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| La Bible et Le Coran D'André Chouraqui
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Sourate 19 et 20
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SOURATE 19.MARIEMARYAMCette sourate de quatre-vingt-dix-huit versets, la quarante-quatrième dans l’ordre chronologique, doit son titre au verset 16, où est évoquée Maryam-Marie. L’islam vénère la mère de Jésus-‘Issa à l’égal de trois femmes – elles aussi privilégiées à ses yeux : Asiya, l’épouse du Pharaon qui éleva Moïse-Mûssa-Moshè ; Khadidjat, la première femme du Prophète, et Fâtimat, sa fille. Zakarîyâ espère un enfant, qu’il reçoit providentiellement d’Allah (versets 1 à 15). La deuxième partie de la sourate traite de l’annonce faite à Maryam et de la mission de ‘Issa (versets 16 à 40). La fin de la sourate revient longuement sur l’histoire d’Ibrâhim (versets 41 à 98). Sourate 19.MARIEMARYAMAu nom d’Allah, le Matriciant, le Matriciel... 1. K. H. Y. ‘, S. Kâf. Hâ’. Yâ’‘Aïn. Sâd. 2. Mémoire des matrices de ton Rabb envers son serviteur Zakarîyâ, 3. quand il implore son Rabb en implorations secrètes. 4. Il dit : « Mon Rabb, me voici, mes os faiblissent, et ma tête s’éclaire de canitie. Je ne suis jamais malheureux en t’implorant, mon Rabb. 5. Me voici, je crains pour mes proches, après moi. Ma femme est stérile : donne-moi, de ta part, un descendant. 6. Il héritera de moi et des tentes de Ya‘qûb Ô mon Rabb, fais qu’il soit agréable. 7. Ô Zakarîyâ, voici, nous t’annonçons un garçon : son nom sera Yahyâ. Nous n’avions auparavant, jamais donné ce nom. » 8. Il dit : « Rabb, comment ce garçon pourrait-il naître de moi ? Ma femme est stérile, et je suis déjà parvenu à la décrépitude de l’âge. » 9. Il dit : « Il en sera ainsi : Ton Rabb a dit : ‹ Cela est facile : je t’ai déjà créé de rien. › » 10. Il dit : « Fais pour moi un Signe. » Il dit : « Ton Signe ? Tu ne parleras pas aux humains pendant trois nuits entières. » 11. Il sort du Sanctuaire vers son peuple et leur révèle : « Oui, louangez-le matin et soir ! » 12. « Ô Yahyâ, détiens l’Écrit avec force. » Nous lui donnons la Sagesse, 13. la grâce, la pureté de notre part : il en frémit, 14. candide envers ses parents, sans être violent ni rebelle. 15. Paix à lui du jour où il est né, au jour où il mourra, et au jour où il ressuscitera, vivant. 16. Commémore Maryam dans l’Écrit, quand elle se retire dans sa tente, en lieu d’Orient. 17. Elle prend, à l’écart d’eux, un voile. Nous lui envoyons un souffle. Celui-ci devient un être charnel accompli, harmonieux. 18. Elle dit : « Je me réfugie dans le Matriciant, contre toi, si tu frémis. » 19. Il dit : « Je ne suis que l’Envoyé de ton Rabb venu t’offrir un garçon, un pur. » 20. Elle dit : « Comment un garçon naîtrait-il de moi ? Jamais être charnel ne m’a touchée, et je ne suis pas impudique. » 21. Il dit : « C’est ainsi. » Ton Rabb dit : « C’est pour moi facile. Nous en faisons un Signe, pour moi et pour les humains, par grâce de Nous. L’ordre en est donné. » Moitié du Hizb Trente et un 22. Elle le conçoit et se retire avec lui en un lieu éloigné. 23. Viennent à elle les douleurs, près du tronc d’un palmier. Elle dit : « Qui me donnerait de mourir avant sa naissance ? Je suis oubliée, éteinte ! » 24. Sous elle, il l’appelle : « Ne t’afflige pas. Ton Rabb a mis déjà un ruisseau à tes pieds. 25. Secoue le tronc du palmier : des dattes tomberont pour toi, fraîches et mûres. 26. Mange et bois, rafraîchis tes yeux ! Quand tu verras un être charnel, dis : « Me voici, je voue un jeûne au Matriciant, je ne parlerai plus à personne aujourd’hui. » 27. Elle vient avec ‘Issa, devant son peuple en le portant. Ils disent : « Ô Maryam, tu viens avec une affaire surprenante. 28. Ô soeur de Hârûn, ton père n’était pas un homme vicieux ni ta mère une impudique ! » 29. Elle lui fait un signe. Ils disent : « Comment parlerions-nous à un bébé au berceau ! » 30. ‘Issa dit alors : « Me voici, je suis un serviteur d’Allah ! Il m’a donné l’Écrit : Il fait de moi un inspiré ! 31. Il m’a béni, où que je sois, m’enjoignant la prière et la dîme à longueur de vie, 32. candide pour ma mère, sans jamais être violent ni rebelle. 33. Paix au jour où je suis né, au jour où je mourrai, au jour où je ressusciterai, vivant ! » 34. Voilà ‘Issa fils de Maryam, le verbe de vérité dont ils doutent. 35. Ce n’est pas à Allah de prendre un enfant : louangez-le ! Quand Il donne un ordre, Il dit : « Sois ! », et c’est. 36. Allah est mon Rabb et votre Rabb, servez-le ! Tel est le chemin ascendant. 37. Mais les partis s’opposent entre eux. Aïe, pour ceux qui effacent, au Jour grandiose du témoignage. 38. Fais-leur entendre et contempler le Jour où ils nous seront ramenés. Les fraudeurs, aujourd’hui, sont dans un fourvoiement évident. 39. Avertis-les du Jour du soupir, quand l’ordre sera donné : ceux qui n’adhèrent pas à Allah seront inattentifs. 40. Nous voici, nous héritons de la terre avec ceux qui s’y trouvent : ils reviendront vers nous. 41. Dans l’Écrit, commémore Ibrâhim, un juste, un Nabi. 42. Quand il dit à son père : « Ô mon père, pourquoi sers-tu ce qui n’entend pas, qui ne voit pas et ne t’est utile en rien ? 43. Ô mon père, me voici : un savoir que tu n’avais pas m’est parvenu. Suis-moi, je te guiderai sur un chemin harmonieux. 44. Ô mon père, ne sers pas le Shaïtân. Voici, le Shaïtân s’est rebellé, contre le Matriciant. 45. Ô mon père, me voici, j’ai peur que ne te saisisse le supplice du Matriciant et que tu ne deviennes un suppôt du Shaïtân. » 46. Il dit : « Haïras-tu mes Ilahs, ô Ibrâhim. Cesse ou je te lapide ! Exile-toi loin de moi pour un temps. » 47. Il dit : « Paix à toi. Je demande pour toi le pardon de mon Rabb. Le voici, il est généreux avec moi. 48. Je m’éloigne de vous et de ceux que vous implorez, sauf Allah : moi, j’invoque mon Rabb. Peut-être ne serais-je plus un rebelle en invoquant mon Rabb. » 49. Quand il s’isole d’eux et de ce qu’ils servent, sauf Allah, nous lui donnons Is’hâq et Ya‘qûb Nous en faisons tous des nabis. 50. Nous leur donnons de nos grâces et une langue de sublime vérité. 51. Invoque Mûssa dans l’Écrit, Le voici, candide, c’est un Envoyé, un Nabi. 52. Nous l’appelons sur le flanc du Mont, à droite, nous l’approchons en parent. 53. Nous lui donnons, en nos grâces, son frère Hârûn, le Nabi. 54. Invoque Ismâ‘îl dans l’Écrit. Le voici, véridique en sa promesse, c’est un Envoyé, un Nabi. 55. Il ordonne, à ses tentes la prière et la dîme, il est agréé par son Rabb. 56. Invoque Idrîs dans l’Écrit, c’est un juste, un Nabi. 57. Nous l’avons élevé en un lieu sublime. 58. Tels sont ceux qu’Allah ravit parmi les Nabis de la postérité d’Adam, ceux que nous avons transportés avec Nûh, la postérité d’Ibrâhim, d’Isrâ’îl et ceux que nous avons guidés et choisis. Quand les Signes du Matriciel leur sont donnés, ils tombent, se prosternent et pleurent. (Prosternation) Trois quarts du Hizb Trente et un 59. Après eux, leurs successeurs perdent la prière pour suivre leurs passions : ils s’enferment dans une impasse, 60. exceptés ceux qui retournent et sont intègres. Ceux-là entrent au Jardin : ils ne seront pas lésés, 61. jardins d’Éden, que le Matriciant promet à ses serviteurs dans le mystère. Le voici, sa promesse se réalise. 62. Ils n’y entendent pas de futilités, mais « Paix ! Salâm ! » ils y reçoivent leur nourriture, matin et soir. 63. Voilà le Jardin dont nous ferons hériter nos serviteurs, ceux qui frémissent. 64. Nous ne descendons que sur l’ordre de ton Rabb : à lui ce qui est entre nos mains, ce qui est derrière nous et ce qui est entre. Ton Rabb n’est pas oublieux. 65. Sers le Rabb des ciels, de la terre et de ce qui est entre les deux, sers-le, persévère à son service. Lui connais-tu un homonyme ? 66. L’homme dit : « Une fois mort, ressusciterais-je, vivant ? » 67. L’homme ne se rappelle-t-il pas que nous l’avons créé de rien ? 68. Par ton Rabb, nous les rassemblerons avec le Shaïtân, pour les présenter, agenouillés, dans la Géhenne. 69. Dans chaque groupe, nous séparerons les plus arrogants contre le Matriciant. 70. Nous connaissons ceux qui méritent de rôtir là. 71. Nul parmi vous ne le voulait, mais tel est l’arrêt de ton Rabb. 72. Nous sauverons ceux qui frémissent et laisserons les fraudeurs à genoux. 73. Quand nos Signes leur sont communiqués, donnés par nous avec des preuves, ceux qui effacent disent à ceux qui adhèrent à Allah : « Lequel de nos deux groupes jouit-il d’un meilleur lieu et d’une meilleure compagnie ? 74. Avant eux, nous avons anéanti de nombreuses générations plus riches, plus belles. » 75. Dis : « Qui est dans le fourvoiement ? » Le Matriciant l’y prolongera jusqu’à ce qu’il voie ce qui lui est promis, le supplice ou l’heure. Ils connaîtront alors qui se situe dans le mal et qui a les troupes les plus faibles. 76. Allah ajoute la guidance à ceux qui sont guidés, les stables, les intègres. Meilleur est le Retour chez ton Rabb, et meilleure la sanction. 77. Vois-tu ceux qui effacent nos Signes ? Ils disent : « Il me sera donné des biens et des enfants. » 78. A-t-il pénétré le mystère ou fait un pacte avec le Matriciant ? 79. Nous écrivons ce qu’il dit, et prolongeons son supplice. 80. Nous lui donnerons en héritage ce qu’il a dit, et il nous reviendra, solitaire. 81. Ils ont pris des Ilahs, en dehors d’Allah, pour devenir plus puissants. 82. Non ! Ils renieront leurs services et deviendront pour eux des ennemis. 83. Ne vois-tu pas que nous avons envoyé des Shaïtâns, contre les effaceurs d’Allah pour les exciter ? 84. Ne sois pas pressé pour eux : voici, nous leur avons fixé un rendez-vous, 85. le jour où nous rassemblerons les frémissants en cortège, auprès du Matriciant 86. et où nous pousserons les coupables vers la Géhenne, en troupeau harassé. 87. Nul ne mérite l’intercession, s’il n’a pas fait un pacte avec le Matriciant. 88. Ils disent : « Le Matriciant a pris un fils ! » 89. Vous avancez une abomination : 90. que les ciels se fendent, s’entrouvre la terre, tombent en poussière les montagnes ! 91. Attribuer au Matriciant un fils ! 92. Ce n’est pas au Matriciant de prendre un fils ! 93. Tous ceux des ciels et de la terre sont auprès du Matriciant des serviteurs. 94. Ainsi les dénombre-t-il, les compte-t-il. 95. Tous viendront à Lui, le jour du Relèvement, en solitaires. 96. Le Matriciant met son chérissement sur ceux qui adhèrent, intègres. 97. Nous te le disons dans ta langue pour l’annoncer aux frémissants : avertis le peuple hostile ! 98. Nous avons anéanti de nombreuses générations avant eux. Ressens-tu une seule d’entre elles ? Ou bien, d’elles, entends-tu le murmure ? SOURATE 20.T. H.TÂ’ .Cette vingtième sourate, la quarante-quatrième dans l’ordre chronologique traditionnel, suit la sourate de Maryam-Marie. Ses cent trente-cinq versets, après un préambule, constituent une méditation sur la vocation et la mission de Mûssa-Moïse. Elle semble avoir été proclamée à La Mecque, antérieurement à 616, à l’exception des versets 130 et 131, d’inspiration médinoise. Le texte revient sur le miracle de la révélation divine, source de salut, don des matrices d’Allah (1-8), sur l’élection de Mûssa envoyé en mission auprès de Pharaon avec son frère Aaron (9-36), sur le miracle de Mûssa sauvé des eaux pour être élevé à la cour de Pharaon, auquel il annonce la gloire d’Allah (37-76), et comment Mûssa prend la tête de son peuple pour l’arracher à l’esclavage, malgré l’obstacle du mauvais Samaritain (77-104). Mais tout aboutit au Jugement dernier et, pour les justes, à la béatitude du Paradis (105-135). Sourate 20.T. H.TÂ’ .Au nom d’Allah, le Matriciant, le Matriciel... Hizb Trente-deux 1. T. H. TÂ’ . HÂ’. 2. Nous n’avons pas fait descendre sur toi l’Appel, al-Qur’ân, pour t’épuiser, 3. mais pour que celui qui s’effraie, implore Allah, 4. Descente de celui qui crée la terre et les ciels, le Sublime, 5. le Matriciant sur son Trône établi. 6. À lui le tout des ciels et de la terre, avec, entre les deux, tout ce qui est sous la glèbe. 7. Si tu profères une parole, oui, le voilà... Il connaît les secrets et ce qui est caché. 8. Allah, pas d’Ilah sauf Lui : à lui les Noms de l’excellence. 9. La geste de Mûssa t’est-elle parvenue ? 10. Quand il voit un feu, il dit à ses tentes : « Restez ! Je distingue un feu ! Peut-être vous en donnerai-je un tison, ou trouverai-je, en ce feu, la guidance. » 11. Quand il arrive, il lui est crié : « Ô Mûssa ! 12. Me voici, je suis ton Rabb, ôte tes sandales, tu es dans l’Oued sacré de Tuwa. 13. Moi, je t’ai choisi : entends ce que je te révèle. 14. Me voici, je suis Allah, pas d’Allah sauf Moi : sers-moi, élève la prière en mémoire de Moi ! 15. Voici, l’Heure arrive, je peux la cacher afin de rétribuer tout être comme il le mérite. 16. Celui qui n’adhère pas à Lui et suit ses passions ne te détourne pas de Lui, sinon tu périrais. 17. Qu’as-tu dans ta droite, ô Mûssa ? » 18. Il dit : « C’est mon bâton, je m’appuie sur lui, j’effeuille, avec, les arbres pour mes troupeaux, et j’en ai d’autres usages. » 19. Il dit : « Jette-le, ô Mûssa ! » 20. Il le jette, et voilà, c’est un serpent qui remue. 21. Il dit : « Saisis-le, n’aie pas peur, nous le ramènerons à son état premier. 22. Serre ta main sur ton flanc. Elle sortira blanche, sans aucun mal : c’est un autre Signe, 23. pour t’annoncer nos Signes, les grands. 24. Précipite-toi chez Pharaon : le voici, c’est un tyran. » 25. Il dit : « Rabb, enfle ma poitrine, 26. facilite-moi ma mission, 27. délie le noeud de ma langue, 28. et qu’ils comprennent mes dires, 29. donne moi un vizir issu de mes tentes. 30. Hârûn, mon frère, 31. ceins mes reins par lui, 32. associe-le à ma mission. 33. Ainsi nous te louangerons fort, 34. nous te commémorerons fort : 35. te voici avec nous, tu es clairvoyant. » 36. Il dit : « Ta demande est exaucée, ô Mûssa, 37. mais nous t’avions favorisé une première fois 38. quand nous avions révélé à ta mère ce qui lui fut révélé : 39. ‹ Oui, pose-le dans une caisse, et pose-la sur la mer, la mer le posera sur la rive. Mon ennemi son ennemi ! s’en saisira. J’ai répandu sur toi un amour de moi, pour que tu sois élevé sous mes yeux. › 40. Ta soeur passe et dit : ‹ Vous indiquerai-je qui pourra se charger de lui ? › Et nous l’avons ramené à ta mère pour rafraîchir ses yeux et ne plus l’affliger. Tu as tué un homme, mais nous t’avons sauvé du châtiment, te soumettant à des épreuves. Tu es demeuré des années aux tentes de Madiân, puis tu es revenu ici, par décret, ô Mûssa. 41. Je t’ai réservé pour moi-même. 42. Précipite-toi, avec ton frère, avec mes Signes. Ne négligez pas ma Mémoire. 43. Précipitez-vous chez Pharaon, le voici, c’est un tyran. 44. Dites-lui des paroles affables : peut-être implorera-t-il ou tremblera-t-il ? 45. Ils disent : « Notre Rabb, nous voici, nous craignons qu’il ne s’irrite contre nous et ne nous tyrannise. » 46. Il dit : « Ne craignez rien : je suis avec vous, j’entends et vois. » 47. Allez à lui, dites-lui : « Nous voici, nous, les envoyés de ton Rabb, renvoie avec nous les Fils d’Isrâ’îl, ne les laisse pas à leur supplice. Nous venons à toi avec les Signes de ton Rabb. Paix à qui suit la guidance ! 48. Nous voici, il nous est révélé qu’un supplice saisira qui le nie et se détourne de Lui. » 49. Il dit : « Qui est votre Rabb, ô Mûssa ? » 50. Il dit : « Notre Rabb est Celui qui donne à tout sa forme, et le guide. » 51. Il dit : « Qu’en était-il des générations précédentes ? » 52. Il dit : « Ce Savoir se trouve chez mon Rabb, dans l’Écrit. Mon Rabb ne s’égare ni n’oublie » 53. Il est Celui qui vous donne la terre pour berceau qui y trace des sentiers et fait descendre l’eau du ciel : nous en faisons sortir, par couples, des plantes variées. 54. Mangez et pâturez vos troupeaux : voici en cela des Signes pour qui est doué de réflexion. Quart du Hizb Trente-deux 55. De la terre nous vous créons, nous vous destinons à elle, et d’elle encore nous vous ressusciterons. 56. Ainsi nous lui faisons voir nos Signes, tous, mais il nie et refuse. 57. Il dit : « Viens-tu à nous pour nous expulser de notre pays par tes sorcelleries, ô Mûssa ? 58. Mais nous t’opposerons des sorcelleries semblables. Fixe-nous un rendez-vous : nous ne le manquerons pas, au lieu fixé. » 59. Mûssa dit : « Votre rendez-vous sera le Jour de Beauté, quand les humains se réuniront dans la lumière. » 60. Pharaon se retire, il rassemble ses ruses, puis revient. 61. Mûssa leur dit : « Aïe, n’inventez pas des mensonges contre Allah, sinon il vous détruira au supplice. Celui qui invente un mensonge est déjà perdu. » 62. Ils se concertent pour leur mission, mais tiennent secrète leur délibération. 63. Ils disent : « Oui, ces deux-là sont des sorciers, ils veulent vous expulser de votre terre par leurs sorcelleries et s’enfuir avec vos voies exemplaires. 64. Rassemblez vos ruses, puis venez en procession : celui qui l’emportera aura gagné ce jour. » 65. Ils disent : « Ô Mûssa, jette ton bâton, sinon nous serons les premiers à le jeter. » 66. Il dit : « Non, jetez-le ! » Alors, leurs cordes et leurs bâtons semblent se mouvoir contre lui, par leurs sorcelleries. 67. Mûssa a peur. 68. Nous disons : « Sois sans peur : tu gagneras ! 69. Jette ce qui est en ta droite, tu happeras ce qu’ils ont fabriqué. Voici, ce qu’ils ont fabriqué est une ruse de sorciers, mais le sorcier n’est pas fécond, quoiqu’il advienne ! » 70. Les sorciers tombent en prosternations. Ils disent : « Nous adhérons au Rabb d’Hârûn et de Mûssa. » 71. Pharaon dit : « Vous aviez adhéré à Lui avant que je ne vous y autorise. Mûssa, qui vous a appris la sorcellerie, vous a enorgueillis. Je vous trancherai la main droite et le pied gauche, et vous crucifierai sur des troncs de palmiers. Vous connaîtrez le supplice le plus inexorable, le plus durable. » 72. Ils disent : « Après les preuves qui nous sont parvenues, nous ne te préférons pas à Celui qui nous a créés. Tranche ce que tu voudras : ce que tu trancheras n’est que la vie de ce monde. 73. Nous, nous adhérons à notre Rabb pour absoudre nos fautes, et les sorcelleries que tu nous as imposées : Allah est meilleur, plus durable. » 74. Qui arrive chez son Rabb en coupable a pour lui la Géhenne, là où il ne meurt ni ne vit. 75. Mais qui arrive à lui en adhérent intègre, à celui-là les Degrés sublimes, 76. les jardins d’Éden sous lesquels courent des fleuves, là, en permanence, voilà la rétribution des purs. 77. Nous l’avons révélé à Mûssa : « Oui, pars la nuit avec mes serviteurs, fraie pour eux une route dans la mer, à sec, N’aie pas peur d’une poursuite : sois sans crainte. » 78. Pharaon et son armée les poursuivent, mais ils sont engloutis dans la mer, les eaux les engloutissent ! 79. Pharaon égare son peuple, au lieu de le guider. 80. Ô Fils d’Isrâ’îl, nous vous avons ramenés de chez vos ennemis, nous nous sommes alliés à vous, sur le flanc du Mont, à droite, nous avons fait descendre sur vous la manne et les cailles. 81. Mangez des bontés dont nous vous pourvoyons, mais sans excès, sinon ma fureur déferlera sur vous : celui sur qui la fureur déferle est déjà abattu. 82. Me voici à pardonner qui fait retour et adhère, intègre, étant guidé. Moitié du Hizb Trente-deux 83. Qui te fait te hâter vers ton peuple, ô Mûssa ? » 84. Il dit : « Eux-mêmes ! Ils suivent mes traces. Je me hâte vers toi, mon Rabb, pour te plaire. » 85. Il dit : « Nous avons déjà testé ton peuple après toi : le Samaritain les a fourvoyés. » 86. Mûssa revient vers son peuple, furieux, désolé. Il dit : « Ô mon peuple, votre Rabb ne vous a-t-il pas fait une promesse excellente ! Le pacte est-il trop contraignant pour vous ? Ou bien voulez-vous que le courroux de votre Rabb surgisse contre vous qui avez violé votre promesse ? » 87. Ils disent : « Nous n’avons pas violé ta promesse volontairement : nous avons seulement emporté des bijoux, ceux du peuple, et nous les avons jetés. Un Samaritain les a lancés au feu, 88. et il en a sorti, pour eux, un Veau mugissant. » Ils ont dit : « Voilà votre Ilah et l’Ilah de Mûssa : celui-ci l’avait oublié ! » 89. Ne le voyaient-ils pas ? Le Veau ne leur répondait par aucun son : il ne pouvait rien faire pour eux, en mal ou en bien. 90. Ainsi Hârûn leur avait dit : « Ô mon peuple, voici, vous avez été tentés, mais votre Rabb est matriciant : suivez-moi, obéissez à mes ordres. » 91. Ils disent : « Nous n’abandonnerons pas le Veau et lui resterons attachés jusqu’à ce que Mûssa revienne. » 92. Mûssa dit : « Ô Hârûn, qui t’a inhibé, quand tu les as vus se fourvoyer à ne pas me suivre ? 93. Désobéirais-tu à mes ordres ? » 94. Il dit : « Ô fils de ma mère, ne me prends pas par ma barbe ni par ma tête ! Je craignais que tu ne dises : ‹ Tu as divisé les Fils d’Isrâ’îl, tu n’as pas obéis à mes paroles. › » 95. Mûssa dit : « Quelle est ta défense, ô Samaritain ? » 96. Le Samaritain dit : « J’ai vu ce qu’ils ne voyaient pas, et j’ai empoigné de la poussière laissée par l’Envoyé : je l’ai lancée, comme mon être me le suggérait ! » 97. Il dit : « Fuis ! Voici, c’est à toi, en cette vie, de dire : ‹ Pas de contact. › Voici, tu ne changeras pas ton rendez-vous. Regarde ton Ilah, attaché devant lui, assidu. Nous le brûlerons et ensuite nous disperserons ses cendres dans la mer. » 98. Mais voici votre Ilah, Allah, pas d’Ilah, sauf Lui : il embrasse tout en sa science. 99. Ainsi nous proclamons pour toi les histoires du passé et déjà, de notre part, nous t’en donnons mémoire. 100. Qui s’en détourne portera son faix le Jour du Relèvement, 101. là, en permanence, il sera pour eux un fardeau vicieux, le Jour du Relèvement, 102. Jour où il sera sonné du cor, où nous rassemblerons les coupables, ce jour-là, blêmes, 103. chuchotant entre eux : « Nous ne sommes restés là que dix nuits ! » 104. Nous savons mieux ce qu’ils diront quand leurs parangons sur la route diront : « Voici, nous ne sommes restés là qu’un seul jour. » 105. Ils t’interrogeront sur les montagnes. Dis : « Mon Rabb les réduira en cendres. 106. Il en fera un plan arasé, 107. où tu ne verras ni escarpements ni ravins. 108. Ce jour-là, ils suivront le convocateur, sans détour : les voix se tairont devant le Matriciant : tu n’entendras qu’un bruissement. 109. Ce jour-là, l’intercession ne profitera qu’à celui pour qui le Matriciant le permettra, et dont la parole sera acceptée. 110. Il sait ce qui est entre leurs mains ou derrière eux, mais ils ne l’embrassent pas de leur science. Trois quarts du Hizb Trente-deux 111. Humiliation des visages devant le Vivant, l’Existant ! Le fraudeur sera déçu. 112. Qui est intègre et adhère ne craint ni fraude ni oppression. 113. Ainsi, nous descendons pour lui l’Appel arabique, al-Qur’ân, nous y avons inclus des menaces : peut-être frémiront-ils et surgira-t-elle pour eux, la Mémoire. 114. Allah, le roi de vérité, est magnifié ! Ne te hâte pas à proclamer l’Appel, al-Qur’ân, avant que sa révélation ne soit achevée pour toi. Dis : « Rabb, accrois ma science ! » 115. Ainsi, nous avions jadis fait une alliance avec Adam, mais il l’a oubliée : nous n’avons trouvé en lui aucune fermeté. 116. Quand nous avons dit aux Messagers : « Prosternez-vous devant Adam », ils se sont prosternés, sauf Iblîs, qui refusa de le faire ! 117. Nous disons : « Ô Adam, le voilà, l’ennemi, le tien et celui de ton épouse. Qu’il ne vous expulse pas du Jardin, sinon tu serais misérable. 118. Voici, il est à toi, tu n’y seras pas affamé ni nu, 119. tu n’y souffriras pas de soif ou du soleil. » 120. Mais le Shaïtân lui chuchote et dit : « Ô Adam, t’indiquerai-je l’arbre de la permanence et le royaume impérissable ? » 121. Ils en mangent et ils voient alors leur nudité : ils se mettent à la dissimuler sous les feuilles du Jardin. Adam, séditieux, se rebelle contre son Rabb. 122. Ensuite son Rabb le choisit, retourne à lui et le guide. 123. Allah dit : « Descendez tous de là, les uns les autres, en ennemis. » Cependant, ma guidance vous est donnée. Qui suit ma guidance ne se fourvoie pas, il n’est pas misérable. 124. Qui s’écarte de ma Mémoire a une existence étriquée : nous le ressusciterons en aveugle le Jour du Relèvement. 125. Il dira : « Mon Rabb, pourquoi me ressuscites-tu en aveugle, alors que j’étais clairvoyant ? » 126. Il dit : « Nos Signes étaient venus à toi mais tu les as oubliés. Ainsi, aujourd’hui, tu es, toi aussi, oublié. » 127. Nous rétribuons ainsi qui transgresse et n’adhère pas aux Signes de son Rabb. Le supplice de l’Autre monde est plus inexorable, plus durable. 128. N’est-ce pas pour eux une guidance ? Nous avons anéanti, avant eux, de nombreux appelés, qui marchaient dans leurs demeures ! Voici des Signes pour les êtres dotés d’intelligence ! 129. Si la Parole de ton Rabb n’était pas antérieure, un terme fixé eût été néanmoins nécessaire. 130. Persévère en ce qu’ils disent, louange la désirance de ton Rabb avant le lever du soleil comme avant son coucher. Aux heures de la nuit, louange-le comme aux deux bouts du jour. Peut-être seras-tu agréé ? 131. Ne fixe pas tes yeux sur les jouissances de ce monde : nous laissons en jouir certains couples parmi eux pour les éprouver. La part de ton Rabb est meilleure, plus durable. 132. Ordonne à tes tentes la prière, persévère avec elle. Nous ne te demandons aucune subsistance, nous t’en pourvoyons : la rétribution est aux frémissants. 133. Ils disent : « Pourquoi ne nous donne-t-il pas un Signe de ton Rabb ? » La preuve ne leur a-t-elle pas été donnée avec les premiers Feuillets ? 134. Si nous les avions anéantis par un supplice, avant lui, ils auraient dit : « Notre Rabb, si tu nous avais envoyé un Envoyé, nous aurions suivi tes Signes avant de nous trouver dans l’humiliation et l’opprobre. » 135. Dis : « Tous attendent. Attendez. Vous connaîtrez les Compagnons du chemin d’harmonie et de guidance. » Fin du Djûz Seizième |