Notre-Dame d'Amiens

Historique

Notre-Dame d'Amiens est la plus grande cathédrale gothique du monde (200 000 m3 soit 2 fois Notre-Dame de Paris en volume) et l'une des plus belles puisqu'elle est classée au Patrimoine mondial de l'humanité. C'est l'incendie de la cathédrale romane (qui datait de 1152) en 1218 qui provoque la construction d'une cathédrale gothique. Les premières pierres sont posées en 1220, dans un contexte de grande prospérité. Contrairement à la tradition, les architectes commencent par construire la façade et la nef. L'édification est assez rapide puisque l'essentiel est fait à la fin du XIIIe siècle : cela confère à Notre-Dame d'Amiens une unité architecturale qui manque à beaucoup de ses rivales

Coupe issue de la brochure de l'Office du tourisme d'Amiens

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chevet vu du jardin de l'évêché

         Quelques éléments sont tout de même ajoutés par la suite : le couronnement des tours (en 1366 et 1402), des arcs-boutants supplémentaires au niveau du chœur. En 1528, un incendie détruit la flèche, qui est immédiatement reconstruite. Elle est raccourcie en 1627 à la suite d'un orage. Au XIXe, la cathédrale est restaurée (en partie par Viollet-le-Duc).

Visite Extérieure

La façade occidentale

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Il s'agit d'une façade harmonique classique. Les portails, ornés de gâbles, sont surmontés d'une claire-voie, puis une galerie de 22 rois (on ne sait s'il s'agit des rois de France ou des rois d'Israël). On trouve ensuite une rose flamboyante, encadrée par les tours ajourées.

La courtine, appelée galerie des sonneurs, est surmontée par une seconde galerie composée de fines arcades ajourées, derrière lesquelles on trouve une terrasse appelée chambre des musiciens. Les tours sont d'inégale hauteur. Elles sont toutes deux flanquées d'une petite tourelle.

Un spectacle organisé par la ville d'Amiens a reconstitué pendant quelques mois la polychromie des portails par un jeu de lumières

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Le portail du Jugement Dernier

portail du jugement

Le portail central est consacré au Jugement dernier.

voussures

tympan du Jugement dernier

Au registre inférieur du tympan, les ressuscités sortent de leurs tombeaux au son de l'olifant. Saint Michel et sa balance se trouvent au milieu d'eux. Au registre intermédiaire, les damnés sont séparés des élus et se dirigent vers la gueule d'un Léviathan. Au registre supérieur, le Christ sur son trône, les mains levées, est entouré de la Vierge et de Saint Jean qui intercèdent, ainsi que des anges qui portent les instruments de la Passion.

Au trumeau, on trouve le Beau Dieu d'Amiens, magnifique statue du Christ.

le beau Dieu

La représentation de l'enfer et du paradis est reportée vers les voussures. Au paradis, on voit d'abord les âmes recueillis dans le sein d'Abraham. Elles se dirigent ensuite vers un élément d'architecture qui évoque la Jérusalem céleste.

voussures paradis

voussures enfer

L'enfer rappelle celui de Notre-Dame de Paris, qui adopte la même disposition. On y retrouve marmite et cavaliers nus sur des chevaux qui se cabrent, qui évoquent l'Apocalypse.

Les statues des ébrasements présentent les douze apôtres. Les médaillons polylobés qui sont à la base des ébrasements représentent les vices et les vertus.
Entre le portail du Jugement et le portail du Couronnement, on trouve d'autres séries de médaillons avec, entre autres, l'épisode de Jonas recraché par la baleine.

Le portail de la Vierge

tympan du Couronnement

 Le portail méridional, appelé portail de la Mère-Dieu est consacré à la Vierge. Au tympan, on trouve le Couronnement au registre supérieur, la mort et l'assomption de la Vierge au registre inférieur et six personnages de l'Ancien testament.

Les statues qui ornent les ébrasements sont particulièrement intéressantes : à droite, groupées deux à deux, elles mettent en scène de façon originale de trois épisodes importants : l'Annonciation, la Visitation et la Présentation au temple du Christ. A gauche, de l'extérieur vers l'intérieur, on trouve la reine de Saba et le roi Salomon, Hérode puis les trois rois mages.

ébrasement droit du portail de la vierge

médaillon de la fuite en Egypte

Les médaillons des soubassements complètent le tableau des épisodes de la vie du Christ.

La base du trumeau comporte des bas-reliefs consacrés au péché originel, thème souvent associé à la Vierge, puisque c'est par elle qu'arrive la rédemption.

trumeau du péché originel

Le portail Saint Firmin

Le portail septentrional est consacré à Saint Firmin, qui est représenté au trumeau. Le tympan retrace l'histoire de la découverte du corps du saint.

portail siant firmin

médaillons du calendrier

Les médaillons des soubassements présentent les mois du calendrier mêlés aux signes zodiacaux.

Les portails du transept

Le portail du transept sud, dit portail Saint Honoré est aussi appelé portail de la Vierge dorée, en raison de la statue qui orne le trumeau. Le tympan relate des épisodes de la vie du saint. Au linteau, on trouve les adieux des apôtres. Puis les quatre registres du tympan lui-même représentent, de bas en haut, le sacre, des guérisons miraculeuses, une procession de reliques et la croix d'une église se penchant au passage du saint.

portail saint Honoré

Le portail du transept nord, dit portail Saint Firmin le Confesseur, est moins intéressant. L'intrados, surmonté d'un arc en mitre, enferme un tympan vitré.

chevet

Les arcs-boutants soutenant les travées de la nef sont à deux niveaux. Autour du chœur, les arc-boutants sont ajourés, à double volée, semblent plus légers encore.

La flèche domine l'édifice, du haut de ses 112,70 mètres. C'est la plus ancienne flèche en bois (couverte de feuilles de plomb) que l'on connaisse.

Visite intérieure

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Notre-Dame d'Amiens frappe par ses dimensions : 42,7 mètres de haut, 70 mètres de large au niveau du transept, 145 mètres de long.

croisée du transept

Les six travées de la nef sont éclairées par la grande rose de la façade, dite "Rose de la mer" et par les fenêtres hautes (quatre lancettes) de l'élévation à trois niveaux. Le triforium, aveugle, comporte, pour chaque travée, deux ensembles de trois arcades.

élévation de la nef

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Amiens se distingue par son dallage. S'il a été refait au XIXe, le dessin suivi date du XIIIe siècle.

dallage

La pièce maîtresse est un labyrinthe octogonal (au niveau de la cinquième travée) de 234 mètres de long (à comparer avec ceux de Chartres et de Reims).

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centre du labyrinthe

La pierre centrale du labyrinthe est particulièrement intéressante puisqu'on y trouve le texte de la fondation de la cathédrale, inscrit dans une bande de cuivre. Au centre, une croix montrant les points cardinaux est entourée des représentations des trois architectes de la cathédrale (Robert de Luzarches, Thomas et Renaud de Cormont) et de l'évêque Evrard de Fouilloy. La pierre que l'on voit actuellement est une copie de l'original, conservé au musée de Picardie.

transept nord

Les croisillons du transept comportent 3 travées et des collatéraux. Ils sont illuminés par de grandes roses qui prennent appui sur des claire-voies à cinq arcades. La rose du croisillon sud ("Rose du ciel") est flamboyante, tandis que la rose du croisillon nord ("Rose des vents") est rayonnante.

Croisillon nord

Croisillon sud


croisillon sud

Rose nord

Rose sud

nef et choeur

Le chœur, entouré d'une clôture en pierre sculptée, comprend quatre travées à voûtes quadripartites barlongues et à collatéraux doubles et un rond-point à sept pans, qui ouvre sur un déambulatoire simple et sept chapelles rayonnantes . Son élévation est à trois niveaux.

Dans les travées droites, l'organisation est semblable à celle de la nef mais les deux ensembles de trois arcades du triforium sont surmontés d'arcs en mitre. De plus, le triforium est ici à claire-voie. Enfin, les fenêtres hautes sont à six lancettes et non plus quatre. Dans le rond-point, le triforium, toujours à claire-voie, est composé pour chaque pan de deux ensembles d'arcades géminées (toujours couverte d'arcs en mitre). Dans leur prolongement, les fenêtres hautes ont quatre lancettes (groupées par deux).

élévation du choeur

cloture

Le chœur se distingue par ses stalles du XVIe siècle, d'une qualité comparable à celles de Tolède. Les sculptures sur bois relatent des épisodes de la Bible et des scènes cocasses de la vie amiénoise. Elles mettent en scène plus de 4000 personnages.
La clôture est quant à elle consacrée aux récits des Evangiles (ci-contre, la décollation de St Jean-Baptiste).

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