26 août 1346

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Le Christ bénissant, par Duccio di Buoninsegna (Italie 1255-1318), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Les bombardes apparaissent à Crécy

 

La guerre de Cent Ans:

7 octobre 1337: début des hostilités

24 juin 1340: bataille navale de L'Ecluse

26 août 1346: bataille de Crécy

3 août 1347: capitulation de Calais

19 septembre 1356: bataille de Poitiers

22 février 1358: la révolution manquée d'Étienne Marcel

21 mai 1358: les paysans se révoltent contre la noblesse

31 juillet 1358: mort d'Étienne Marcel

8 mai 1360: préliminaires de paix de Brétigny

16 mai 1364: Du Guesclin bat le Mauvais à Cocherel

3 janvier 1383: la révolte fiscale des Maillotins

5 août 1392: Charles VI saisi de folie

23 novembre 1407: meurtre de Louis d'Orléans à Paris

25 octobre 1415: bataille d'Azincourt

10 septembre 1419: meurtre de Jean sans Peur à Montereau

21 mai 1420: traité de Troyes

25 février 1429: Jeanne d'Arc rencontre le Dauphin à Chinon

8 mai 1429: prise d'Orléans par Jeanne d'Arc

30 mai 1431: Jeanne d'Arc brûlée vive à Rouen

12 novembre 1437: Charles VII rentre à Paris

15 avril 1450: bataille de Formigny

17 juillet 1453: bataille de Castillon et fin de la guerre de Cent Ans
 

 

Le 26 août 1346, l'armée française est taillée en pièces à Crécy-en-Ponthieu, entre Amiens et l'embouchure de la Somme.

Une bataille aux accents modernes

Le roi anglais Édouard III, prétendant à la couronne de France, a anéanti la flotte de son rival, Philippe VI de Valois, dans le port de l'Écluse.

Fort de ce premier succès, il réunit un millier de navires dans la rade de Portsmouth et met à la voile pour Bordeaux le 7 juillet 1346.

Mais la tempête rejette la flotte sur la côte de Cornouailles et c'est finalement dans le Cotentin, sur la plage de Saint-Vaas-la-Hougue, que débarquent les 20.000 soldats du roi anglais.

Cette armée nombreuse bouscule sans mal les premières résistances et s'empare de Caen qu'elle met au pillage, capturant le connétable Robert de Brienne et le comte de Tancarville.

Le roi, ensuite, traverse la Seine à Poissy, contourne Paris et remonte en direction des Flandres où il sait avoir des appuis dans la population des villes.

Le 24 août, l'armée anglaise, sous le commandement du fils d'Édouard III, le Prince noir, dresse ses tentes sur la rive droite de la Somme, en bordure de la forêt de Crécy-en-Ponthieu.

Comme l'armée du roi Philippe VI de Valois arrive à sa rencontre, elle s'établit sur une hauteur et creuse des fossés en prévision des assauts de la cavalerie ennemie.

Le choc survient au matin du samedi 26 août.

la bataille de Crecy (miniature des chroniques de Jean Froissart (XVe siècle)

Ce sont d'abord les arbalétriers génois du roi de France qui tirent leurs carreaux. Mais un orage survient, qui détend les cordes des arbalètes.

C'est au tour des archers anglais de tirer. Ceux-là arrosent de traits les chevaliers français qui, ayant le soleil dans les yeux, sont en peine de répliquer.

La journée durant, les coutiliers gallois s'en donnent à cœur joie, désarçonnant et tuant les orgueilleux chevaliers embarrassés par leurs armures et leurs caparaçons.

De nombreux piétons et pas moins de 1500 chevaliers restent sur le terrain. Parmi ces derniers figurent d'illustres noms. En premier lieu le roi de Bohème, Jean de Luxembourg.

La mort de Jean de Luxembourg

Jean de Luxembourg (51 ans) est le père de l'empereur d'Allemagne Charles IV et de Bonne, épouse du futur roi de France Jean II le Bon.

A Crécy, bien qu'aveugle, il a voulu participer à la mêlée, son cheval étant attaché à ceux de ses compagnons.

Tous ont péri ainsi que le raconte le chroniqueur Jean Froissart:
«Li vaillans et gentilz rois de Behagne, qui s'appeloit messires Jehans de Lussembourch, car il fu filz a l'empereour Henri de Lussembourch, entendi par ses gens que li bataille estoit commencie; car quoique il fust la armés et en grant arroy, il ne veoit goutes et estoit aveules...
Adonc dist li vaillans rois a ses gens une grant vaillandise: "Signeur, vous estes mi homme et mi ami et mi compagnon. A le journee d'ui, je vous pri et requier tres especialement que vous me menés si avant que je puisse ferir un cop d'espee." Et cil qui dalès lui estoient, et qui se honneur et leur avancement amoient, li accorderent: si ques, pour yous acquitter, et que il ne le perdesissent en le presse, il s'alloierent par les frains de leurs chevaus tous ensamble; et missent le roy leur signeur tout devant, pour mieulz acomplir son desirier. Et ensi s'en alerent il sus leur ennemis...
Ne onques nulz ne s'en parti, et furent trouvé a l'endemain, sus le place, autour dou roy leur signeur et leurs chevaus tous alloiiés ensamble. »


Aujourd'hui, sur le site de la bataille, un drapeau de la république tchèque, héritière du royaume de Bohème, honore la mémoire du roi Jean l'Aveugle.
 


Le comte de Flandre, les ducs de Lorraine et de Savoie, le comte d'Alençon, frère du roi,... figurent également parmi les morts de Crécy.

Philippe VI lui-même est blessé d'une flèche au visage et voit deux chevaux mourir sous lui.

Il s'enfuit avec quelques chevaliers et une quarantaine de sergents d'armes.

Les premières bombardes apparaissent lors de cette bataille mémorable à l'initiative des Anglais. Mais ces premières pièces d'artillerie rudimentaires, qui tirent de grosses pierres, font plus de peur que de mal.

Un an plus tard, les Anglais s'emparent de Calais après un siège harassant de plusieurs mois et l'humiliante reddition de six bourgeois, la corde au cou, devant le roi et la reine. La ville restera aux Anglais pendant deux siècles.

 
 


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