Wolgang Amadeus MOZART (Salzburg 1756 - Vienne 1791) : Mort d'Anna-Maria

Wolfgang est à Paris. Sa mère qui l'a accompagné vient de mourir dans leur appartement le 3 juillet 1778. Wolfgang est terriblement malheureux, il est seul au monde. De plus l'idée d'annoncer la mort de sa mère à son père le terrorise presque encore plus. Il va donc faire son annonce en deux temps. Il adresse d'abord une lettre à son père annonçant que Anna-maria est très malade, alors qu'elle est déjà morte :

Monsieur, mon très cher père,

J'ai à vous donner une très fâcheuse et très triste nouvelle, c'est elle qui est responsable du fait que je n'ai pas encore répondu à votre lettre du 11. Ma chère maman est très malade (...). Elle est très faible, a encore de la fièvre, délire, on me donne de I'espoir mais je n'en ai guère. Je passe depuis des jours de la crainte à l'espoir, mais je m'en suis entièrement remis à la volonté de Dieu. J'espère que vous en ferez de même, ainsi que ma chère sœur; existe-t-il un autre moyen pour être calme ? Je veux dire plus calme, car on ne peut l'être totalement; je suis confiant, quoi qu'il arrive, car je sais que c'est !Dieu qui ordonne tout pour notre plus grand bien (même si nous croyons que tout va de travers) et qui le veut ainsi (...). Je ne dis pas pour autant que ma mère va mourir ou qu'elle doit mourir, que tout espoir est perdu-elle peut recouvrer la fraîcheur et la santé, mais uniquement si Dieu le veut (...). Passons maintenant à autre chose et quittons ces tristes pensées.(...)
Wolfgang Amadé Mozart

La seconde lettre fut écrite plus tard à l'abbé Bullinger, son meilleur ami de Salzbourg. Il lui confit la vérité avec pour mission d'en faire part à Léopold :

Très cher ami,

Pour vous tout seul,
Pleurez avec moi, mon ami! Ce fut le jour le plus triste de ma vie. Il faut encore que je vous le dise: ma mère, ma chère maman n'est plus! Dieu l'a rappelée à lui. Il voulait l'avoir, je le voyais clairement, et c'est pourquoi je me suis remis a la volonté de Dieu. Il me l'avait donnée, il pouvait aussi la prendre. Imaginez l'inquiétude, angoisse et les soucis que j'ai endurés pendant ces quinze jours. Elle est morte sans s'en rendre compte, s'est éteinte comme une lumière. je vous vous prie, très cher ami, conservez-moi mon père, donnez-lui du courage pour qu'il ne prenne pas la nouvelle trop douloureusement ni tragiquement lorsqu'il l'apprendra, je vous recommande également de tout cœur ma sœur allez tout de suite les voir, je vous en prie, ne leur dites pas encore qu'elle est morte, mais préparez-les à l'apprendre. Faites ce que vous voulez utilisez tous les moyens, veillez seulement à ce que je puisse être rassuré et que je ne doive pas m'attendre encore à un autre malheur. Préservez- moi mon cher père et ma chère sœur. Donnez-moi tout de suite votre réponse, je vous prie.


Dernière mise à jour :
2 janvier 2005
Wolfgang Amadeus MOZART : Mort d'Anna-MAria