Wolgang Amadeus MOZART (Salzburg 1756 - Vienne 1791) : Préparation du génie

Préparation du génie : l’effervescence de l’esprit maçonnique



Dès la commande de Thamos roi d’Egypte, Mozart se posent les vraies questions ; en 1779-1780, l’opéra sera développé et complété.
Mozart effectue sans cesse de nouvelles retouches sur cette œuvre dont le sens commence à lui « parler ».
Ce travail mûri durant 18 années donnera ensuite la Flûte enchantée ; c’est ainsi que les réponses seront apportées.
Mais avant d’en arriver à cette étape fondamentale, Mozart a effectué de nombreux voyages et contracté plusieurs maladies mortelles :

- A 6 ans : officiellement, Mozart a la scarlatine. On sait aujourd’hui qu’il s’agissait d’un érythème noueux, suite au catarrhe contracté juste avant.

- 7 ans : deux premières crises de fièvre rhumatismale

- 8 ans : fièvre typhoïde (le rendant provisoirement aveugle)

- 9 ans : nouvelle crise de fièvre rhumatismale

- 10 ans : Mozart est atteint de la variole (cicatrices définitives)

- 14 ans : grave maladie contractée en Italie (il gardera le teint jaune)

Il paraît alors raisonnable de penser que Mozart enfant, atteint de si graves maladies, affrontant la mort, la douleur et la cécité, gardant de vilaines cicatrices et de nombreuses gênes, ait pu élever son esprit dans les questions fondamentales de l’existence, s’intéresser aux symboles liés à la vie, revoir la mythologie et nourrir ses facultés exceptionnelles de raisonnement.
En effet, tandis que les enfants de son âges jouaient, courraient, s’organisaient quelque avenir insouciant, Mozart travaillait, composait, interprétait et surtout, se questionnait sans cesse.
D’autres rencontres vont alors conforter les idées naissantes du prodige. L’année qui précède la mort de sa mère, Mozart fait la connaissance de von Gemmingen, personnage illustre qui deviendra par la suite le Vénérable de la Loge où il sera initié.

1780 : l’ère industrielle peut commencer à s’épanouir car Marie-Thérèse d’Autriche est morte. Mozart est de retour au pays, sa mère enterrée à Paris, il ne demande qu’à reprendre les contacts avec ses amis Francs-maçons.
Joseph II régénère la Franc-maçonnerie, car il ne s’oppose pas à son existence. Souvenons-nous que la raison pour laquelle Marie-Thérèse d’Autriche avait lutté avec acharnement contre la Franc-maçonnerie manquait pour le moins de raison d’état : son époux passait trop de temps dans la Loge et en compagnie de ses frères de Loges et de leurs ami(e)s. Marie-Thérèse s’organisa donc pour récupérer son mari volage en interdisant les Tenues maçonniques.

A cette époque, Vienne ne jure que par Glûck, Haydn et Mozart ; notre génie de l’harmonie n’est pourtant pas à son aise, les paiements ne sont pas toujours honorés, les commandes se concrétisent avec difficultés.

Il lui faut néanmoins « tenir son rang » et vivre de manière à paraître, se rappeler au souvenir des riches familles. Mozart doit alors sacrifier son amour-propre pour donner des leçons de musique, prendre des contacts, organiser des réceptions, ou s’y rendre lorsqu’il est invité, se produire et jouer, répéter, prendre des cours de français et d’anglais, déjouer les intrigues mesquines de ses détracteurs et concurrents, emprunter de l’argent, s’amuser et rembourser ses dettes.

Toutes ces activités intenses et parfois même épuisantes, ne l’empêchent pas de composer (d’ailleurs rien ne pouvait constituer une entrave à la composition).
Rien qu’en 1782, sa production est stupéfiante :

- Nouveau final pour le Concerto pour piano N°5
- Mélodie Nehmt meine dank, pour soprano
- Adaptation pour quatuor à cordes de 5 fugues de J.S.Bach
- Prélude et Fugue pour piano en ut majeur (hommage à Bach)
- Suite pour piano en ut majeur
- Fantaisie pour piano en ré mineur
- L’ Enlèvement au Sérail, opéra Singspiel (die Entführung aus dem serail)

Mozart souhaite alors faire ressortir de manière claire que la laideur des sentiments (dissonance) ne peut se résoudre que par l’harmonie des cœurs (consonance). Il considère que seules les lois de l’esthétique peuvent contenir le bien et le mal. Mozart est donc, bien que profane, déjà sérieusement éclairé, son esprit s’élève vers une philosophie d’ordinaire inaccessible aux jeunes de son âge. En effet, l’Enlèvement au Sérail comporte déjà de nombreux éléments qui soulignent l’esprit de liberté anglaise (berceau de la Franc-maçonnerie), par le personnage de Blonde.
Doit-on alors s’étonner encore que Wolfgang continue sa production cette même année en composant :

- Sérénade en ut mineur
- Sérénade-Symphonie " Haffner " en ré majeur
- Marche en ré majeur pour accompagner la sérénade
- Sonate pour piano et violon en ut majeur
- Sonate pour piano et violon en la majeur
- Adagio-fantaisie pour piano en ut mineur
- Aria " in te spero, o sposo amato " pour soprano
- Quintette pour cor et cordes en mi bémol majeur
- Allegro pour cor N° 1 en ré majeur
- Concerto pour piano en la majeur
- Concerto pour piano en fa majeur
- Concerto pour piano en ut majeur
- Quatuor à cordes en sol majeur

Combien de compositeurs pouvaient hier, et peuvent aujourd’hui, tenter ne serait-ce que d’égaler cette production, tant en qualité qu’en terme de quantité ?

L’année 1783, le fameux Gemmingen que connaît Mozart installe sa propre Loge Maçonnique à Vienne ; il invite Mozart à s’y joindre…pour y jouer le rôle de musicien.
Toutes les hésitations de Mozart s’entendent parfaitement dans l’Andante con moto du quatuor à cordes en mi bémol majeur (K 428).
Cette année là, bien qu’il hésite encore à rejoindre son ami dans la Loge, il composera néanmoins un nombre exceptionnel d’œuvres :

- Messe solennelle en ut mineur
- Récitatif et Air de " ah, non sai… ", pour soprano
- Ariette " Manner suchen stets ", pour basse
- Air " Müsst’ich auch", pour ténor
- Quatuor à cordes pour une pantomime de carnaval
- Six variations pour piano en fa majeur
- Concerto pour cor N° 2
- Quatuor à cordes en ré mineur
- Air " Vorrei spiegarvi… ",pour soprano
- Air " no, no, che non sei capace… ", pour soprano
- Air de " per pieta, non ricercate… ", pour ténor
- Duo pour violon et piano en sol majeur
- Duo pour violon et alto en si bémol majeur
- Symphonie en ut majeur, dite " de Linz "
- Adagio-maestoso pour une symphonie en sol majeur
- L’oie du Caire, opéra-buffa (limité aux esquisses)
- Récitatif et Air " Misero, o sogno… ", pour ténor (Adamberger)
- Récitatif et Air " Aspri rimorsi atroci… ", pour basse
- Fugue pour deux pianos en ut mineur
- Concerto pour cor N°3 en mi bémol majeur
- Quatuor à cordes en mi bémol majeur

Mozart en cette période aura donc composé l’équivalent de deux œuvres par mois !
Cette production, alors qu’il envisage tout juste d’entrer dans la Franc-maçonnerie, et que certaines de ses œuvres sont déjà fortement inspirées par l’Egypte, contiennent un bon nombre de symboles maçonniques, autant soufflés par les traditions des bâtisseurs de pyramides que ceux des bâtisseurs de cathédrales.
Mozart envoie sa lettre de candidature à la Loge Zur Wohlthätigkeit en novembre 1784. Il a 28 ans…

Dernière mise à jour :
2 janvier 2005
Wolfgang Amadeus MOZART : Préparation du génie