8 mai 1360

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Le Christ bénissant, par Duccio di Buoninsegna (Italie 1255-1318), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Préliminaires de paix à Brétigny

La guerre de Cent Ans:

7 octobre 1337: début des hostilités

24 juin 1340: bataille navale de L'Ecluse

26 août 1346: bataille de Crécy

3 août 1347: capitulation de Calais

19 septembre 1356: bataille de Poitiers

22 février 1358: la révolution manquée d'Étienne Marcel

21 mai 1358: les paysans se révoltent contre la noblesse

31 juillet 1358: mort d'Étienne Marcel

8 mai 1360: préliminaires de paix de Brétigny

16 mai 1364: Du Guesclin bat le Mauvais à Cocherel

3 janvier 1383: la révolte fiscale des Maillotins

5 août 1392: Charles VI saisi de folie

23 novembre 1407: meurtre de Louis d'Orléans à Paris

25 octobre 1415: bataille d'Azincourt

10 septembre 1419: meurtre de Jean sans Peur à Montereau

21 mai 1420: traité de Troyes

25 février 1429: Jeanne d'Arc rencontre le Dauphin à Chinon

8 mai 1429: prise d'Orléans par Jeanne d'Arc

30 mai 1431: Jeanne d'Arc brûlée vive à Rouen

12 novembre 1437: Charles VII rentre à Paris

15 avril 1450: bataille de Formigny

17 juillet 1453: bataille de Castillon et fin de la guerre de Cent Ans
 

Le 8 mai 1360, Français et Anglais s'entendent à Brétigny sur des préliminaires de paix qui mettent fin à plus de deux décennies de combats.

Difficile redressement

La dramatique bataille de Poitiers a conduit à la défaite et à la capture du roi de France, Jean II le Bon.

Par des accords signés dans sa prison de Londres, celui-ci promet à son geôlier, Édouard III, une rançon de 4 millions d'écus d'or en échange de sa libération ainsi que toutes les possessions des Plantagenêt, soit près de la moitié des domaines capétiens!

Mais son fils et héritier, le dauphin Charles, ne l'entend pas de cette oreille. Exerçant à Paris les fonctions de régent, il remet le royaume sur pied, non sans peine. Puis il convoque les états généraux. Ceux-ci dénoncent les accords de Londres.

Édouard III d'Angleterre débarque illico à Calais et tente d'entrer à Reims pour s'y faire sacrer roi de France. Mais il est repoussé.

Sur le chemin du retour, se voyant en mauvaise position et craignant que sa chevauchée ne s'achève sur un désastre, il consent à revenir sur les accords de Londres.

Les ennemis se retrouvent dans le village de Brétigny, un hameau qui est aujourd'hui situé sur la commune de Sours, près de Chartres (une stèle a été dressé par la société archéologique d'Eure-et-Loir à proximité des lieux présumés de la négociation).

Les tractations se déroulent en sept jours en présence du duc de Lancastre, Henry Grosmont, et de l'évêque de Beauvais.

Elles aboutissent le 8 mai 1360 à la signature des préliminaires. La rançon est ramenée à 3 millions d'écus d'or, ce qui reste un montant énorme. Les Anglais obtiennent par ailleurs une pleine souveraineté, sans hommage féodal, sur une région côtière qui comprend Calais, le Ponthieu (la région de la Somme), le comté de Guînes et l'Aquitaine.

Cette dernière, élargie de l'Auvergne aux Pyrénées, comprend rien moins que le Poitou, la Saintonge, le Limousin, le Quercy, le Rouergue, la Gascogne et la Guyenne!

En échange, Édouard III convient de ne plus revendiquer le trône de France et renonce à afficher les lys capétiens sur ses armoiries. Jean le Bon quitte quant à lui sa prison (pour quelques mois seulement).

Ces conditions de paix sont ratifiées par un traité signé à Calais le 24 octobre 1360. Elles sont calamiteuses pour la monarchie des Valois. Elles ramènent le domaine capétien à ce qu'il était au début du règne de Philippe Auguste, 150 ans auparavant.

A vrai dire, elles ne seront jamais appliquées grâce à la résistance énergique du Dauphin, le fils de Jean II le Bon, futur Charles V.

Jusqu'à sa mort, en 1380, celui-ci n'aura de cesse de lutter contre les Anglais mais aussi contre son beau-frère, le roi de Navarre, et contre ses frères qui ont bénéficié de vastes apanages de la part de leur père et désirent s'émanciper de la couronne tout en abaissant celle-ci.

 




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