L'église
Pour bien comprendre la
mentalité d'un homme ou d'une femme vivant en ce début du XIIIe,
il faut comprendre l'importance du rôle de L'église et
de la religion.
On a peine à se rendre
compte aujourd'hui du poids qu'avait à l'époque la papauté en
matière politique.
La vie est rythmée par les fêtes religieuses et
c'est le curé qui fait part aux habitants des décision de l'évêque
mais aussi de celles du seigneur. L'acteur principal est donc le Pape.
La papauté s'est dotée d'une doctrine, la théocratie, en vertu
de laquelle elle estime détenir la souveraineté des affaires
temporelles. La papauté peut ne pas exercer directement l'autorité
politique, à condition que celui qui l'assume la reçoive de la papauté
et soit contrôlée par elle.
En ce début de XIIIe siècle les
conditions politiques sont favorables au Saint-Siège qui contrôle
la vie politique dans plusieurs états catholiques et se place désormais
en suzerain naturel de tous les pays catholiques. L'église peut compter
sur son clergé mais aussi sur de nombreux ordres
religieux.

2
- Les
données politiques
La tragédie cathare ne peut se réduire à son seul aspect religieux,
il y a aussi le système féodal.
Le comté de Toulouse, compte tenu de
son importance, est au cœur des événements. Le comte de Toulouse
qui est en plus duc de Narbonne, marquis de
Provence est
avant tout un vassal du roi de France, mais aussi du roi d'Angleterre,
de celui d'Aragon et d'Allemagne car Arles fait partie du domaine impérial
germanique.
Contre l'église et les seigneurs
Si l'hérésie cathare progresse aussi rapidement aux XI-XIIe siècle,
on le doit principalement à un mouvement de révolte contre les
avantages des seigneurs et du clergé. C'est donc, au départ,
un sursaut contre une religion et une société dominante aux nombreux
privilèges, qui sera le détonateur du mouvement.
De plus, les châtelains
devenus seigneurs tels ceux de Termes ou ceux de
Peyrepertuse
qui n'hésitent pas à utiliser la violence et la rapine pour
s'approprier souvent illégalement les terres des abbayes exaspèrent.
Cathare
contre féodalité
La
hiérarchie sociale justifiée comme une création divine est perçue
comme une in,justice, une création du mal et n'apparaît pas comme le
reflet d'une volonté de Dieu.
La naissance, donc le sang qui
fonde la distinction sociale ne peut être qu'une invention satanique.
Les cathares vont s'infiltrer dans ce mécontentement et condamneront le
pilier de la féodalité qui est le serment fait par tout seigneur et
son vassal.
Soutien des seigneurs
Mais le catharisme, après un démarrage plutôt populaire va
curieusement se développer auprès de la noblesse que les
cathares vilipendent. En effet, les seigneurs ne sont pas fâchés de
voir les cathares s'attaquer à l'église dont elle convoite les
immense domaines. La noblesse va donc soutenir ouvertement ses sujets
qui supportent, de moins en moins, l'impôt du clergé, la dîme.