui effacent nos Signes ?

Ils disent : « Il me sera donné

des biens et des enfants. »

78.     A-t-il pénétré le mystère

ou fait un pacte avec le Matriciant ?

79.     Nous écrivons ce quil dit,

et prolongeons son supplice.

80.     Nous lui donnerons en héritage ce quil a dit,

et il nous reviendra, solitaire.

81.     Ils ont pris des Ilahs, en dehors dAllah,

pour devenir plus puissants.

82.     Non ! Ils renieront leurs services

et deviendront pour eux des ennemis.

83.     Ne vois-tu pas que nous avons envoyé des Shaïtâns,

contre les effaceurs dAllah pour les exciter ?

84.     Ne sois pas pressé pour eux :

voici, nous leur avons fixé un rendez-vous,

85.     le jour où nous rassemblerons les frémissants

en cortège, auprès du Matriciant

86.     et où nous pousserons les coupables

vers la Géhenne, en troupeau harassé.

87.     Nul ne mérite lintercession,

sil na pas fait un pacte avec le Matriciant.

88.     Ils disent : « Le Matriciant a pris un fils ! »

89.     Vous avancez une abomination :

90.     que les ciels se fendent,

sentrouvre la terre,

tombent en poussière les montagnes !

91.     Attribuer au Matriciant un fils !

92.     Ce nest pas au Matriciant de prendre un fils !

93.     Tous ceux des ciels et de la terre

sont auprès du Matriciant des serviteurs.

94.     Ainsi les dénombre-t-il, les compte-t-il.

95.     Tous viendront à Lui,

le jour du Relèvement, en solitaires.

96.     Le Matriciant met son chérissement

sur ceux qui adhèrent, intègres.

97.     Nous te le disons dans ta langue

pour lannoncer aux frémissants :

avertis le peuple hostile !

98.     Nous avons anéanti

de nombreuses générations avant eux.

Ressens-tu une seule dentre elles ?

Ou bien, delles, entends-tu le murmure ?

SOURATE 20.

T. H.

TÂ’ .

Cette vingtième sourate, la quarante-quatrième dans l’ordre chronologique traditionnel, suit la sourate de Maryam-Marie. Ses cent trente-cinq versets, après un préambule, constituent une méditation sur la vocation et la mission de Mûssa-Moïse. Elle semble avoir été proclamée à La Mecque, antérieurement à 616, à l’exception des versets 130 et 131, d’inspiration médinoise.

Le texte revient sur le miracle de la révélation divine, source de salut, don des matrices d’Allah (1-8), sur l’élection de Mûssa envoyé en mission auprès de Pharaon avec son frère Aaron (9-36), sur le miracle de Mûssa sauvé des eaux pour être élevé à la cour de Pharaon, auquel il annonce la gloire d’Allah (37-76), et comment Mûssa prend la tête de son peuple pour l’arracher à l’esclavage, malgré l’obstacle du mauvais Samaritain (77-104). Mais tout aboutit au Jugement dernier et, pour les justes, à la béatitude du Paradis (105-135).

Sourate 20.

T. H.

TÂ’ .

Au nom d’Allah,

le Matriciant, le Matriciel...

Hizb Trente-deux

1.     T. H. TÂ’ . HÂ’.

2.     Nous n’avons pas fait descendre

sur toi l’Appel, al-Qur’ân,

pour t’épuiser,

3.     mais pour que celui qui s’effraie,

implore Allah,

4.     Descente de celui qui crée

la terre et les ciels, le Sublime,

5.     le Matriciant sur son Trône établi.

6.     À lui le tout des ciels et de la terre,

avec, entre les deux,

tout ce qui est sous la glèbe.

7.     Si tu profères une parole, oui, le voilà...

Il connaît les secrets et ce qui est caché.

8.     Allah, pas d’Ilah sauf Lui :

à lui les Noms de l’excellence.

9.     La geste de Mûssa t’est-elle parvenue ?

10.     Quand il voit un feu, il dit à ses tentes :

« Restez ! Je distingue un feu !

Peut-être vous en donnerai-je un tison,

ou trouverai-je, en ce feu, la guidance. »

11.     Quand il arrive, il lui est crié : « Ô Mûssa !

12.     Me voici, je suis ton Rabb,

ôte tes sandales,

tu es dans l’Oued sacré de Tuwa.

13.     Moi, je t’ai choisi :

entends ce que je te révèle.

14.     Me voici, je suis Allah,

pas d’Allah sauf Moi :

sers-moi, élève la prière en mémoire de Moi !

15.     Voici, l’Heure arrive, je peux la cacher

afin de rétribuer tout être comme il le mérite.

16.     Celui qui n’adhère pas à Lui et suit ses passions

ne te détourne pas de Lui,

sinon tu périrais.

17.     Qu’as-tu dans ta droite, ô Mûssa ? »

18.     Il dit : « C’est mon bâton, je m’appuie sur lui,

j’effeuille, avec, les arbres pour mes troupeaux,

et j’en ai d’autres usages. »

19.     Il dit : « Jette-le, ô Mûssa ! »

20.     Il le jette, et voilà,

c’est un serpent qui remue.

21.     Il dit : « Saisis-le, n’aie pas peur,

nous le ramènerons à son état premier.

22.     Serre ta main sur ton flanc.

Elle sortira blanche,

sans aucun mal : c’est un autre Signe,

23.     pour t’annoncer nos Signes, les grands.

24.     Précipite-toi chez Pharaon :

le voici, c’est un tyran. »

25.     Il dit : « Rabb, enfle ma poitrine,

26.     facilite-moi ma mission,

27.     délie le noeud de ma langue,

28.     et qu’ils comprennent mes dires,

29.     donne moi un vizir issu de mes tentes.

30.     Hârûn, mon frère,

31.     ceins mes reins par lui,

32.     associe-le à ma mission.

33.     Ainsi nous te louangerons fort,

34.     nous te commémorerons fort :

35.     te voici avec nous, tu es clairvoyant. »

36.     Il dit : « Ta demande est exaucée, ô Mûssa,

37.     mais nous t’avions favorisé une première fois

38.     quand nous avions révélé à ta mère

ce qui lui fut révélé :

39.     ‹ Oui, pose-le dans une caisse,

et pose-la sur la mer,

la mer le posera sur la rive.

Mon ennemi ­ son ennemi ! ­ s’en saisira.

J’ai répandu sur toi un amour de moi,

pour que tu sois élevé sous mes yeux. ›

40.     Ta soeur passe et dit :

‹ Vous indiquerai-je qui pourra se charger de lui ? ›

Et nous l’avons ramené à ta mère

pour rafraîchir ses yeux et ne plus l’affliger.

Tu as tué un homme,

mais nous t’avons sauvé du châtiment,

te soumettant à des épreuves.

Tu es demeuré des années aux tentes de Madiân,

puis tu es revenu ici, par décret, ô Mûssa.

41.     Je t’ai réservé pour moi-même.

42.     Précipite-toi, avec ton frère, avec mes Signes.

Ne négligez pas ma Mémoire.

43.     Précipitez-vous chez Pharaon,

le voici, c’est un tyran.

44.     Dites-lui des paroles affables :

peut-être implorera-t-il ou tremblera-t-il ?

45.     Ils disent : « Notre Rabb, nous voici, nous craignons

qu’il ne s’irrite contre nous et ne nous tyrannise. »

46.     Il dit : « Ne craignez rien :

je suis avec vous, j’entends et vois. »

47.     Allez à lui, dites-lui :

« Nous voici, nous, les envoyés de ton Rabb,

renvoie avec nous les Fils d’Isrâ’îl,

ne les laisse pas à leur supplice.

Nous venons à toi avec les Signes de ton Rabb.

Paix à qui suit la guidance !

48.     Nous voici, il nous est révélé

qu’un supplice saisira qui le nie

et se détourne de Lui. »

49.     Il dit : « Qui est votre Rabb, ô Mûssa ? »

50.     Il dit : « Notre Rabb est Celui qui donne à tout

sa forme, et le guide. »

51.     Il dit : « Qu’en était-il des générations précédentes ? »

52.     Il dit : « Ce Savoir se trouve

chez mon Rabb, dans l’Écrit.

Mon Rabb ne s’égare ni n’oublie »

53.     Il est Celui qui vous donne

la terre pour berceau

qui y trace des sentiers

et fait descendre l’eau du ciel :

nous en faisons sortir,

par couples, des plantes variées.

54.     Mangez et pâturez vos troupeaux :

voici en cela des Signes

pour qui est doué de réflexion.

Quart du Hizb Trente-deux

55.     De la terre nous vous créons,

nous vous destinons à elle,

et d’elle encore nous vous ressusciterons.

56.     Ainsi nous lui faisons voir nos Signes, tous,

mais il nie et refuse.

57.     Il dit : « Viens-tu à nous pour nous expulser

de notre pays par tes sorcelleries, ô Mûssa ?

58.     Mais nous t’opposerons des sorcelleries semblables.

Fixe-nous un rendez-vous :

nous ne le manquerons pas, au lieu fixé. »

59.     Mûssa dit : « Votre rendez-vous sera le Jour de Beauté,

quand les humains se réuniront dans la lumière. »

60.     Pharaon se retire,

il rassemble ses ruses, puis revient.

61.     Mûssa leur dit :

« Aïe, n’inventez pas des mensonges contre Allah,

sinon il vous détruira au supplice.

Celui qui invente un mensonge est déjà perdu. »

62.     Ils se concertent pour leur mission,

mais tiennent secrète leur délibération.

63.     Ils disent : « Oui, ces deux-là sont des sorciers,

ils veulent vous expulser

de votre terre par leurs sorcelleries

et s’enfuir avec vos voies exemplaires.

64.     Rassemblez vos ruses, puis venez en procession :

celui qui l’emportera aura gagné ce jour. »

65.     Ils disent : « Ô Mûssa, jette ton bâton,

sinon nous serons les premiers à le jeter. »

66.     Il dit : « Non, jetez-le ! »

Alors, leurs cordes et leurs bâtons

semblent se mouvoir contre lui,

par leurs sorcelleries.

67.     Mûssa a peur.

68.     Nous disons : « Sois sans peur : tu gagneras !

69.     Jette ce qui est en ta droite,

tu happeras ce qu’ils ont fabriqué.

Voici, ce qu’ils ont fabriqué

est une ruse de sorciers,

mais le sorcier n’est pas fécond,

quoiqu’il advienne ! »

70.     Les sorciers tombent en prosternations.

Ils disent : « Nous adhérons au Rabb d’Hârûn et de Mûssa. »

71.     Pharaon dit : « Vous aviez adhéré à Lui

avant que je ne vous y autorise.

Mûssa, qui vous a appris la sorcellerie,

vous a enorgueillis.

Je vous trancherai la main droite et le pied gauche,

et vous crucifierai sur des troncs de palmiers.

Vous connaîtrez le supplice

le plus inexorable, le plus durable. »

72.     Ils disent :

« Après les preuves qui nous sont parvenues,

nous ne te préférons pas

à Celui qui nous a créés.

Tranche ce que tu voudras :

ce que tu trancheras

n’est que la vie de ce monde.

73.     Nous, nous adhérons à notre Rabb

pour absoudre nos fautes,

et les sorcelleries que tu nous as imposées :

Allah est meilleur, plus durable. »

74.     Qui arrive chez son Rabb en coupable

a pour lui la Géhenne, là où il ne meurt ni ne vit.

75.     Mais qui arrive à lui en adhérent intègre,

à celui-là les Degrés sublimes,

76.     les jardins d’Éden sous lesquels courent des fleuves,

là, en permanence,

voilà la rétribution des purs.

77.     Nous l’avons révélé à Mûssa :

« Oui, pars la nuit avec mes serviteurs,

fraie pour eux une route dans la mer, à sec,

N’aie pas peur d’une poursuite : sois sans crainte. »

78.     Pharaon et son armée les poursuivent,

mais ils sont engloutis dans la mer,

les eaux les engloutissent !

79.     Pharaon égare son peuple, au lieu de le guider.

80.     Ô Fils d’Isrâ’îl,

nous vous avons ramenés de chez vos ennemis,

nous nous sommes alliés à vous,

sur le flanc du Mont, à droite,

nous avons fait descendre sur vous

la manne et les cailles.

81.     Mangez des bontés dont nous vous pourvoyons,

mais sans excès, sinon ma fureur déferlera sur vous :

celui sur qui la fureur déferle est déjà abattu.

82.     Me voici à pardonner qui fait retour

et adhère, intègre, étant guidé.

Moitié du Hizb Trente-deux

83.     Qui te fait te hâter vers ton peuple, ô Mûssa ? »

84.     Il dit : « Eux-mêmes ! Ils suivent mes traces.

Je me hâte vers toi, mon Rabb, pour te plaire. »

85.     Il dit : « Nous avons déjà testé ton peuple après toi :

le Samaritain les a fourvoyés. »

86.     Mûssa revient vers son peuple, furieux, désolé.

Il dit : « Ô mon peuple,

votre Rabb ne vous a-t-il pas

fait une promesse excellente !

Le pacte est-il trop contraignant pour vous ?

Ou bien voulez-vous que le courroux de votre Rabb

surgisse contre vous qui avez violé votre promesse ? »

87.     Ils disent : « Nous n’avons pas

violé ta promesse volontairement :

nous avons seulement emporté des bijoux,

ceux du peuple, et nous les avons jetés.

Un Samaritain les a lancés au feu,

88.     et il en a sorti, pour eux, un Veau mugissant. »

Ils ont dit : « Voilà votre Ilah et l’Ilah de Mûssa :

celui-ci l’avait oublié ! »

89.     Ne le voyaient-ils pas ?

Le Veau ne leur répondait par aucun son :

il ne pouvait rien faire pour eux, en mal ou en bien.

90.     Ainsi Hârûn leur avait dit :

« Ô mon peuple,

voici, vous avez été tentés,

mais votre Rabb est matriciant :

suivez-moi, obéissez à mes ordres. »

91.     Ils disent : « Nous n’abandonnerons pas le Veau

et lui resterons attachés jusqu’à ce que Mûssa revienne. »

92.     Mûssa dit : « Ô Hârûn, qui t’a inhibé,

quand tu les as vus se fourvoyer à ne pas me suivre ?

93.     Désobéirais-tu à mes ordres ? »

94.     Il dit : « Ô fils de ma mère,

ne me prends pas par ma barbe ni par ma tête !

Je craignais que tu ne dises :

‹ Tu as divisé les Fils d’Isrâ’îl,

tu n’as pas obéis à mes paroles. › »

95.     Mûssa dit : « Quelle est ta défense, ô Samaritain ? »

96.     Le Samaritain dit : « J’ai vu ce qu’ils ne voyaient pas,

et j’ai empoigné de la poussière

laissée par l’Envoyé : je l’ai lancée,

comme mon être me le suggérait ! »

97.     Il dit : « Fuis ! Voici, c’est à toi, en cette vie, de dire :

‹ Pas de contact. ›

Voici, tu ne changeras pas ton rendez-vous.

Regarde ton Ilah, attaché devant lui, assidu.

Nous le brûlerons et ensuite

nous disperserons ses cendres dans la mer. »

98.     Mais voici votre Ilah, Allah,

pas d’Ilah, sauf Lui :

il embrasse tout en sa science.

99.     Ainsi nous proclamons pour toi

les histoires du passé

et déjà, de notre part, nous t’en donnons mémoire.

100.     Qui s’en détourne portera son faix

le Jour du Relèvement,

101.     là, en permanence, il sera pour eux un fardeau vicieux,

le Jour du Relèvement,

102.     Jour où il sera sonné du cor,

où nous rassemblerons les coupables,

ce jour-là, blêmes,

103.     chuchotant entre eux :

« Nous ne sommes restés là que dix nuits ! »

104.     Nous savons mieux ce qu’ils diront

quand leurs parangons sur la route diront :

« Voici, nous ne sommes restés là qu’un seul jour. »

105.     Ils t’interrogeront sur les montagnes.

Dis :

« Mon Rabb les réduira en cendres.

106.     Il en fera un plan arasé,

107.     où tu ne verras ni escarpements ni ravins.

108.     Ce jour-là, ils suivront le convocateur, sans détour :

les voix se tairont devant le Matriciant :

tu n’entendras qu’un bruissement.

109.     Ce jour-là, l’intercession ne profitera

qu’à celui pour qui le Matriciant le permettra,

et dont la parole sera acceptée.

110.     Il sait ce qui est entre leurs mains ou derrière eux,

mais ils ne l’embrassent pas de leur science.

Trois quarts du Hizb Trente-deux

111.     Humiliation des visages

devant le Vivant, l’Existant !

Le fraudeur sera déçu.

112.     Qui est intègre et adhère

ne craint ni fraude ni oppression.

113.     Ainsi, nous descendons pour lui

l’Appel arabique, al-Qur’ân,

nous y avons inclus des menaces :

peut-être frémiront-ils

et surgira-t-elle pour eux, la Mémoire.

114.     Allah, le roi de vérité, est magnifié !

Ne te hâte pas à proclamer l’Appel, al-Qur’ân,

avant que sa révélation ne soit achevée pour toi.

Dis :

« Rabb, accrois ma science ! »

115.     Ainsi, nous avions jadis fait une alliance avec Adam,

mais il l’a oubliée :

nous n’avons trouvé en lui aucune fermeté.

116.     Quand nous avons dit aux Messagers :

« Prosternez-vous devant Adam »,

ils se sont prosternés, sauf Iblîs,

qui refusa de le faire !

117.     Nous disons : « Ô Adam,

le voilà, l’ennemi, le tien et celui de ton épouse.

Qu’il ne vous expulse pas du Jardin,

sinon tu serais misérable.

118.     Voici, il est à toi, tu n’y seras pas affamé ni nu,

119.     tu n’y souffriras pas de soif ou du soleil. »

120.     Mais le Shaïtân lui chuchote

et dit : « Ô Adam,

t’indiquerai-je l’arbre de la permanence

et le royaume impérissable ? »

121.     Ils en mangent et ils voient alors leur nudité :

ils se mettent à la dissimuler

sous les feuilles du Jardin.

Adam, séditieux, se rebelle contre son Rabb.

122.     Ensuite son Rabb le choisit,

retourne à lui et le guide.

123.     Allah dit : « Descendez tous de là,

les uns les autres, en ennemis. »

Cependant, ma guidance vous est donnée.

Qui suit ma guidance ne se fourvoie pas,

il n’est pas misérable.

124.     Qui s’écarte de ma Mémoire a une existence étriquée :

nous le ressusciterons en aveugle

le Jour du Relèvement.

125.     Il dira : « Mon Rabb,

pourquoi me ressuscites-tu en aveugle,

alors que j’étais clairvoyant ? »

126.     Il dit : « Nos Signes étaient venus à toi

mais tu les as oubliés.

Ainsi, aujourd’hui, tu es, toi aussi, oublié. »

127.     Nous rétribuons ainsi qui transgresse

et n’adhère pas aux Signes de son Rabb.

Le supplice de l’Autre monde

est plus inexorable, plus durable.

128.     N’est-ce pas pour eux une guidance ?

Nous avons anéanti, avant eux, de nombreux appelés,

qui marchaient dans leurs demeures !

Voici des Signes pour les êtres dotés d’intelligence !

129.     Si la Parole de ton Rabb n’était pas antérieure,

un terme fixé eût été néanmoins nécessaire.

130.     Persévère en ce qu’ils disent,

louange la désirance de ton Rabb

avant le lever du soleil

comme avant son coucher.

Aux heures de la nuit,

louange-le comme aux deux bouts du jour.

Peut-être seras-tu agréé ?

131.     Ne fixe pas tes yeux sur les jouissances de ce monde :

nous laissons en jouir certains couples parmi eux

pour les éprouver.

La part de ton Rabb est meilleure, plus durable.

132.     Ordonne à tes tentes la prière, persévère avec elle.

Nous ne te demandons aucune subsistance,

nous t’en pourvoyons :

la rétribution est aux frémissants.

133.     Ils disent : « Pourquoi ne nous donne-t-il pas

un Signe de ton Rabb ? »

La preuve ne leur a-t-elle pas été donnée

avec les premiers Feuillets ?

134.     Si nous les avions anéantis

par un supplice, avant lui,

ils auraient dit : « Notre Rabb,

si tu nous avais envoyé un Envoyé,

nous aurions suivi tes Signes

avant de nous trouver

dans l’humiliation et l’opprobre. »

135.     Dis :

« Tous attendent. Attendez.

Vous connaîtrez les Compagnons

du chemin d’harmonie et de guidance. »

Fin du Djûz Seizième