Les Carolingiens de 715 à 987

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Tableau généalogique Pépin le Bref (715-768) Charlemagne (742-814) Louis Ier le Pieux (778-840) Charles II le Chauve (823-877)
Louis II le bègue (846-879) Louis III ( 863-882) Carloman II (866-884) Charles le Gros (839-888) Eudes Ier (860-898)
Charles III  le Simple (879-929) Robert Ier de France (865-923) Louis IV d'Outremer (921-954) Lothaire (941-986) Louis V le Fainéant (967-987)

Combats des chrétiens et des musulmans à Poitiers (manuscrit du XIVe s.)Lorsqu'en 715, Charles Martel avait pris le titre de maire du palais, il avait concentré entre ses mains les pouvoirs réels.. Au milieu de l'anarchie mérovingienne, il s'était montré l'homme fort, capable de résister aux dangers extérieurs et intérieurs, il avait écrasé les musulmans, maté les Frisons, repoussé les Saxons et, grâce à son immense fortune terrienne, il s'était constitué une clientèle de vassaux fidèles, auxquels il avait distribué, pour se les attacher, une portion des biens de l'Église. A sa mort, en 741, ses deux fils , Carloman et Pépin - surnommé "le Bref" à cause de sa petite taille - lui succédèrent. Mais, dès leur avènement, les deux frères durent faire face à un soulèvement de toutes les régions périphériques de leurs royaumes. Ils mirent quatre ans à mater les tentatives d'indépendance des grands et, tout en gardant la réalité du pouvoir, installèrent sur le trône le dernier représentant de la dynastie mérovingienne, Childéric III.

En 747, Carloman renonça au pouvoir pour devenir moine dans l'abbaye italienne du mont Cassin, et Pépin le Bref resta seul à détenir l'autorité. Il était temps pour lui de réaliser son rêve, devenir roi et fonder une dynastie légitime. En 750, profitant des difficultés de la papauté, menacée par les Lombards, il fit demander au pape Zacharie qui devait régner et la réponse du souverain pontife fut claire : "il vaut mieux appeler roi celui qui possède le pouvoir plutôt que celui qui ne l'a point, afin que l'ordre ne soit pas bouleversé." Fort de l'appui de Zacharie, Pépin convoqua à Soissons l'Assemblée des Francs et fut élu roi par eux en 751, alors que le dernier Mérovingien était enfermé dans un couvent. Pour créer une nouvelle légitimité dynastique, Pépin, inaugurant un rite inconnu jusque-là, se fit oindre d'huile sainte par les évêques.

Il allait recevoir une consécration encore plus importante. Le pape Etienne II, passant en Gaule pendantGisant de pépin le Bref l'hiver 754, demanda à Pépin le Bref son aide contre les Lombards, lors d'une entrevue au palais de Ponthion. Pépin lui promit son appui, mais réclama en échange d'être sacré une nouvelle fois par lui, ainsi que sa femme Berthe et ses deux fils, Charles et Carloman. Ce geste scellait l'alliance entre la papauté et le roi et ôtait l'élection du roi à l'assemblée des grandes familles. La royauté de droit divin était née.

En remerciements des bons services du pape, Pépin le Bref partit en Italie en 754-755 et 756 pour défendre celui-ci contre les Lombards. Le roi franc, après avoir vaincu ces derniers, remit vingt-deux villes non pas à leur propriétaire légitime, l'empereur de Byzance, mais à Etienne II, et ces cités formèrent avec Rome les États pontificaux. Puis, abandonnant l'Italie, Pépin se consacra à la consolidation de son royaume et à la reconquête des provinces en révolte. Il put occuper la Septimanie (759) et s'employa à réduire la résistance aquitaine. Alors que la conquête de cette région venait de s'achever, Pépin mourut en 768, laissant à ses fils le soin de poursuivre son œuvre.