Lettre qui témoigne de l'humour particulier de Mozart
:
J'espère que tu te portes bien ma chère sœur.
Quand tu recevras cette lettre, ma chère sœur, ce
soir la même, ma chère sœur, mon opéra
paraîtra en scène...Ma chère sœur nous
dînons demain chez M. von Mayer. Et pourquoi? Devine!C'est
parce qu'il nous invités. La répétition
de demain se fera sur le théâtre même. Mais
impresario, signor Castiglioni en personne; sans cela, tout
le monde y accourrait, et c'est ce que nous ne voulons pas.
Ainsi, mon enfant, je te prie de n'en parler à personne,
mon enfant, de peur que trop de gens y courent, mon enfant.
Approposito, sais-tu déjà l'aventure qui s'est
passée ici ? Je vais te la raconter. Nous sommes sortis
aujourd'hui de chez le comte Firmian pour retourner chez nous.
En arrivant dans notre rue, nous avons ouvert la porte de notre
maison, et que penses-tu bien qu'il soit arrivé ?...
Nous sommes entrés ! Adieu, mon poumon. Je t' embrasse,
mon foie, et suis, comme toujours, mon estomac, ton indigne
frater, frère.
Wolfgang, Milan 18 décembre
1772