Mozart va de plus en plus mal. Ses dettes se font de plus en plus nombreuses. Puchberg, semble être son seul recours face à ses problèmes d'argent.
Mais puisque me voici, une fois encore,
et la dernière, dans le moment le plus critique de
tous, qui doit décider de tout mon avenir, je fais
encore appel à vous, plein de confiance dans cette
amitié et cette affection de Frère que vous
m'avez conservées, pour me venir en aide selon tout
votre pouvoir. Vous savez comment ma situation actuelle, si
elle était connue, me ferait du tort dans mes démarches
près de la Cour...; combien il est nécessaire
qu'elle reste un secret. Car on juge, à la Cour, non
sur les circonstances, mais uniquement, hélas! sur
les apparences. Vous savez, d'ailleurs, et êtes assurément
bien persuadé, que si, comme je puis à présent
formellement I'espérer, je suis heureux dans ma requête,
vous n'aurez rien perdu du tout... Avec quel plaisir je réglerai
alors toutes mes dettes vis-à-vis de Avec quel plaisir
je vous remercierai !tout en me reconnaissant d'ailleurs à
jamais votre obligé! Quelle agréable impression,
une fois atteint enfin le but poursuivi !... Quelle impression
divine, si l'on y a été aidé !... Mes
larmes ne me permettent pas d'achever ce tableau... Bref!...
tout mon bonheur à venir est entre vos mains... Faites
selon votre noble cœur... faites ce que vous pourrez,
et pensez que vous le faites pour un homme loyal et reconnaissant
à jamais, que sa situation rend plus malheureux à
cause de vous qu'à cause de lui-même!
Mozart