Après des débuts difficiles, Cîteaux connut, avec l’arrivée de saint Bernard et de ses trente compagnons, une grande prospérité, qui lui permit de fonder coup sur coup quatre abbayes : La Ferté (1113), Pontigny (1114), Clairvaux, dont saint Bernard était l’abbé, et Morimond (1115). Ces quatre abbayes ne tardèrent pas à essaimer à leur tour, couvrant l’Europe de leurs filiales, du Portugal à la Pologne, de la Norvège à la Sicile.
Le monastère cistercien est établi le long d’un cours d’eau, dans une vallée presque toujours éloignée de toute habitation. Il forme un ensemble compact de bâtiments disposés dans le même ordre autour du cloître généralement situé au sud de l’église, et celle-ci est toujours « orientée », à moins que la configuration du terrain ne s’y oppose. À l’aile orientale du monastère, le bâtiment des moines comporte, au rez-de-chaussée : la sacristie et l’armarium (ou bibliothèque) ; le chapitre ; l’auditorium, où se fait la distribution du travail ; l’escalier du dortoir ; un passage conduisant à l’extérieur ; la salle des moines. Tout l’étage est occupé par le dortoir. Sur la galerie du cloître opposée à l’église s’ouvrent : le chauffoir ; le réfectoire, généralement construit perpendiculairement au cloître ; la cuisine. L’aile ouest est occupée par le bâtiment des convers, avec, au rez-de-chaussée : le réfectoire ; puis, séparé par un passage, le cellier, qui s’étend jusqu’à la façade de l’église, et, à l’étage, le dortoir, dans toute la longueur du bâtiment. C’est surtout par leur architecture que les Cisterciens occupent une place importante dans l’histoire de l’art. Mais ils se distinguèrent également dans la fabrication des vitraux et des carreaux vernissés, ainsi que dans l’enluminure des manuscrits.