Wolgang Amadeus MOZART (Salzburg 1756 - Vienne 1791) : Mozart à Vienne


Mozart est enfin heureux à Vienne, il se retrouve totalement indépendant, grisé de liberté. Vienne est à cette époque, la capitale mondiale de la musique. Wolfgang va tout d'abord tenter de se créer un cercle de relations. Mozart sait qu’il est un des plus grands virtuoses de clavier de tous les temps, or Vienne est la terre bénie du clavier.


Premiers succès dans la capitale

Mozart tend à se faire une place à Vienne. Pour débuter, il prend quelques élèves. A la fin du mois de juillet, l'auteur Gottlieg Sephanie propose à Mozart le livret de " L’enlèvement au sérail ". Ce fut un énorme succès. L'opéra enthousiasma le public, l'Empereur lui-même félicita Mozart :
"- trop beau pour nos oreilles, et quelle quantité prodigieuse de notes."
aurait dit l'empereur. Les premières années de Mozart à Vienne justifient les espoirs qu'il avait en quittant Colloredo. Cependant, il apprend encore le français et l’anglais au cas où finalement, il ne réussirait pas. Wolfgang donne de nombreux concerts publiques ou privés, écrit souvent des œuvres qu'il joue lui-même. A la fin de ses concerts, son public est en extase, les applaudissements n'en finissent pas ; il se livre à de divines improvisations sous les acclamations. Mozart découvre les œuvres de Bach qui vont avoir une nouvelle influence sur ses oeuvres. Il découvre aussi les œuvres de Haendel grâce à son ami le baron Gottfried von Swieten.


Une nouvelle vie de famille


Constanze est la sœur d'Aloysia, l'ancien grand amour déçu de Wolfgang. Constanze a 19 ans. Elle est la fille de la propriétaire de Mozart. Moins jolie que sa sœur, mais plus câline, elle semble présenter néanmoins toutes les qualités requises pour faire une bonne épouse. De plus, ses grands yeux noirs et sa jolie voix séduisent Wolfgang, un peu isolé dans la solitude des Grands. Il écrit à son père son intention de se marier.


Léopold se méfie, la famille Weber ne lui a jamais inspiré confiance ; il souhaiterait que son fils revienne à Salzbourg.

Sans attendre la réponse redoutée de son père, Wolfgang épouse Constanze le 4 août 1782 à la cathédrale Saint Etienne. Les deux jeunes mariés s'aiment vraiment et s’amusent ensemble comme deux chatons.

Cathédrale Saint-Etienne de Vienne :



Constanze est mal considérée, tant par Léopold que par Nannerl, ainsi que (plus tard) par les biographes de Mozart. Plus incompétente que malveillante, elle commettra quelques maladresses jusqu’à ce que les soucis de santé diminuent son entrain. Comment reprocher à cette jeune et frétillante épouse, de dépenser parfois trop d’argent en frivolités et en souliers, alors qu’au lieu de pousser les landaus de ses enfants, elle dût suivre leurs cercueil, et cela pas moins de quatre fois ! Existe-t-il un chagrin plus cruel que celui d’un jeune couple amoureux dont les bébés meurent successivement ?

Constanze mettra au monde six enfants, mais seulement deux survivront. Ils n'auront aucune descendance. Le premier enfant du couple naît donc le 17 juin 1783 ; il se nomme Raimund Leopold. Mais il meurt le 19 août.

En 1784, les Mozart emménagent dans un luxueux appartement qui donne sur la Domgasse. Constanze accouche d'un autre enfant, Karl Thomas. C'est le premier des deux enfant de Mozart qui survivra jusqu'à l'âge adulte.

Le 14 décembre 1784, Mozart rentre dans la franc-maçonnerie.

Mozart franc-maçon :




La visite de Léopold


En février 1785, Léopold rend visite à son fils et constate sa réussite. Joseph Haydn, après un concert où l'on joue les trois derniers quatuors de Wolfgang, dédiés au premier, déclare à Léopold : " - En honnête homme et devant Dieu, votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse, de nom ou de personne. Il a du goût et, ce qui est encore mieux, une science profonde de la composition. " C'est un grand hommage que lui rend Haydn qui est, à cette époque, le compositeur le plus connu d’Europe. Il est le premier à déclarer franchement le génie de Wolfgang.

Le lendemain, Léopold assiste à un nouveau concert donné par son fils au Burtheater. Il y dirige un de ses somptueux concertos ( le 20ième) qui émeut son père jusqu'aux larmes. L'Empereur présent, agite son chapeau tout en criant " Bravo Mozart " lorsque Wolfgang se retire.

Mais Léopold fatigue et se lasse ; il a 65 ans, et se sent étranger à tous ces concerts. Cela est perceptible dans une lettre adressée à sa fille :

" On ne se couche jamais avant deux heures du matin et je ne me lève jamais avant neuf heures. Nous déjeunons à deux heures ou deux heures et demie. Il y a des concerts chaque jour, ton frère compose et joue sans arrêt. Je me sens plutôt étranger à cela. Le piano de ton frère a été déplacé au moins une douzaine de fois au théâtre."

Wolfgang et Constanze raccompagnent Léopold, soulagé de revenir à Salzbourg, jusqu'au premier relais de poste. Le père et le fils ne se reverront plus jamais, ils l’ignorent cependant. Les deux années 1784-1785 ont été remplies de succès pour Wolfgang, sa réputation de compositeur et de virtuose est, d’apparence, solidement installée.


Les noces de Figaro

Mozart souhaite ardemment écrire un nouvel opéra. Cette fois il collaborera avec Lorenzo Da Ponte et crée donc les "Noces de Figaro" tiré de la pièce de Beaumarchais : " Le Mariage de Figaro". Il rencontre cependant certaines difficultés car la pièce de Beaumarchais, assez subversive, est formellement interdite par l'empereur. Da Ponte réussit à convaincre l’empereur, fort de son aura chrétienne dont les frasques sexuelles sont restées étouffées à Venise. N’oublions pas que Da Ponte est membre du clergé ! L'opéra sera bien accueilli lors de la première. A l’issue de la deuxième et la troisième représentation, les bis furent si nombreux que l'Empereur intervint en personne pour les limiter à l'avenir. C'est un opéra révolutionnaire, tant par la musique que par l'histoire.


Dernière mise à jour :
2 janvier 2005
Wolfgang Amadeus MOZART : Mozart à Vienne