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Le
20 avril 1792, le roi Louis XVI déclare officiellement la guerre au «roi de Bohème
et de Hongrie».
Ce titre volontairement méprisant désigne rien moins que l'empereur allemand, l'archiduc
d'Autriche François II, qui est aussi le neveu de Marie-Antoinette, la reine de France.
La guerre est dans l'air depuis la déclaration de Pillnitz, en août 1791. Le roi de
Prusse et l'empereur avaient exigé des révolutionnaires qu'ils rétablissent le roi de
France dans la plénitude de ses droits.
Louis XVI, qui ne se résigne pas à un rôle de figurant, pousse à la guerre en
espérant que la victoire des souverains restaurera son pouvoir absolu.
À l'Assemblée législative, le parti de la Montagne ou des Jacobins pousse aussi à la
guerre, sous l'influence de plusieurs députés de la Gironde, comme Brissot.
Les Brissotins, que l'on appellera plus tard Girondins, espèrent que la guerre obligera
le roi à prendre parti pour ou contre la Révolution. Ils rêvent aussi d'étendre la
Révolution au reste de l'Europe.
Robespierre, au Club des Jacobins, est l'un des rares révolutionnaires à mettre en garde
contre une guerre. Il ne sera pas écouté et au plus fort de l'invasion, c'est à lui que
l'on fera appel pour sauver le pays.
Dès la déclaration de guerre, le roi de Prusse se rallie à l'empereur. Les premières
batailles sont désastreuses pour les Français.
Le 15 juillet, le duc de Brunswick (ou Braunschweig),
qui commande l'armée prussienne, promet par un manifeste de
«livrer Paris à une exécution militaire et à une subversion
totale».
Contrairement à ses attentes, la menace entraînera un sursaut patriotique des Français
et provoquera la chute de la royauté. |
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