26 novembre 1812 

Voir le jour précédentavant aprèsVoir le jour suivant
Le temps des Révolutions (1688-1848)
Ce jour-là...


Passage de la Bérézina

Les grandes batailles de la Révolution et de l'Empire:

20 avril 1792: déclaration de guerre

1ère coalition (1792-1797)

20 septembre 1792: Valmy

6 novembre 1792: Jemmapes

26 juin 1794: Fleurus

21 juillet 1798: Pyramides

2ème coalition (1798-1802)

26 septembre 1799: Zurich

14 juin 1800: Marengo

3 décembre 1800: Hohenlinden

3ème coalition (1805)

15-16 octobre 1805: Ulm

21 octobre 1805: Trafalgar

2 décembre 1805: Austerlitz

4ème coalition (1806-1807)

14 octobre 1806: Iéna et Auerstaedt

8 février 1807: Eylau

7 juillet 1807: traité de Tilsit

5ème coalition (1809)

26 novembre 1812: Bérézina

6ème coalition (1813-1814)

7ème coalition (1815)

18 juin 1815: Waterloo

Etoile

voir aussi Les grandes journées de la Révolution
et
Les guerres de Vendée
 

Le 26 novembre 1812, la Grande Armée de Napoléon 1er arrive au bord de la Bérézina, un affluent du Dniepr. Survient l'épisode le plus dramatique de la retraite de Russie.

 < Traversée de la Bérésina, dessin d'un témoin >Tandis que les Cosaques harcèlent les troupes démunies de tout, les pontonniers du général Eblé aménagent un passage sur la rivière gelée.

La plupart y laissent leur vie. Pendant 3 jours, ce qui reste de la Grande Armée, entrée en Russie cinq mois plus tôt, va franchir les ponts improvisés.

La campagne de Russie

La Grande Armée comptait près de 700.000 soldats à son entrée en Russie, en juin, dont 300.000 Français.

Napoléon 1er se montre très vite désemparé par la tactique de l'armée russe du maréchal Koutouzov qui refuse le combat et dévaste les villages devant l'envahisseur pour le priver de tout ravitaillement. 

C'est seulement le 7 septembre, sur les bords de la Moskova, près du village de Borodino, que les deux armées s'affrontent enfin. La victoire revient aux Français mais au prix de lourdes pertes: 30.000 contre 50.000 côté russe. 

La Grande Armée entre enfin à Moscou, l'ancienne capitale de l'empire tsariste. C'est pour s'apercevoir que la ville a été désertée par tous ses habitants. Les soldats du maréchal Koutouzov n'ont pas hésité à chasser les Moscovites vers les forêts des alentours.

Le lendemain de leur entrée dans la ville, le 15 septembre 1812, les soldats de Napoléon doivent faire face à des incendies multiples, allumés ça et là par des repris de justice russes.

Les incendies ont été manifestement préparés de longue date, à l'instigation du gouverneur de la ville, le comte Rostopchine (père de la future comtesse de Ségur, auteur des «Malheurs de Sophie»).

L'incendie de Moscou, par Jean-Charles Langlois

Très vite, la ville, construite en bois, est en flammes. Napoléon 1er s'entête néanmoins à attendre sur place, pendant un mois entier, une réponse du tsar Alexandre 1er à ses offres de négociations. Celles-ci ne venant pas, il doit se résigner à battre en retraite en dépit de l'hiver précoce.

L'empereur choisit de revenir par le même chemin, bien que celui-ci eût été déjà dévasté par les troupes russes et que le terrible hiver russe fasse déjà sentir ses morsures.

Héroïques pontonniers

En arrivant au bord de la Bérézina, Napoléon 1er ne dispose plus que 49.000 combattants, non compris 40.000 retardataires.

La glace qui recouvre habituellement la rivière en cette saison, a fondu par l’effet d’un dégel inattendu et les eaux charrient d’énormes blocs de glace.

Le général du génie Jean-Baptiste Eblé a heureusement conservé ses outils malgré les ordres de l'empereur.

En quelques heures, ses 400 pontonniers édifient deux ponts de 90 mètres de long et 5 mètres de large.

En trois jours, les troupes franchissent la rivière pendant que le général Oudinot livre bataille aux Russes afin de faire diversion.

Un pont se brise le 27 novembre, entraînant dans les flots un grand nombre de grognards. Il est réparé dans la soirée par les pontonniers qui se jettent dans les eaux glacées.

Au matin du 29 novembre, Eblé, qui voit les Russes approcher, met le feu à ses ouvrages. Des milliers de traînards se noient en tentant d’échapper à l’ennemi. Parmi eux des femmes et des enfants.

Au sortir de la rivière, Napoléon dispose encore de 25.000 combattants et 30.000 non-combattants. 20.000 retrouveront leurs foyers... On évalue à 50.000 le nombre de prisonniers et de déserteurs qui feront souche en Russie.

Une grande partie des pontonniers ont péri de froid dans l’eau glaciale de la Bérézina. Aucun ne survivra à la retraite et Eblé lui-même mourra d’épuisement à Königsberg.

La débâcle est totale. L'Empereur rédige un Bulletin dramatique pour en informer l'opinion française. Lui-même abandonne ses soldats et rejoint en toute hâte Paris, où un général a tenté de renverser l'Empire.

Le Brave des Braves

Michel Ney (1769-1815), héros de la bataille de Borodino et de la traversée de la Bérézina, était fils d'un tonnelier de Sarrelouis, une cité fondée par Louis XIV et fortifiée par Vauban.

Michel NeyEngagé volontaire en 1788, il gagna le surnom de «Brave des Braves» et devint général en 1796. Il s'illustra à Hohenlinden sous les ordres de Moreau avant de devenir maréchal lors de la grande promotion de mai 1804. Il fut fait duc d'Elchingen après la campagne d'Allemagne (1805) et prince de la Moskowa après celle de Russie (1812) où son courage et sa détermination avaient fait merveille.

Fort de ses états de service pendant la campagne de France, il s'enhardit à proposer l'abdication à Napoléon réfugié au château de Fontainebleau (18-20 avril 1814). Après le débarquement de Golfe-Juan, il promit à Louis XVIII, qui l'avait nommé pair de France, de «ramener l'usurpateur dans une cage de fer». Mais il se laissa emporter par l'émotion à Auxerre le 18 mars 1815 et tomba dans les bras de l'empereur. A ses excuses, Napoléon répondit: «Vous n'avez pas besoin d'excuses. Votre excuse, comme la mienne, est dans les événements, qui ont été plus forts que les hommes».

Il fit de son mieux à Waterloo sans parvenir à sauver la journée… ni à trouver la mort. Lors de la deuxième Restauration, il fut traduit devant la Chambre des Pairs pour trahison. Comme sa ville natale venait d'être cédée à la Prusse, il pouvait utiliser une esquive juridique pour échapper à sa condamnation. Mais il rejeta cette idée: «Je suis né Français, je veux mourir Français!»

Le maréchal refusa cette manoeuvre, et devant le peloton d'exécution, près de l'Observatoire de Paris, le 7 décembre 1815, il eut même le cran de commander: «Soldats, droit au coeur!» Une statue a été élevée par Rude sur le lieu de son exécution. Michel Ney fut le seul maréchal d'Empire exécuté à la Restauration (Gabriel Vital-Durand).

 

Mise à jour le 22 février 2003