On manque de données historiques sur
la chapelle de la Trinité d'Aregno. Elle est l'un des
plus beaux exemples de l'art roman pisan, avec Murato,
qui fleurit en Corse aux XIIe-XIIIe siècles.
La façade occidentale
Comme Murato, la chapelle d'Aregno
se distingue par ses pierres polychromes. Restaurée au XIXe
siècle, la façade se compose de trois niveaux.
La porte est surmontée d'un linteau
en bâtière sans ornement (ajouté au XIXe) et d'un arc
de décharge aux claveaux
polychromes, qui dessine un tympan
inexistant. De part et d'autre se trouvent deux petites
statuettes semblables à celles qu'on trouve à Murato : une
femme en longue robe à gauche et un homme tenant (peut-être)
les tables de la loi.
Au-dessus de la porte, l'étage
intermédiaire est orné d'arcatures aveugles à motifs végétaux
ou géométriques. Elles retombent sur des culots
sculptés : on reconnaît notamment un taureau, à droite. A
gauche, un animal en dévore un autre.
Au niveau du fronton, la
corniche est soutenue par des modillons.
De petites arcatures suivent son mouvement. Au centre, une
baie géminée est percée. Son remplage
porte des serpents entrelacés. Au sommet du fronton, un
personnage sculpté semble s'extraire une épine du pied.
Les étroites baies cintrées qui
percent la nef sont surmontées d'archivoltes
sculptées.
On retrouve les mêmes motifs sur les deux côtés
de la nef : ci-contre, au sud, une croix et d'un
arbre.
L'autre motif présente une scène
où deux paons s'affrontent (ci-contre, côté nord
de la nef).
Entre les pilastres
s'intercalent de petites arcatures reposant sur des
modillons sculptés (têtes humaines, sirènes,
motifs géométriques et végétaux).
Le chevet
a conservé sont couvrement de teghje (ardoises
corses en schiste). Une petite fenêtre est percée
au centre.
Sa corniche est doublée
d'une moulure torsadée et d'arcatures retombant là
encore sur des modillons.