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Le 26 novembre
1812, la Grande Armée de Napoléon 1er arrive au bord de la Bérézina, un affluent du
Dniepr. Survient l'épisode le plus dramatique de la retraite de Russie.
Tandis que les Cosaques harcèlent les troupes démunies de tout, les
pontonniers du général Eblé aménagent un passage sur la rivière gelée.
La plupart y laissent leur vie. Pendant 3 jours, ce qui reste de la Grande Armée, entrée
en Russie cinq mois plus tôt, va franchir les ponts improvisés.
La campagne de Russie
La Grande Armée comptait près de 700.000 soldats à son entrée en Russie, en juin, dont
300.000 Français.
Napoléon 1er se montre très vite désemparé par la tactique de l'armée russe du
maréchal Koutouzov qui refuse le combat et dévaste les villages devant l'envahisseur
pour le priver de tout ravitaillement.
C'est seulement le 7 septembre, sur les bords de la Moskova, près du village de Borodino,
que les deux armées s'affrontent enfin. La victoire revient aux Français mais au prix de
lourdes pertes: 30.000 contre 50.000 côté russe.
La Grande Armée entre enfin à Moscou, l'ancienne capitale de
l'empire tsariste. C'est pour s'apercevoir que la ville a été désertée par tous ses
habitants. Les soldats du maréchal Koutouzov n'ont pas hésité à chasser les Moscovites
vers les forêts des alentours.
Le lendemain de leur entrée dans la ville, le 15 septembre 1812, les soldats de Napoléon
doivent faire face à des incendies multiples, allumés ça et là par des repris de
justice russes.
Les incendies ont été manifestement préparés de longue date, à l'instigation du
gouverneur de la ville, le comte Rostopchine (père de la future comtesse de Ségur,
auteur des «Malheurs de Sophie»).

Très vite, la ville, construite en bois, est en
flammes. Napoléon 1er s'entête néanmoins à attendre sur place, pendant un mois entier,
une réponse du tsar Alexandre 1er à ses offres de négociations. Celles-ci ne venant
pas, il doit se résigner à battre en retraite en dépit de l'hiver précoce.
L'empereur choisit de revenir par le même chemin, bien que celui-ci eût été déjà
dévasté par les troupes russes et que le terrible hiver russe fasse déjà sentir ses
morsures.
Héroïques pontonniers
En arrivant au bord de la Bérézina, Napoléon 1er ne dispose plus que 49.000
combattants, non compris 40.000 retardataires.
La glace qui recouvre habituellement la rivière en cette saison, a fondu par l’effet
d’un dégel inattendu et les eaux charrient d’énormes blocs de glace.
Le général du génie Jean-Baptiste Eblé a heureusement conservé ses outils malgré les
ordres de l'empereur.
En quelques heures, ses 400 pontonniers édifient deux ponts de 90 mètres de long et 5
mètres de large.
En trois jours, les troupes franchissent la rivière pendant que le général Oudinot
livre bataille aux Russes afin de faire diversion.
Un pont se brise le 27 novembre, entraînant dans les flots un grand nombre de
grognards. Il est réparé dans la soirée par les pontonniers qui se jettent dans les
eaux glacées.
Au matin du 29 novembre, Eblé, qui voit les Russes approcher, met le feu à ses ouvrages.
Des milliers de traînards se noient en tentant d’échapper à l’ennemi. Parmi
eux des femmes et des enfants.
Au sortir de la rivière, Napoléon dispose encore de 25.000 combattants et 30.000
non-combattants. 20.000 retrouveront leurs foyers... On évalue à 50.000 le nombre de
prisonniers et de déserteurs qui feront souche en Russie.
Une grande partie des pontonniers ont péri de froid dans l’eau glaciale de la
Bérézina. Aucun ne survivra à la retraite et Eblé lui-même mourra d’épuisement
à Königsberg.
La débâcle est totale. L'Empereur rédige un Bulletin dramatique pour en informer
l'opinion française. Lui-même abandonne ses soldats et rejoint en toute hâte Paris, où
un général a tenté de renverser l'Empire.
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