5 août 1392

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Le Christ bénissant, par Duccio di Buoninsegna (Italie 1255-1318), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Charles VI le Bien Aimé devient le Fou

La guerre de Cent Ans:

7 octobre 1337: début des hostilités

24 juin 1340: bataille navale de L'Ecluse

26 août 1346: bataille de Crécy

3 août 1347: capitulation de Calais

19 septembre 1356: bataille de Poitiers

22 février 1358: la révolution manquée d'Étienne Marcel

21 mai 1358: les paysans se révoltent contre la noblesse

31 juillet 1358: mort d'Étienne Marcel

8 mai 1360: préliminaires de paix de Brétigny

16 mai 1364: Du Guesclin bat le Mauvais à Cocherel

3 janvier 1383: la révolte fiscale des Maillotins

5 août 1392: Charles VI saisi de folie

23 novembre 1407: meurtre de Louis d'Orléans à Paris

25 octobre 1415: bataille d'Azincourt

10 septembre 1419: meurtre de Jean sans Peur à Montereau

21 mai 1420: traité de Troyes

25 février 1429: Jeanne d'Arc rencontre le Dauphin à Chinon

8 mai 1429: prise d'Orléans par Jeanne d'Arc

30 mai 1431: Jeanne d'Arc brûlée vive à Rouen

12 novembre 1437: Charles VII rentre à Paris

15 avril 1450: bataille de Formigny

17 juillet 1453: bataille de Castillon et fin de la guerre de Cent Ans
 

Le 5 août 1392, Charles VI (24 ans) traverse la forêt du Mans à la tête de ses troupes.

Le roi, que ses sujets surnomment le Bien Aimé pour les avoir délivrer des exactions de ses oncles, entreprend une expédition contre le duc de Bretagne Jean IV, allié aux Anglais.

Un illuminé surgit soudain et saisit la bride de son cheval et lui crie: «Arrête, noble roi, tu es trahi!» Peu après, la lance d'un soldat heurte un bouclier. Au bruit, le roi qui s'était assoupi sous l'effet de la chaleur, tire son épée et frappe ses compagnons. Six chevaliers sont tués avant qu'on ait pu le maîtriser!

Désormais les crises de folie ne vont plus quitter le jeune souverain mais seul son entourage immédiat est dans la confidence et ses retours intermittents à la raison empêchent la constitution d'une régence en bonne et due forme.

Les puissants oncles du roi, les ducs de Bourgogne, de Berry, d'Anjou et de Bourbon, en profitent pour revenir en force au pouvoir avec la complicité de la reine Isabeau de Bavière.

Le bal des Sauvages

La folie du roi s'aggrave au début de l'année suivante, au cours d'un bal donné à l'hôtel Saint-Pol (ou Saint-Paul), résidence habituelle du souverain.

A l'occasion de cette fête, dite Bal des Sauvages, les princes et le roi lui-même se sont déguisés avec un masque et un costume de toile cirée recouvert d'une épaisse couche de poix sur laquelle est collée de l'étoupe de lin.

Le jeune duc Louis d'Orléans, frère cadet du roi, n'a pas été averti. Il entre dans la salle tandis que la fête bat son plein et s'irrite de cette mascarade qui peut aggraver l'état du souverain. Il cherche le duc de Bourgogne pour lui demander de l'interrompre.

Comme Louis tente de reconnaître un Sauvage, un valet s'approche avec une torche. Celle-ci met le feu à l'étoupe et à la poix. Plusieurs jeunes gens sont brûlés dans d'atroces douleurs.

Le roi lui-même, qui se tenait à l'écart, échappe à la mort mais il a tout vu et en reste commotionné.

Les Parisiens, plus ou moins informés du drame, manifestent autour de l'hôtel. Autant ils aiment le roi, autant ils détestent ses oncles et appréhendent leur retour au pouvoir.

Le roi tente de les rassurer en se montrant à la cathédrale Notre-Dame pour une messe d'actions de grâces. Mais sa folie est désormais de notoriété publique de même que la mainmise des grands seigneurs sur le pouvoir.