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Le
6 novembre 1792, les volontaires de l'armée française battent les soldats autrichiens à
Jemmappes (ou Jemapes), près de Mons, en Belgique.
Commandés par Charles François Dumouriez,
les Français bénéficient de l'avantage du nombre et sont portés par la ferveur
révolutionnaire. La Révolution atteint à ce moment des sommets de popularité partout
en Europe et jusqu'en Angleterre.
Les principaux belligérants, le roi de Prusse et l'archiduc d'Autriche, sont eux-mêmes
davantage intéressés par les affaires polonaises que par la guerre contre la France. Ils
s'apprêtent avec le tsar de Russie à un deuxième partage de la malheureuse Pologne
après que celle-ci eût en vain tenté de réformer ses
institutions à l'image de la France.
Le dogme
des frontières naturelles
Après leur défaite, les Autrichiens du duc de Saxe-Teschen évacuent donc la
Belgique, possession des Habsbourg depuis Charles-Quint,
sans demander leur reste.
Plus sûrement que Valmy, six semaines plus tôt, Jemmapes
éloigne en France la crainte de l'invasion.
Cette nouvelle victoire entraîne les révolutionnaires à occuper la Belgique et la rive
gauche du Rhin. Elle excite leur appétit de conquête.
Les députés girondins de la Convention proposent
d'étendre la guerre et d'annexer les régions occupées.
Le 19 novembre, l'assemblée révolutionnaire vote un décret qui énonce:
«La Convention nationale déclare au nom de la nation française qu'elle accordera
fraternité et secours à tous les peuples qui voudront reconquérir leur liberté».
Le 15 décembre, elle proclame avec emphase:
«Guerre aux châteaux, paix aux chaumières».
Danton lui-même introduit le dogme nouveau des frontières naturelles pour justifier les
conquêtes. Il déclare à la Convention le 31 janvier 1793:
«Les limites de la France sont marquées par la nature. Nous les atteindrons dans
leurs quatre points: à l'Océan, au Rhin, aux Alpes, aux Pyrénées».
Cette politique provoquera la formation contre la France d'une première coalition
européenne. Elle se soldera 23 ans plus tard par la défaite de Waterloo et
l'affaiblissement irrémédiable du pays.
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