1
- Une religion sans église
Les
cathares n'avaient pas de lieu de culte, peu de sacrements
et niaient l'eucharistie. C'est un clergé itinérant qui délivre les
sacrements et dévoile les textes, dans les maisons, les châteaux ou sur
les places de village.
La hiérarchie cathare
A la base, les
simples croyants, rattachés au rite par le "méliorament" ne
font pas partie de l'église mais doivent montrer du respect à l'égard des
"parfaits" en les adorant, c'est à dire en faisant trois
génuflexions en face d'eux pour recevoir en échange le baiser de
bénédiction. Au dessus, les
novices doivent s'habituer aux
abstinences rituelles, puis les prêtres, d'anciens novices depuis
au moins un an ayant reçu le
"consolament" de l'évêque lors
d'une cérémonie. Enfin au sommet, les
évêques, un seul d'abord, celui d'Albi en 1167, puis quatre autres
Toulouse, Agen et Carcassonne et le Razes.
Le rite du
"consolament"
Les écrits donnent
une image de la vie du simple croyant assez proche de celle d'un fidèle
catholique. Incités à se conduire comme de bons chrétiens, les croyants
saluent par une triple génuflexion, le meliorament et assistent aux
prêches, voire aux cérémonies toujours collectives, comme le
"consolament".
Le
"consolament" est un véritable baptême délivré en
deux
occasions, soit lors d'ordination des nouveaux prêtres réservée aux
novices, des hommes et des femmes, croyants depuis au moins un an, ou
alors aux croyants qui le demandaient à l'article de la mort.
Pendant une période probatoire fixée à un an, le novice pouvait ainsi
s'entraîner aux abstinences rituelles assez rigoureuses.
Concrètement le croyant se mettait
à genoux, une main sur le livre des évangiles, faisait la promesse
d'adhérer à la foi cathare en déclarant accepter la règle de l'abstinence.
Il recevait ensuite d'un "parfait" la "consolation", une simple imposition
des mains.

2
- Les abstinences rituelles
Continents,
abstinents, végétariens, non-violents, pauvres, entraînés à la parole
publique, à la prédication, instruits des textes sacrés, les cathares
parcourent les routes. Le parfait doit
respecter l'abstinence, s'abstenir de tout rapport sexuel, de consommer de
la viande, des œufs, du lait. Le poisson est curieusement autorisé.
Il
doit respecter trois carêmes de quarante jours chaque année avec
certains jours un jeune renforcé n'autorisant que le pain et l'eau.
Les parfaits doivent vivre à deux et travailler, posséder
leurs instruments de cuisson et les laver 5 fois. Il leur est interdit de
prêter serment.
La métempsycose
Les cathares croient en la
métempsycose, réincarnation de l'âme après la mort dans un corps
humain ou celui d'un animal.
Les hommes qui n'avaient pas été
consolés voyaient donc leur âme errer, jusqu'à 9 fois,
d'être en être et se réincarner dans un autre homme, une femme ou un
animal qu'il était donc interdit de tuer car pouvant abriter une
âme.
La fin du monde n'était pas catastrophique mais une extinction
progressive, les âmes sauvées désertant la terre et Satan
restant seul dans son néant.
3
- Les prières, le notre père
Encore prononcée en
1947 par une paysanne ariégeoise, c'est une prière assez longue commençant
par :
Père saint, juste Dieu des Bons Esprits, toi qui ne te
trompas jamais, qui jamais ne mentis, qui jamais n'erras, qui jamais ne
doutas afin que nous ne mourrions pas dans le monde du dieu étranger (le
malin) puisque nous ne sommes pas de son monde et qu'il n'est pas des
nôtres, apprends-nous à connaître ce que tu connais et à aimer ce que tu
aimes.