17 juillet 1453

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Le Christ bénissant, par Duccio di Buoninsegna (Italie 1255-1318), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

La guerre de Cent Ans prend fin à Castillon

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Les grandes étapes de la guerre de Cent Ans:

7 octobre 1337: début des hostilités

26 août 1346: bataille de Crécy

3 août 1347: capitulation de Calais

19 septembre 1356: bataille de Poitiers

22 février 1358: la révolution manquée d'Étienne Marcel

21 mai 1358: les paysans se révoltent contre la noblesse

16 mai 1364: Du Guesclin bat le Mauvais à Cocherel

3 janvier 1383: la révolte fiscale des Maillotins

23 novembre 1407: meurtre de Louis d'Orléans à Paris

25 octobre 1415: bataille d'Azincourt

10 septembre 1419: meurtre de Jean sans Peur à Montereau

21 mai 1420: traité de Troyes

25 février 1429: Jeanne d'Arc rencontre le Dauphin à Chinon

8 mai 1429: prise d'Orléans par Jeanne d'Arc

30 mai 1431: Jeanne d'Arc brûlée vive à Rouen

17 juillet 1453: bataille de Castillon et fin de la guerre de Cent Ans
 

Le 17 juillet 1453, l’armée du roi de France se heurte à un corps expéditionnaire anglais sur les bords de la Dordogne, près du village de Castillon.

La bataille met un terme définitif à un long conflit qui restera connu dans l’Histoire sous le nom de guerre de Cent Ans.

Ce conflit provoqué par la rivalité entre deux dynasties cousines connaît de longues pauses et des rebondissements spectaculaires.

La phase finale intervient après le supplice de Jeanne d’Arc, en 1431. Fort de sa nouvelle légitimité, le roi Charles VII reprend la contre-offensive contre les Anglais.

Justement surnommé le Bien Servi, le roi est assisté par le Grand Argentier Jacques Cœur, qui restaure ses finances, par Dunois, qui commande ses troupes, et par les frères Jean et Gaspard Bureau, qui réorganisent son armée et constituent pour la première fois une artillerie puissante et relativement efficace.

Agnès Sorel, première maîtresse officielle de l'Histoire de France, entretient son courage comme, plus tôt et d'une manière toute différente, Jeanne d'Arc. 

En 1450, Charles VII remporte la victoire de Formigny sur les Anglais. L’ost royale, commandée par le comte de Penthièvre, descend la vallée de la Dordogne. Bergerac est conquise le 10 octobre 1450. Bordeaux se rend enfin aux Français par le traité du 12 juin 1451. Les Anglais sont chassés de tout le continent à l’exception de Calais. La guerre de Cent Ans pourrait s’arrêter là.

Mais à Bordeaux et dans l’Aquitaine, les sujets de Charles VII regrettent très vite les Anglais qui ménageaient leurs droits communaux et leur autonomie. Ils s’en plaignent au roi, à Bourges, mais celui-ci ne les écoute pas. Les Bordelais rappellent alors les Anglais.

Bien qu’empêtré dans la guerre dynastique des Deux Roses, le roi Henri VI de Lancastre expédie 3000 hommes en Aquitaine sous le commandement de John Talbot, un vieux guerrier d’environ 70 ans.

Le corps expéditionnaire débarque le 20 octobre 1452 près de Soulac, dans le Médoc, en un lieu encore appelé «l’Anse de l’Anglot». Il reçoit bientôt 2000 hommes en renfort.

Mais les Français, en face, comptent pas moins de 10.000 hommes et 300 bouches à feu, sous le commandement de Dunois et des frères Bureau. L’affrontement décisif, à quelques centaines de mètres des murailles de Castillon, se solde par un total de 9.000 morts, blessés et prisonniers. Le vieux Talbot succombe dans la mêlée.

Employée pour la première fois de façon rationnelle et systématique en rase campagne, l’artillerie assure la victoire des troupes françaises. La chevalerie n’est plus la reine des batailles!

Survenant quelques semaines après la chute de Constantinople aux mains des Turcs, la bataille de Castillon passe presque inaperçue des contemporains. Elle n’en marque pas moins l’Histoire militaire par le triomphe de l’artillerie. Les Anglais sont obligés de rembarquer. Ils renonçent à jamais à l’Aquitaine et aux possessions continentales de la dynastie royale des Plantagenêt.

Le vainqueur ultime de la guerre de Cent Ans, le roi Charles VII de Valois, surnommé à juste titre le Bien-Servi, mourra huit ans plus tard, le 22 juillet 1461, à 58 ans, avec l'amertume de devoir affronter l'insoumission de son fils, le Dauphin Louis.

Dans l'impatience de gouverner et au risque de remettre en question l'unité si chèrement acquise, le futur Louis XI n'hésite pas à soulever les vassaux contre son père ni à s'allier à son rival, le puissant duc de Bourgogne Philippe le Bon.

Chaque été depuis 20 ans, les habitants de la petite ville de Castillon-la-Bataille célèbrent la bataille qui s'est déroulée à leurs portes, dans un spectacle d’une très belle prestance.

 

Mise à jour le 23 février 2003