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Historique
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L'abbaye Sainte Marie d'Alet, considérée par
certains comme "la plus belle ruine de France", se situe entre
l'Aude et les montagnes.
Traditionnellement, on situe la fondation de l'abbaye par Béra, comte de
Razès, et sa femme Romella, en 813. Néanmoins cette hypothèse repose sur
un faux document. Il est cependant probable que l'édifice date de
l'époque carolingienne.
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Consacrée à
Notre-Dame, l'abbaye adopte la règle bénédictine. Ses
premiers abbés sont mal connus. Au XIe siècle, elle est ravagée par le
comte de Carcassonne, mais elle se redresse peu après grâce à ses
reliques de la Sainte Croix qui attirent de nombreux pèlerins.
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En 1119, les droits d'Alet sur l'abbaye de
St Polycarpe sont reconnus au détriment de l'abbaye de Lagrasse. Une
première campagne de travaux de reconstruction est lancée à cette époque.
Une deuxième prend place à la fin du siècle. Le début du XIIIe siècle est
plus trouble : un abbé est emprisonné par le vicomte de Béziers, un autre
destitué pour dettes.
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Le retour au calme, en 1233, permet à l'abbaye de devenir
évêché en 1318. Un chœur gothique est édifié. Cependant ce petit diocèse
sera sans éclat, malgré la figure remarquable de Nicolas Pavillon, un
janséniste d'une grande vertu.
En 1577, l'abbaye est détruite par les protestants. Elle n'est jamais
vraiment reconstruite. Les évêques utilisent l'ancien réfectoire comme
lieu de culte. En 1792, cette dernière partie de l'édifice est elle aussi
détruite.
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Visite
Il ne
reste de l'abbaye que de splendides vestiges romans, dont les couleurs
variées (ocre, violet, gris clair...) sont embrasées par le soleil.
La
cathédrale
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On devine que la nef, aujourd'hui sans
voûte, devait avoir six travées, avec des bas-côtés et un transept peu
saillant, dont il ne reste que le croisillon nord. Des tribunes avaient
été ajoutées dans la seconde moitié du XIIe siècle. De chaque côté, on peut
observer les restes de deux tours, la tour Saint Michel (nord) et la
tour Notre Dame (sud).
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Le chœur comporte deux parties bien distinctes.
L’abside initiale, de petite taille, est bien conservée. C'est la
partie la plus intéressante. Elle est formée d'un polygone à cinq pans.
A l'extérieur, ce polygone est scandé par des contreforts qui
supportent des colonnes engagées.
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Celles-ci reçoivent des chapiteaux ornés
de riches motifs végétaux et géométriques. Une corniche relie ces
chapiteaux.
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A l'intérieur, cette abside est voûtée en cul-de-four.
Elle ouvre sur la nef par un arc en plein cintre décoré de motifs
végétaux entourés de perles. Le même décor, d'origine antique, est
visible sur les chapiteaux. Chaque pan du polygone est percé d'une
fenêtre.
La petite abside romane fut entourée d'un chœur gothique dont il ne
reste qu'une chapelle rayonnante du XVe siècle. Cette partie, plus
classique, est moins intéressante.
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Au nord de l'église se trouve la salle
capitulaire. Celle-ci s'ouvre par trois baies romanes. La salle est
elle aussi romane, même si l'on a ajouté des voûtes d'ogives lors de la
construction du chœur. Les éléments les plus intéressants sont ici les
chapiteaux du mur d'entrée.
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Des
thèmes païens (centaure) se mêlent à des thèmes animaliers (chasse à
l'ours, affrontement de bouquetins, oiseaux), végétaux (pommes de pin,
feuillages) et bien sûr religieux (l'Annonciation, la fuite en
Egypte).
Ci-contre, l'Annonciation
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