Du Guesclin bat le Mauvais à Cocherel

Les grandes étapes de la guerre de Cent Ans:

7 octobre 1337: début des hostilités

26 août 1346: bataille de Crécy

3 août 1347: capitulation de Calais

19 septembre 1356: bataille de Poitiers

22 février 1358: la révolution manquée d'Étienne Marcel

21 mai 1358: les paysans se révoltent contre la noblesse

16 mai 1364: Du Guesclin bat le Mauvais à Cocherel

3 janvier 1383: la révolte fiscale des Maillotins

23 novembre 1407: meurtre de Louis d'Orléans à Paris

25 octobre 1415: bataille d'Azincourt

10 septembre 1419: meurtre de Jean sans Peur à Montereau

21 mai 1420: traité de Troyes

25 février 1429: Jeanne d'Arc rencontre le Dauphin à Chinon

8 mai 1429: prise d'Orléans par Jeanne d'Arc

30 mai 1431: Jeanne d'Arc brûlée vive à Rouen

17 juillet 1453: bataille de Castillon et fin de la guerre de Cent Ans
 

Le 16 mai 1364, le capitaine Bertrand Du Guesclin vainc les troupes du roi de Navarre, Charles II, justement surnommé le Mauvais

La bataille se déroule à Cocherel (aujourd'hui Houlbec-Cocherel), à quelques kilomètres d'Evreux.

La victoire du mercenaire breton et de ses compagnies de soudards va permettre au dauphin Charles de Valois de restaurer son pouvoir chancelant.

Péril extrême

Depuis la désastreuse bataille de Poitiers et la captivité du roi Jean le Bon, l'héritier de la couronne doit faire face à l'occupation anglaise, à des révoltes paysannes, aux revendications des marchands de Paris ainsi qu'à la sédition de son beau-frère, le roi de Navarre.

En 1358, lorsque le dauphin convoque les états généraux pour demander des subsides en vue de payer la rançon de son père, le prévôt des marchands de Paris, Etienne Marcel, en profite pour exiger l'épuration du Conseil du roi et le bannissement de certains conseillers. Le dauphin s'incline en échange de l'argent réclamé.

La nouvelle bourgeoisie marchande menace ainsi, à Paris comme dans les Flandres, de supplanter la vieille aristocratie féodale, ruinée par les dépenses somptuaires et la baisse des loyers prélevés sur les terres. Tandis que le dauphin doit quitter Paris dans la précipitation pour échapper à la révolte, Etienne Marcel s'allie contre lui avec le roi de Navarre.

A Paris, cependant, certains s'inquiètent de cette alliance contre nature. Charles le Mauvais s'en va réprimer les Jacqueries paysannes. Là-dessus, Etienne Marcel se fait tuer à la porte Sainte Antoine tandis qu'il s'apprête à lui ouvrir les portes de la capitale. Le Dauphin rentre enfin à Paris et obtient la soumission des marchands. Il peut enfin négocier avec les Anglais la paix de Brétigny.

Reste le Navarrais, dont les redoutables troupes de Gascons étaient solidement établies dans les campagnes autour de Paris et faisaient bombance pendant que les Parisiens criaient famine.

Un mercenaire d'exception

Le dauphin fait appel à Bertrand Du Guesclin (40 ans), un chef de bande qui s'est illustré dans les luttes dynastiques en son pays, la Bretagne.

Le 18 juin 1359, le mercenaire breton attaque la ville de Melun, aux mains de Charles le Mauvais, et, quelques années plus tard, écrase ce dernier dans la plaine de Cocherel.

Sa victoire lui vaut en récompense le comté de Longueville, près de Dieppe. Le 29 septembre 1364, Du Guesclin est fait prisonnier par les Anglais à Auray mais son protecteur, devenu roi sous le nom de Charles V, ne se fait pas prier pour payer une rançon de 40.000 florins.

Du Guesclin va ensuite entraîner les grandes compagnies de mercenaires en Espagne où il retrouve son vieil ennemi, le roi de Navarre.

A nouveau prisonnier des Anglais, il fixe lui-même sa rançon au niveau qui sied à sa valeur... et son roi le fait libérer en échange de 60.000 florins.

De retour en France, Du Guesclin chasse les Anglais de presque tout le royaume. Il est tué en 1380, à 60 ans, au siège de Châteauneuf-de-Randon, en Auvergne. Charles V meurt la même année.

Grâce à la fougue du premier et à la sagesse du second, la France va entrer alors dans une longue embellie d'un tiers de siècle qui ne sera rompue que par la folie du nouveau roi et le désastre d'Azincourt.

 

Mise à jour le 23 février 2003