On définit les
cathares comme des
chrétiens
dualistes. Ils n'avaient pas de lieu de culte, peu de sacrements et
niaient l'eucharistie. On définit cette église hérétique comme un
christianisme médiéval dans lequel, le clergé, les bons-hommes
rejetaient le Pape de Rome,
symbole du mal qui persécute et
excommunie.
1
- L'incarnation du
Christ
L'essentiel de la
différence avec les catholiques
réside dans le refus de
l'incarnation du Christ, de sa réalité charnelle, de sa passion et
de sa résurrection en quelque sorte "matérielle".
En essayant de traduire
la relation concrète de ces événements par le concept de "bonne nouvelle",
les cathares ne font que déplacer le problème sur le plan "symbolique".
Si
l'enseignement et les rites de l'église catholique reposent sur le
sacrifice rédempteur de Jésus, les Cathares lisent autrement les
écritures et pour eux le Christ est venu délivrer un message,
offrir aux hommes la clef de leur salut. De nature divine il ne s'est pas
incarné mais n'a pris que l'apparence humaine.
Dieu n'aurait pas
permis qu'il subît l'affreux supplice de la croix. Les tortionnaires du
Golgotha n'ont crucifié qu'une ombre. Il n'y a donc pas eu
rédemption mais appel. Jésus est venu tirer les âmes déchues de leur
sommeil et leur proposer un modèle de vie.
Il a attisé
les étincelles
divines enfouies dans le corps de chacun. La fin du monde ne sera pas
catastrophique mais aura lieu progressivement avec le départ des âmes
sauvées ; Satan
restant seul dans son néant.

2
- Une réponse au problème du
mal
Les
bons-hommes
cherchent à donner une réponse au problème majeur de la théologie
chrétienne : l'existence du mal.
Impossible pour eux de croire que
le Dieu chrétien soit à l'origine du mal et ils refusent la solution
catholique du libre arbitre, supposant une intention maligne de Dieu qui
laisseraient ses créatures choisir entre le bien et le mal.
Puisque
Dieu est parfait et qu'il est le
créateur de toute chose,
comment a-t-il pu créer le mal ?
Pour certains
dualistes dit
mitigés, le Dieu bon est supérieur au Dieu mauvais et le mal n'est que
la création d'un ange rebelle, déchu, tombé du ciel, Lucifer.
(voir
l'excellent livre de D'Ormesson, "l'Archange
Gabriel")
Lucifer est le seul auteur de la création du mal. Pour d'autres,
les dualistes absolus, le bien et le mal sont sur
le même pied
d'égalité et c'est la réalité
seulement qui est une création
satanique.
Les hommes qui peuplent la terre sont donc des
damnés qui se reproduisent. Cette deuxième conception se retrouve
chez les cathares qui dénonceront la procréation pour obtenir
l'extinction du monde.
Les cathares furent considérés comme des
manichéens à cause de leur credo
dualiste.

En persécutant et
excommuniant, l'église catholique est complice et
productrice
de mal.
La doctrine cathare est finalement plus
optimiste que l'église romaine qui juge qu'un enfer éternel attend
les pécheurs. L'église des bons-hommes croit au salut des âmes, assuré
pour chacun, qui se purifie au fil de ses vies
successives.
Dissidents plutôt
qu'hérétiques
Les cathares sont
incontestablement des chrétiens mais des chrétiens
dissidents, critiques.
S'ils ne vénèrent pas
la croix, s'ils
prêchent, par l'exemple, la pratique des préceptes évangéliques, s'ils
refusent des sacrements catholiques, les cathares reprennent des éléments
de la théologie dominante et font constamment référence à des écritures
reconnues par l'église romaine : les Évangiles.
Les causes de leur
persécution sont peut-être à rechercher ailleurs que dans leur
doctrine.
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