Saint Etienne d'Auxerre (Yonne)


Historique

La première basilique chrétienne d'Auxerre date du IIIe siècle. Elle est transferée à l'intérieur des remparts de la ville par Saint Amâtre vers 400. Elle connaît ensuite une série d'incendies et de reconstructions, du IXe siècle à 1023, date à laquelle on construit une cathérale romane entièrement voûtée en pierre, à l'initiative de l'évêque Hugues de Chalon. La nouvelle cathédrale, dont il ne subsiste que la crypte, est consacrée en 1057.

La reconstruction gothique est décidée par l'évêque Guillaume de Seignelay et commencée en 1215 à la fois par le chevet (ce qui est classique) et par la façade (à cause de l'effondrement des tours romanes). Après l'achèvement du choeur vers 1234, la durée des travaux s'étire, par manque de moyens. Interrompue, la campagne de travaux est reprise vers 1320 pour remplacer la nef romane. Les voûtes des collatéraux sont construites pendant la deuxième moitié du XIVe siècle. Lorsque la cathédrale est consacrée en 1334, la nef est presque achevée.

Il faut ensuite attendre 1415 pour que soient édifiés le haut de la façade, la voûte de la nef, le croisillon nord et la tour sud. En 1555, la construction n'est toujours pas achevée. La tour nord ne sera jamais construite, car les travaux sont définitivement interrompue par les guerres de religion, qui causent de grands dommages à l'édifice. Les seuls travaux effectués par la suite sont des travaux de restauration (dont certains sont confiés à Viollet-le-Duc).

Visite extérieure

La façade occidentale est asymétrique puisque la tour nord est inachevée. La tour-clocher, au nord, comporte cinq niveaux. Au-dessus du portail s'élèvent trois niveaux de niches vides surmontées de gâbles à crochets. Le dernier niveau abrite les cloches. La tour sud aurait dû être semblable, comme le prouve la partie existante, qui s'élève à hauteur du pignon central. Au-dessus du portail, couronné d'un gâble, on trouve une rose rayonnante sous un arc brisé, surmontée d'un pignon au décor flamboyant. Une balustrade s'amorçe entre la tour et le pignon, symbole d'inachèvement, puisqu'elle aurait certainement dû se prolonger jusqu'à la seconde tour jamais terminée.

Le portail nord a perdu une partie de sa décoration puisque son tympan est plâtré. Néanmoins, il reste de nombreux éléments intéressants. Le linteau et l'intrados sont consacrés à la vie de la Vierge. On y voit quelques scènes rares en sculpture, comme le baiser de la Porte d'Or, les fiançailles de la Vierge (cordon extérieur des voussures). Les piédroits sont ornés d'animaux, probablement en rapport avec l'arche de Noé, puisque les soubassements sont ornés de scènes de la Genèse.

Le portail central est consacré au Jugement dernier (tympan). Les piédroits, où figurent les vierges folles et les vierges sages, se rattache à ce thème. Les voussures contiennent des statuettes représentant les apôtres. Les niches des soubassements abritent des statuettes décapitées et non identifiées. Les bas-reliefs relatent l'histoire de Joseph à gauche et celle de l'enfant prodigue à droite.

Le portail sud (en réfection au moment de notre visite en juin 2004) est consacré à Saint Jean-Baptiste. Le tympan comporte trois registres. En haut, on assiste à la décollation du prophète et à la remise de sa tête à Salomé. Au milieu est représenté le baptême du Christ. Le registre inférieur relate des scènes de l'enfance de Saint Jean-Baptiste : la Visitation, la nativité, la circonsition. Les voussures rappellent des épisodes de la vie de Jésus (gauche) et de Saint Jean-Baptiste (droite). Les niches des soubassements retracent les amours de David et Bethsabée. Les bas-reliefs sont illisibles.

Le panneau à droite du portail sud représente le jugement de Salomon.

Les façades des transepts (ci-contre façade nord) sont assez classiques. Au-dessus du portail couronné d'un gâble s'élève une rose précédée d'une claire-voie à quatre lancettes. L'ensemble est surmonté par un pignon et encadré par deux petites flèches.

Le portail méridional (ci-contre) est consacré à la vie de saint Etienne, patron de la cathédrale, le portail septentrional, à l'évêque auxerrois Saint Germain.

On peut admirer l'élégant chevet gothique depuis l'autre rive de l'Yonne.

Visite intérieure

La nef comporte six travées, voûtées d'ogives quadriparties.

L'élévation à trois niveaux inclut un triforium dont les baies se composent de deux ensembles d'arcatures géminées et treflées, surmontées d'un remplage quadrilobé. Les ogives retombent sur des piliers fasciculés sans chapiteau.

Le transept est constitué par des croisillons à deux travées. Le bras sud est couvert par des voûtes sexpartites tandis que les voûtes du bras nord sont quadripartites. La voûte de la croisée est plus complexe, ornée de liernes et de tiercerons. Les extrémités des croisillons sont décorées par des arcatures aveugles surmontées par une rose rayonnante au sud (ci-dessus à gauche) et flamboyante au nord (ci-dessus à droite). Le triforium de la nef se poursuit sur les murs occidentaux des croisillons mais celui du choeur s'arrête à la première travée des murs orientaux.

Le chœur comporte quatre travées et une élévation à trois niveaux (34 m de haut). Le triforium est orné de baies à quatre lancettes très simples (trois seulement dans le rond-point du choeur). Les voûtes sont quadripartites.

Le déambulatoire n'est pas doté de chapelles rayonnantes mais d'une seule chapelle axiale. Quelques chapelles ont été ajoutées au schéma initial le long du choeur.

Tout au long du déambulatoire, on trouve des vitraux du XIIIe siècle, ainsi que dans la chapelle axiale (ci-contre), qui présente également la particularité de posséder une voûte à dix ogives.

Les vitraux autour du choeur représentent des scènes de l'Ancien Testament (Gènese, David, Joseph), du Nouveau (enfant prodigue), et de la vie des saints. Ci-contre, l'arbre de Jessé dans la chapelle axiale.

La crypte

Plan de la crypte (extrait de la brochure de visite de la cathédrale)

La crypte date de 1023 : c'est donc une survivance de l'édifice roman, avec des voûtes d'arêtes et des colonnes massives. Le vaisseau central est doublé par des collatéraux.

L'ensemble est entouré d'un déambulatoire, lui aussi voûté d'arêtes.

Dans l'axe du vaisseau principal, on trouve cet étrange chapiteau à triple collerette.

La chapelle axiale se distingue par ses magnifiques fresques des XIIe et XIIIe siècles.

Dans la travée droite, au centre d'un motif en croix, se trouve un Christ montant un cheval blanc, entouré de quatre anges cavaliers. Il s'agit d'une représentation de l'Apocalypse.
La gamme de couleurs utilisée est réduite (tons ocres), et la peinture, de grande qualité.

Le cul-de-four présente un Christ en majesté du XIIIe siècle, entouré d'un tétramorphe.

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