Wolgang Amadeus MOZART (Salzburg 1756 - Vienne 1791) : Aloysia

Wolfgang est à Mannheim avec sa mère. Il y rencontre les Weber. Une des filles, Aloysia, est une remarquable chanteuse, les Weber vont tout mettre en oeuvre pour que Wolfgang en tombe amoureux et fasse reconnaître son talent. Mozart ne met pas longtemps à tomber dans le piège et tombe fou amoureux d'Aloysia. Il veut même l'épouser. Les Weber demandent à Wolfgang de les accompagner en Italie. Wolfgang est prêt à tout laisser tomber pour cette fille qui ne montre aucun sentiment en son égard. Dans cette lettre, le jeune Mozart va demander à son père l'autorisation de les suivre en Italie:

J'apprécie tellement cette malheureuse famille que je ne souhaite rien tant que pouvoir la rendre heureuse; et peut-être le puis je. Mon conseil serait qu'elle aille en Italie. C'est pourquoi je voulais vous prier de bien vouloir écrire le plus tôt sera le mieux à notre bon ami Lugiati pour qu'il s'informe de ce qu'on donne, au maximum, à une prima donna à Vérone. Plutôt plus que moins, on peut toujours baisser peut-être pourrait-on également obtenir Venise. Je garantis sur ma vie que son chant me fera honneur. Elle a déjà bien profité avec moi, en si peu de temps; combien ne profitera-t-elle pas d'ici là? Je n'ai pas peur non plus pour 1'action. Si cela se peut, monsieur Weber, ses filles et moi aurons l'honneur de rendre visite pendant quinze jours à mon cher papa et à ma sœur chérie, au passage. Ma sœur trouvera en mademoiselle Weber une amie et une camarade, car elle a ici, à cause de sa conduite, une bonne réputation, comme ma sœur à Salzbourg. Le père est comme le mien, et toute la famille comme les Mozart. C'est la probité qui l'emporte. Je dois avouer que je serais très heureux de revenir à Salzbourg avec eux pour que vous puissiez l'entendre. Elle chante de façon superbe les airs que j'ai écrits. Je vous en prie, faites ce qui est en votre pouvoir pour que nous allions en Italie Vous connaissez ma plus grande ambition, écrire des opéras. A Vérone, je suis prêt à écrire un opéra pour cinquante sequins, uniquement pour qu'elle me fasse honneur; car, si ce n'est pas moi qui écris, je crains qu'elle ne soit sacrifiée. En attendant, je gagnerai, grâce à d' autres voyages que nous ferons ensemble, suffisamment d'argent pour que cela ne me fasse pas de mal. Je crois que nous irons en Suisse et peut-être en Hollande. Si nous nous arrêtons longtemps quelque part, I'autre fille, qui est l'aîner, nous rendra grand service car nous pourrions avoir notre propre ménage, puisqu elle sait aussi faire la cuisine... A propos, ne vous étonnez pas que, sur soixante-dix-sept florins, il ne m'en soit resté que quarante-deux. J'ai agi par pur bonheur que des gens honnêtes et ayant les mêmes idées se retrouvent ensemble: je n'ai pu m'empêcher de payer la moitié des frais. Mais ce ne sera pas le cas pour les autres voyages, je leur est déjà dit, je ne paierai que pour moi. (...) Donnez-moi vite une réponse, je vous en prie; n'oubliez pas mon désir d'écrire des opéras. Mais en italien, pas en allemand. Ma mère est satisfaite de ma manière de voir: je ne peux absolument pas voyager avec des gens, avec un homme qui mène une vie dont le dernier des humains aurait honte. Et l'idée d'aider une pauvre famille sans se faire de tort à soi-même comble d'aise mon âme.
Je vous baise mille fois les mains et suis, jusqu'à la mort votre très obéissant fils.
Wolfgang

Les Weber ont réussi en une semaine à conquérir Wolfgang. Aloysia travaillera gratuitement et il composera pour elle des musiques à l'exacte mesure de ses possibilités. Mais Anna-Maria Mozart fera part en cachette en Post-scriptum à Leopold du danger qui guette son fils :

Mon très chère mari!
Tu aura pu voir par cette lettre que lorsque Wolfgang fait une nouvelle connaissance, il prend aussitôt feu et flamme pour ses gens. C'est absolument vrai qu'elle chante merveilleusement. Seulement il ne faut pas du même coup qu'il en oubli son propre intérêt. Je n'ai jamais beaucoup aimé pour lui la société des Wendling et des Ramm, seulement je ne devais élever aucune objection et il ne m'aurait pas crue. Alors dès qu'il a connu les Weber, il a changé d'avis. Tu réfléchira toi-même à ce qu'il vaut mieux faire.(...)J'écris ceci dans le plus grand secret, pendant qu'il est allé manger, car je ne voudrait pas être surprise.

Leopold enverra une lettre de refus perçue comme un coup de tonnerre pour Wolfgang qui devra donc partir pour Paris


Dernière mise à jour :
2 janvier 2005
Wolfgang Amadeus MOZART : Aloysia