25 octobre 1415

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Le Christ bénissant, par Duccio di Buoninsegna (Italie 1255-1318), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

La bataille d'Azincourt

Les grandes étapes de la guerre de Cent Ans:

7 octobre 1337: début des hostilités

26 août 1346: bataille de Crécy

3 août 1347: capitulation de Calais

19 septembre 1356: bataille de Poitiers

22 février 1358: la révolution manquée d'Étienne Marcel

21 mai 1358: les paysans se révoltent contre la noblesse

16 mai 1364: Du Guesclin bat le Mauvais à Cocherel

3 janvier 1383: la révolte fiscale des Maillotins

23 novembre 1407: meurtre de Louis d'Orléans à Paris

25 octobre 1415: bataille d'Azincourt

10 septembre 1419: meurtre de Jean sans Peur à Montereau

21 mai 1420: traité de Troyes

25 février 1429: Jeanne d'Arc rencontre le Dauphin à Chinon

8 mai 1429: prise d'Orléans par Jeanne d'Arc

30 mai 1431: Jeanne d'Arc brûlée vive à Rouen

17 juillet 1453: bataille de Castillon et fin de la guerre de Cent Ans
 

Le 25 octobre 1415, la «fleur de la chevalerie française» est anéantie à Azincourt, au nord de la Somme, par les archers et les piétons du roi d'Angleterre.

Le désastre d'Azincourt relance la guerre de Cent Ans après une embellie de 35 ans consécutive aux victoires de Charles V et de son connétable Bertrand Du Guesclin.

S'ajoutant aux défaites de Crécy et Poitiers, Azincourt signe la mort de la chevalerie féodale.

Désastre


Henri V de Lancastre a profité de la folie du roi Charles VI et des querelles entre les membres du Conseil de Régence, Armagnacs et Bourguignons, pour dénoncer la trêve conclue en 1396. Il débarque le 13 août 1415 près de Harfleur avec 1400 navires et un total de 30.000 hommes.

Les chevaliers français groupés autour de la faction des Armagnacs vont à sa rencontre pour lui couper la route de Calais.

Malgré l'avantage du nombre (50.000 combattants contre 15.000), les Français succombent car ils se montrent indisciplinés. Ils prétendent attaquer à cheval les lignes ennemies derrière lesquelles sont solidement retranchés les archers anglais.

Les chevaliers chargent les archers sans se soucier d'attendre la piétaille. Mais ils sont encombrés par des armures qui atteignent jusqu'à 20 kilos et peinent à se déplacer sur un sol détrempé par la pluie.

Dans la panique face aux volées de flèches, beaucoup de chevaliers chutent de cheval et sont faits prisonniers.

La plupart des prisonniers (1700 environ) sont égorgés par les archers sur ordre du roi Henri V qui veut ainsi décapiter la faction des Armagnacs et renforcer ses alliés bourguignons. Les Anglais ne se soucient pas de les garder vivants pour les échanger contre rançon selon l'ancienne coutume féodale (tout se perd!).

Les pertes sont énormes du côté français (près de 10.000 hommes contre 1500 du côté anglais). Elles font d'Azincourt l'une des batailles les plus meurtrières du Moyen Age occidental.

Fort de sa victoire, le roi d'Anglerre en profitera pour s'emparer de la Normandie.

Par le traité de Troyes, il épousera Catherine, fille du roi de France Charles VI le Fou et de son indigne femme Isabeau de Bavière.

Il se fera reconnaître comme l'héritier du trône de France après la mort de Charles VI... Mais ce sera compter sans Jeanne d'Arc.

Le duc Charles d’Orléans (24 ans), neveu du roi Charles VI et chef des Armagnacs, est fait prisonnier à Azincourt. Il n'est pas égorgé comme ses compagnons d'armes mais devra demeurer 25 ans en Angleterre où il cultivera la poésie.

En regardant vers le pays de France
Un jour m'advint, à Douvres sur la mer,
Qu'il me souvint de la douce plaisance
Que je soulais audit pays trouver ;
...

Shakespeare et Azincourt


La bataille d'Azincourt inspirera deux siècles plus tard à Shakespeare le drame King Henry V. Le dramaturge y exaltera le courage et l'amour de la patrie:


KING HENRY.
This day is called the feast of Crispian:
He that outlives this day, and comes safe home,
Will stand a tip-toe when this day is named,
And rouse him at the name of Crispian.
He that shall see this day, and live old age,
Will yearly on the vigil feast his neighbours,
And say, "To-morrow is Saint Crispian."
Then will he strip his sleeve, and show his scars,
And say, "These wounds I had on Crispin's day."
Old men forget; yet all shall be forgot,
But he'll remember, with advantages,
What fears he did that day...

Once more unto the breach, dear friends, once more;
Or close the walt up with our English dead...
In peace, there's nothing so becomes a man,
As modest stillness, and humility:
But when the blast of war blows in our ears,
Then imitate the action of the tiger.

 

Mise à jour le 22 février 2003