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(1061-1100)


Descendant
de Charlemagne
Fils
de l'héritière des ducs de Brabant et d'Eustache II, comte de
Boulogne-sur-Mer, au royaume de France, Godefroi de Bouillon est un descendant
de Charlemagne et, comme son illustre ancêtre, un personnage de légende.
Son
oncle Godefroi III le Bossu lui lègue en 1076 son duché de Basse-Lorraine,
mais l'empereur d'Allemagne le prive de cet héritage et ne lui concède que le
marquisat d'Anvers, où se trouve la terre de Bouillon (1076).
Godefroi se range néanmoins aux côtés d'Henri IV dans la lutte qui oppose
l'empereur germanique et le pape Grégoire VII. Touché par le comportement du
jeune homme et pour le récompenser de ses fidèles et loyaux services,
l'empereur germanique le reconnaît duc de Basse-Lorraine en 1089.
L'un
des premiers à répondre à l'appel d'Urbain II, en 1095, Godefroi de Bouillon
devient aussi l'un des principaux chefs de la première croisade. Parti de Vézelay
avec une suite nombreuse, il passe par Ratisbonne, Vienne, Belgrade et Sofia,
arrive à Constantinople, et se heurte aussitôt à Alexis Comnène.
S'estimant
féal sujet et homme lige du seul empereur germanique, Godefroi de Bouillon
refuse tout d'abord de prêter le serment d'allégeance exigé par le basileus
de tous les chefs croisés. Il sacrifie enfin ses principes à l'esprit de
croisade et prête à contre-cœur le serment requis. Il s'engage ainsi à
remettre au basileus tous les territoires ayant appartenu à l'empire byzantin
qu'il pourrait enlever à l'Islam. Triomphant et magnanime, Alexis Comnène témoigne
de sa satisfaction en le comblant de somptueux cadeaux : chevaux de prix et vêtements
de parade, tissus précieux et coffrets remplis de besants d'or.
Après
la prise d'Antioche, lassé de la querelle interminable qui oppose Bohémond de
Tarente et Raimon de Toulouse, Godefroi se retire temporairement chez son frère
Baudouin à Édesse, d'où il rejoint les Croisés lorsqu'ils reprennent enfin
la route pour Jérusalem.

Mis
au défi par des cheiks arabesPhysiquement,
il est grand et affiche un type nordique prononcé : cheveux et barbe d'un blond
vif, traits fins, taille mince, membres vigoureux, large poitrine, stature athlétique...
C'est un preux redoutable et un grand chasseur devant l'Éternel. Il est doué
d'une force herculéenne stupéfiante: en Cilicie, il affronte en corps à
corps un ours énorme et l'étouffe de ses bras. En Syrie, mis au défi par des
cheiks arabes de décapiter un chameau adulte d'un seul coup de sabre, il
fait rouler à terre la tête de l'animal avant même que ses interlocuteurs
aient fini de parler. Lors du siège d'Antioche, alors que la garnison tente par
surprise une sortie meurtrière contre le camp des croisés, il prend le
commandement de la défense franque et se rue contre les Turcs. D'un seul coup
d'épée, il pourfend en deux un guerrier ennemi dont la monture s'enfuit au
grand galop, bassin et jambes du cavalier encore accrochés à la selle.
Si,
comme stratège militaire, Godefroi de Bouillon fait piètre figure auprès d'un
Bohémond de Tarente ou même de son frère Baudouin qui le dépasse largement
sur ce point, il est, en revanche, apprécié et reconnu pour sa proverbiale
loyauté, sa piété, sa charité, sa bonne grâce, sa douceur et son humilité.
Ses hautes qualités morales en font un conciliateur ou un arbitre populaire,
tant auprès des barons que des cavaliers et des piétons.
Élu
roi après la prise de Jérusalem, Godefroi de Bouillon refuse de porter une
couronne d'or là où le Christ avait porté une couronne d'épines. Il se
contentera du titre d'avoué du Saint-Sépulcre, désireux avant tout de protéger
les intérêts de l'Église dans l'État latin en formation.
Préoccupé
de défendre et d'organiser le royaume de Jérusalem, Godefroi de Bouillon
jettera sans le vouloir les bases de la pénétration des marchand italiens dans
les États latins d'Orient en se voyant contraint de leur concéder biens,
titres et privilèges économiques en échange de leurs services.

l;
Chronologie
des règnes
de
Godefroi
de Bouillon
et
de
Baudouin
I er
L:
-
1100
- Godefroi de Bouillon, qui a été élu roi aux 1ères Assises de Jérusalem
(tenues en 1099) a préféré prendre le titre d' Avoué du Saint Sépulcre.
Son règne sera court, selon le chroniqueur ibn al-Qualanissi, il est
mort le 18 Juillet d'une flèche empoisonnée, pendant qu'il
dirigeait les opérations du siège d'Acre. Les francs diront de la
peste. Il avait 41 ans.
En
Août 1100 c'est le prince d'Antioche "Bohémond de Tarente"
qui est fait prisonnier par les syriens, alors qu'il était venu délivrer
la ville assiégée de Malatya. Lorsque Bohémond et ses 500 cavaliers
s'engagent dans un étroit défilé, il se rend compte que les syriens
de Damas lui ont tendu une véritable souricière et qu'il ne peut même
pas se mettre à l'abri de la pluie de flèches. Un grand nombre de
francs furent tués et quelques uns furent emmenés enchaînés avec
leur prince Bohémond, (le grand blond) jusqu'à Niksar, au nord de
l'Anatolie.
Septembre
1100 : Baudouin de Boulogne, frère du défunt Godefroi est nommé
ROI de Jérusalem sous le nom de Baudouin 1er. Le 24 Octobre
Baudouin se dirige sur Jérusalem avec 500 cavaliers mais Doukak
l'attend à Nahr el Kalb, mais comme le nouveau cadi de Tripoli Fakhr
el-Moulk a un compte à régler avec Doukak, il averti Baudouin du piège
qui l'attend ! Le nouveau roi peut ainsi facilement échapper avec ses
hommes : au guet-apens.
-
1101
- Juin le grand vizir égyptien Al-AFDAL envoie son général-émir
"al
Sawla al Qavasi" qui campe plusieurs mois dans Ascalon (principal
port de guerre égyptien en Palestine). Baudouin avec son infanterie et
ses 260 chevaliers partagea son armée en deux et prit les égyptiens à
revers. Ce qui entraîna à Ramla une déroute totale des égyptiens.
-
1101
- Mai /Juillet 100 000 nouveaux croisés dont de nombreux
colons arrivent à Byzance et sont partagés en trois groupes:
-
Le premier groupe est celui des lombards rejoint par les
hommes du comte de St Gilles qui les conduisit fin Juin sous sa
bannière à Ankara au centre de l'Anatolie. Puis de cette ville juste
conquise par les croisés, ils iront vers Niksar, la capitale turque où
Bohémond est prisonnier.
Kilidj
Arslan (sultan de Roùm en Anatolie) qui suit de près les déplacements
de l'armée franque a conclut une alliance avec l'émir dachnimindite GHAZI
Gümüshetin, ensemble ils vont tendre une embuscade mi-août à Merzifun.
Les francs avancent sous un soleil brûlant (+50°) encastrés dans
leurs épaisses cuirasses, suivis de leurs femmes et leurs enfants. La
plupart viennent de Lombardie et n'ont aucune expérience de la guerre
contre les turcs. La boucherie durera une journée entière. A la
nuit tombée le comte de saint Gilles s'enfuit avec ses proches sans même
avertir le gros de l'armée. Le lendemain les derniers survivants
furent massacrés par milliers, les enfants vendus en esclavage, les
jeunes femmes survivantes expédiées à moitié nues dans les harems
d'Orient.
A
peine le massacre sera-t-il achevé que fin août un deuxième groupe
de colons encadré par une armée de croisés ayant à leur tête le
comte de Nevers avec ses quinze mille combattants fait route
sur Iconium, la capitale de Kilidj Arslan. Mais encore une fois
les hommes manquent d'eau. Kilidj et Ghazi leur tendent un nouveau piège
à EREGLI (Héraclée) L'armée franque sera encerclée et
presque entièrement massacrée ! Seuls le comte de Nevers et quelques
chevaliers arriveront jusqu'à Antioche dans un état déguenillé.
-
1101
- Début septembre le duc Guillaume IX d'Aquitaine, Welf IV duc de
Bavière et la margravine d'Autriche (une femme énergique et très
belle) emmènent un troisième groupe de croisés et énormément
de colons sans expérience de l'Orient, ils traversent un terrain étranger
où les rares puits ont été remplis de sable ou empoisonnés par les
soldats de Kilij Arslan et de Ghazi réunis !
Dans
un piteux état de déshydratation, ils arrivent enfin à une rivière où
les archers musulmans les attendent. Devant la tournure tragique de la
situation, les deux ducs sortirent de leur cuirasse et abandonnant le
gros de l'armée, ils s'enfuirent au grand galop. On ne saura jamais ce
qu'il advint de la belle margrave abandonnée en plein combat sur le
champ de bataille !...
Ce
troisième massacre en un mois enterrait définitivement dans les sables
et les rochers d'Orient les rêves de dizaine de milliers de colons
venus pour échanger leur pauvreté occidentale contre une place au
soleil de la Terre Promise qu'ils ne verront jamais de leurs
yeux...
Et
pourtant tous étaient si heureux d'être arrivés enfin si prêts du
but en franchissant des terres hostiles ou une mer infestée de pirates
qui n'hésitaient pas à couler les navires après les avoir pillés. Un
contemporain de l'époque (Albert d'Aix) affirme qu'en 1102 trois
cent navires de pèlerins ont été coulé avec 140 000 personnes qui
ont disparu corps et biens ! Même si les chiffres sont invérifiables,
il est regrettable que les livres d'Histoire passent rapidement sous
silence ce qui s'est réellement passé pour la conquête du Moyen
Orient et de la Palestine par l'Occident et qui s'est achevée par trois
grands génocides vengeurs en particulier sur d'inoffensifs
colons...
A
l'époque, lorsque ces récits parvinrent enfin en Europe, ils causèrent
dans toutes les cours un très grand émoi !... Il faudra bien attendre
45 ans avant de voir se mobiliser une nouvelle croisade, qui
prendra le nom officiel de deuxième grande Croisade !
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1102
- Mars, Tancrède neveu de Bohémond est nommé prince d'Antioche,
il ravage les environs d'Alep. Redwan fait savoir à Tancrède
qu'il est prêt à se soumettre s'il consent à s'éloigner. Gonflé
d'arrogance, Tancrède lui impose de placer une immense croix sur la
grande mosquée d'Alep. Le lâche seigneur-arabe Redwan obéira....
-
1102
- Avril, le comte Raymond de St Gilles avec seulement ses 300 derniers
chevaliers vient devant Tripoli narguer Kilij Harslan qui a obtenu
l'aide des guerriers de Homs et de Damas. Raymond partagea ses troupes
en trois escadrons qui attaquèrent chacun l'armée d'une des trois
villes musulmanes.
Mais
les guerriers turcs des villes de Homs et de Damas s'étant enfuis dès
le début du combat, les 300 chevaliers foncèrent sur les guerriers de
Tripoli et tuèrent 7 000 hommes (!) En réalité Doubaq voulait faire
payer au cadi de Tripoli sa lâche attitude qui aurait permit l'élimination
de Godefroi de Bouillon à Nahr el Kalb. Les voies de la Providence sont
vraiment impénétrables !
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1102
- En mai, sous le commandement de Charaf, fils du Vizir al-Afdal
20 000 guerriers arrivent d'Egypte et débarquent à Ramleh (Près de
Jaffa) Ils réussirent à surprendre les soldats de Baudouin, qui lui même
échappa par miracle au carnage en fuyant dans les roseaux. A ce moment
l'armée égyptienne aurait pu reprendre Jérusalem, sans roi et sans défenseurs,
mais à force d'attendre, des croisés vinrent d'Occident et Charaf dû
rentrer en Egypte.
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1103
- Prise de Haïfa, Jaffa et d'Acre par le roi de Baudouin de Jérusalem
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1103
- Raymond de St Gilles entame le siège de Tripoli, il durera jusqu'en 1108
- soit près de 2000 jours !
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1103
- Tughtekin succède à Dubaq comme atabek (Gouverneur) de Damas,
il libère contre 100 000 dinars le prince BOHEMOND qui avant de
s'embarquer pour l'Europe ira récupérer sa rançon dans les villages
musulmans. En France le roi Philippe 1er le reçut triomphalement en lui
accordant la main d'une de ses filles (Constance de France) mais il fut
plus réservé en ce qui concerne un envoi de croisés, le désastre de
la croisade de 1101 lui étant encore trop vivant...
Sur
ce Bohémond alla à Rome où le pape Pascal II le reçut. Il
s'efforça de dénigrer l'attitude de l'empereur de Byzance et en fit un
si noir tableau qu'il obtint de lui l'argent pour lever une armée
contre l'empereur de Byzance ! Avec ses normands et ses lombards il mit
le siège en 1108 devant la ville albanaise de DURAZZO, où les troupes
impériales d'Alexis Comnène lui infligèrent une sévère défaite et
une entière soumission. Un an après il mourait en Italie, laissant
juste un héritier du même nom.
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1104
- Bataille de Harrân, défaite des francs et captivité du comte d'Edesse
BAUDOUIN du BOURG et de son cousin Jocelin de Courtenay. Sokman
ex-gouverneur de Jérusalem vole des uniformes de croisés et en revêt
ses hommes. Chaque fois que les francs voient revenir leurs compagnons
victorieux, ils sortent pleins de joies à leur rencontre et se font
massacrer par les turcs, on assure que ce stratagème fut utilisé
plusieurs fois pour prendre quelques forteresses aux francs,
heureusement sans importance stratégiques.
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1105
- 28 février mort du comte Raymond de St Gilles dans une forteresse
qu'il avait érigé à l'entrée de Tripoli pour mieux contrôler la
magnifique ville côtière. Mais sa femme Elvire de Castille lui ayant
donné un héritier Alphonse Jourdain reçut le comté de
Toulouse et fut invité par les toulousains à en prendre possession.
Lorsqu'on
sait que le comte de Toulouse possédait dans le sud de la France des
territoires qui s'étendaient de l'Aquitaine à la Provence, un véritable
paradis de fertilité, on peut se demander qu'est-ce qui a poussé ce
sexagénaire (né en 1042) au caractère impulsif et autoritaire à
passer quinze années de combats acharnés pour essayer de conquérir ce
lopin de Tripoli peuplé de gens hostiles et ruinés par son long siège
? Cent ans après son arrière petit-fils Raymond VI devra à son
tour faire face à une croisade des gens du Nord qui le déposséderont
de son patrimoine...
Pour
lors, le manoir de Tripoli au Liban fut gérée par Guillaume
Jourdain (fils du comte de Cerdagne et petit-fils d'une tante
maternelle du comte Raymond IV) qui entreprit également de poursuivre
le blocus terrestre de Tripoli entamé en 1103 par le comte Raymond. La
ville martyr de Tripoli allait encore subir trois années de siège héroïque
en particulier depuis que les navires de Pise chassaient systématiquement
les navires égyptiens venant chargés de victuailles... Aucun émir ne
s'intéressa plus à son agonie et à sa délivrance.
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1105
- Le sultan Barkyaruk meurt de la tuberculose, désormais l'Irak, la
Syrie et la perse occidentale n'ont plus qu'un seul maître : le
sultan Mohammed IBN Malikshah - qui règne à Bagdad.
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1108
- Arrivée en Palestine de Bertrand de Toulouse et d'escadres gênoises.
Malgré l'intervention du Cadi Fahr el-Moulk qui est allé à Bagdad
demander de l'aide auprès du grand sultan, les nobles de Tripoli ont décidé
de donner leur ville aux égyptiens.
Mais
en mars, c'est l'assaut final : Tripoli tombe le 12 juillet , assaillie
et conquise par terre et par mer. Dans le partage, un tiers de la ville
est donné aux gênois qui ne se sentirent pas concernés par la
promesse faite par le roi de Jérusalem de respecter les biens et
personnes après la reddition de la ville. Les héritiers saint Gilles
reçurent le reste de la ville. Les civils musulmans de Tripoli furent
vendus comme esclaves d'autres furent expulsés en abandonnant leur
biens. Le 4 décembre de la même année Beyrouth se rendit, sur la
parole de Baudouin il n'y eut pas de massacre mais un exode massif des
habitants...
-
Nouvel incident, quelque mois après Guillaume Jourdain mourrait
d'une flèche tirée par accident au cours d'une rixe entre deux
sergents qu'il voulait séparer ! Toutes les possessions franques allèrent
à BERTRAND - fils du comte de saint Gilles.
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1108
- Pendant que le comte Baudouin du Bourg était prisonnier à
Mossoul, Roger Tancrède s'était emparé du comté d'Edesse et
profitait de la détention du comte rival. A MOSSOUL, le nouvel émir JAWALI
venait de renverser l'ancien émir Jekermich pour s'emparer de son
trône. Qilidj Arslan intervint avec son armée et fut lui - même battu
et tué par une coalition des guerriers de M0SS0UL & ALEP.
L'épouse
de Jawali, régente de Mossoul, montra un caractère si exécrable qu'à
son retour Jawali fut expulsé de sa ville !... L'émir conclut alors
avec son prisonnier, le comte Baudouin, un drôle de marché : il
s'engageait à libérer Baudouin avec tous les honneurs, " si le
comte lui promettait de devenir son allié !"
A
peine libéré, Baudouin rencontra Tancrède et lui demanda de lui
rendre le comté d'Edesse. Il faudra l'intervention d'une commission d'évêques
et de prêtres pour faire plier Tancrède et rendre Edesse à Baudouin.
A peine rétabli dans ses droits Baudouin fit aussitôt libérer tous
les prisonniers musulmans et fit même exécuter un fonctionnaire chrétien
qui avait injurié l'Islam !
Du
coup REDWAN l'atabeq d'Alep mit Baudouin du Bourg en garde par écrit
sur une éventuelle expulsion des francs au cas où l'émir Jalawi
arriverait à prendre également le pouvoir à Mossoul. Mais Baudouin ne
voulut rien entendre, tandis que Tancrède profitant de la situation se
considéra désormais comme l'allié de Redwan.
-
1108
- Octobre deux armées s'affrontent sous les remparts de Tel Bacher :
-
l'une
comporte Roger de Tancrède avec 1500 chevaliers francs,
équipés de masses, de haches et de boucliers, avec à leur côté
600 cavaliers d'élite du roi Redwan d'Alep, son allié.
-
l'autre
armée (en face) est commandée par l'émir JAWALI de Mossoul,
elle se compose de deux mille guerriers partagés en trois
bataillons : à gauche des arabes, au centre les francs de
Baudouin du Bourg et à droite les turcs...
A
l'issu de la bataille lorsque les guerriers d'Alep eurent le dessus,
Jalawi s'enfuit avec ses guerriers pour chercher asile dans la
forteresse de Tell Bacher où Baudouin et son cousin Jocelin les soignèrent.
Mais le véritable combat eut lieu entre les deux chevaleries : Baudouin
contre Tancrède. Les chevaliers fidèles à Baudouin furent écrasés !
Baudouin et Jocelin s'enfuirent dans la forteresse de Dulùk et ne
durent leur salut qu'à un retour surprise des restes de l'armée de
Jawali. Pendant ce temps les arméniens d'Edesse croyant que Baudouin était
mort projetèrent d'élire un de leurs chefs. Baudouin les chassa de la
ville et fit crever les yeux aux notables et à plusieurs prêtres.
Peu
de temps après les deux comtes durent se soumettre sous l'autorité du
roi Baudouin 1er et (apparemment) se réconcilier.
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1110
- Le sultan Mohamed de Bagdad prêche la guerre sainte et ordonne
l'union de ses armées pour assiéger la ville franque d'Edesse
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Sharaf-al-Dawla
MAWDOUD
Atabek de MOSSOUL
|
l'émir
SOQMANN al Khilat
de Grande Arménie
|
Il-GHAZI
émir
ortodique de Mardîn
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-
Mai,
début du siège d'Edesse et appel à l'armée de Tancrède.
Celui-ci ne bouge pas. Enfin il se décide d'intervenir à l'arrivée du
roi Baudouin de Jérusalem, puis disparaît avec le tiers des effectifs.
Baudouin qui était également harcelé dans le sud par les égyptiens
se retira pour défendre la Judée. Les conséquences de ces deux défections
furent énormes, car personne n'était plus là pour défendre les dizaine
de milliers de colons qu'on avait eut l'imprudence de faire voyager
alors que d'énormes mouvements de troupes musulmanes étaient entrain
d'approcher. Les colons étaient à peine arrivés sur la rive droite de
l'Euphrate (dans la campagne d'Edesse) que les cavaliers turcs les
assaillirent et massacrèrent tous ces paysans et civils,
incapables de ses défendre, pendant que sur l'autre rive l'armée
assistait impuissante à ce génocide. L'Euphrate était devenue toute
rouge du sang des malheureux colons dont les flots tumultueux emportèrent
les corps de ceux qui s'étaient noyés en voulant regagner l'autre rive
à la nage.
Même
si les francs n'ont pas participés à ce massacre, ils sont
responsables d'avoir livré sans assistance toutes ces victimes au
massacre, qui fut aussi affreux à voir que celui qu'ont fait les croisés
à leur entrée dans Jérusalem. Seconde faute impardonnable du
commandement franc, ils savaient que l'armée turque était très proche
et ils se sont enfuis lâchement les premiers, abandonnant un peuple
entier sans défense devant ces hordes sauvages.
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1111
- Chams al-Kilafa gouverneur d'Ascalon propose à Baudouin un
tribut de 7000 dinars versés par les palestiniens de la ville contre l'éviction
des fonctionnaires égyptiens et la protection des francs par 300 hommes
qui prennent en main la citadelle. Mais en juillet al-Kilafa est
poignardé avec les 300 francs qui ont cherché en vain à se réfugier
dans les tourelles.
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1112
- Début janvier Baudouin se venge en assiégeant la ville de Tyr au
Liban. Mais face à leur résistance il abandonne le 10 avril 1112
-
1112
- 10 décembre mort de Tancrède, son neveu Roger fils de Richard
de Salerne lui succède. Décès également de Bertrand de St
Gilles.
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1113
- Mawdoud atabek de Mossoul et principal responsable du génocide
des colons d'Edesse, avec l'appui de Tughtekin de Damas attaque des
bourgs francs en Galilée. Baudouin s'élance seul avec son armée et
subit une défaite à Sinn al'Nabra. Sans l'arrivée de Roger de Salerne
nouveau prince d'Antioche et de Pons, fils de Bertrand et nouveau comte
de Tripoli tout le monde aurait été massacré. Les syriens refusèrent
la deuxième bataille et se retirèrent.
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1113
- Assassinat du sultan Mawdoud de Mossoul dans une
mosquée de Damas en présence de l'atabek Tughtekin. Le 10 décembre
Redwan le roi d'Alep se meurt. Aussitôt le cadi Al- Khachab ordonne
l'exécution de nombreux chefs membres de la secte des assassins.
Mais le fils de Redwan : ALP ARSLAN qui vient d'avoir seize ans fait décapiter
ses deux frères et plonge la ville dans un bain de sang. On aura vite
fait de s'apercevoir que le jeune roi qu'on surnommait le muet est également
fou...
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1113
- Après avoir répudié ARDA fille du prince Taphnuz, soupçonnée
d'infidélité, Baudouin épouse Adelaïde de Sicile qui arrive en
Palestine avec 7 navires chargés d'or et d'objets précieux. La dot étant
dépensée, en 1117, le roi craignant que Roger de Sicile, (fils de la
souveraine) n'hérite des biens du Royaume, renvoya Adelaïde en prétextant
qu'il ne voulait pas mourir bigame !
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Septembre
1114 - Loulou, l'eunuque d'Alp Arslan
poignarde son maître et se nomme régent en installant sur le trône un
autre fils d'Arslan qui vient tout juste d'avoir 6 ans.
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Septembre
1115 - Roger de Salerne - prince
d'Antioche bat l'armée de Bursuki, atabek de Mossoul et conquiert
Azaz, Biza et Marqab.
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1115
- Tughtekin atabek de Damas s'allie à Baudouin 1er (mais sera
plus tard l'ennemi de Baudouin II) pour contrer l'armée du sultan
Mohammed de Bagdad, venu venger la mort de Mawdoud en 1115
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1118
- Avec 216 chevaliers et 400 fantassins, Baudouin 1er rêve de conquérir
l'Egypte ! Parti en mars, il traverse le Sinaï et se baigne dans le Nil
avant de tomber subitement malade. Il meurt à El-Arich sur le chemin du
retour, le 2 avril. Il est remplacé par Baudouin II - comte d'Edesse.
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1118
à BAGDAD meurt le calife Al
Moustarchid (al Mukharrim) son fils Al Moustarchid Billah devint
Calife à sa place. A l'âge de 25 ans , il devenait le Prince des
croyants musulmans.

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