Les Capétiens directs de 1008 à 1328

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Les croisés au siège de Damas (1148) - Miniature de la fin du XVe siècle. B.N.En France comme dans  la plupart des royaumes d'Occident, les multiples invasions des Scandinaves et des Hongrois qui s'étaient succédé lors de la seconde moitié de IXe siècle et de la première moitié de Xe eurent pour conséquences un affaiblissement général de l'État et du pouvoir monarchique, la dévastation de nombreuses régions et, de ce fait, l'essor du régime féodal. Progressivement, ducs et comtes avaient, en effet, transformé en fief héréditaire le duché ou le comté qu'ils administraient autrefois au nom du roi. Et, à l'intérieur de ce fief, ils exerçaient désormais à leur profit la plupart des droits que, jusqu'alors, le souverain seul avait détenus dans le royaume : lever des impôts, faire la guerre, rendre la justice.

Les derniers Carolingiens furent donc des rois dont le pouvoir était faible, même si la seconde moitié du Xe siècle fut une période de paix relative, marquée par la fin des invasions, les premiers défrichements et une certaine renaissance intellectuelle. Le personnage le plus puissant du royaume était le comte de Paris et duc des Francs, plus exactement "dux Francorum", Hugues le Grand, largement possessionné entre la Somme et le Loire et appartenant à une maison déjà prestigieuse, les Robertiens (du nom de son grand-père Robert le Fort), originaires de l'Anjou. Politique habile et sans scrupule, ce prince "fit les rois" jusqu'à sa mort en 956. A la fin de l'époque carolingienne, la monarchie française était en effet devenue élective et non plus héréditaire. Grands barons et prélats du royaume s'étaient arrogé le droit d'élire le roi. Ce système leur permit de marchander le pouvoir et de ne le donner qu'à des princes ayant pris envers eux des engagements qui souvent affaiblirent beaucoup l'autorité royale.

En 987, à la mort du roi Louis V, ce ne fut pas un Carolingien, un descendant de Charlemagne, qui fut élu pour lui succéder mais un membre de cette famille des Robertiens, l'aînée des fils de Hugues le Grand, nommé lui-même Hugues. Ce n'est qu'au XIIe siècle que celui-ci fut surnommé Capet, peut-être parce que, comme ses ancêtres, il était abbé laïque de Tours où était conservé un fragment du manteau - la capa - de saint Martin ; et ce ne fut qu'à une époque plus tardive que l'on prit conscience que cette date de 987 constituait un tournant politique important dans l'histoire du royaume : l'avènement d'une dynastie nouvelle qui se perpétua sans interruption sur le trône de France jusqu'en 1792. Mais, sur le moment, ce changement définitif de dynastie passa presque inaperçu. Comme leur prédécesseurs carolingiens, les premiers Capétiens ne détinrent qu'une autorité limitée. Toutefois, par une politique avisée, qui consista notamment à associer de leur vivant leur fils au trône, les quatre premiers rois assurèrent solidement leur dynastie. En outre, le royaume devint plus riche et plus paisible. Les paysans se remirent au travail et défrichèrent des terres nouvelles  ; les échangent commerciaux s'intensifièrent ; les écoles attachées aux monastères s'ouvrirent de nouveau, et la construction de grandes églises reprit.

Cependant, les premiers Capétiens durent souvent compter avec leurs vassaux , grands et petits. Le plus puissant était le duc de Normandie, qui, en 1066, franchit la Manche, vainquit les Anglo-saxons à la bataille de Hastings et se fit couronner roi d'Angleterre. Pour en savoir Plus.