Saint Maurice d'Angers

Historique

chateau d'Angers

La première église d'Angers date du VIe siècle. Elle est dédiée à la Vierge. Lorsque Saint Martin offre à Angers des fioles contenant le sang de martyrs, parmi lesquels on trouve Saint Maurice, la cathédrale change de titulature, après une période de coexistence entre les deux patronages.

L'église est reconstruite au VIIIe siècle. Elle bénéficie d'une durable protection carolingienne. Un premier incendie entraîne une reconstruction au IXe siècle, engagée par l'évêque Hubert de Vendôme. En 1032, un nouvel incendie détruit en grande partie le travail accompli.

Château d'Angers, où est conservée la tapisserie de l'Apocalypse.

L'évêque Geoffroy de Tours entreprend une remise en état à la fin du XIe siècle. La nef est reconstruite dans la première moitié du XIIe siècle. Il s'agit d'une des premières nefs dotées d'une voûte d'ogives (après Saint Denis). Elle est achevée vers 1153. Le transept est reconstruit de 1190 à 1236. Le chœur est agrandi à partir de 1274. A la fin du XVe siècle, la cathédrale reçoit en don la splendide tapisserie de l'Apocalypse (ci-contre au château d'Angers), qui est utilisée comme parure dans les grandes occasions.

tenture de l'Apocalypse

fléau de l'Apocalypse

Saint Maurice subit par la suites diverses avanies assez courantes : un clocher qui prend feu en 1533, un sac protestant en 1562 et des remaniements malencontreux. En 1745, le trumeau est détruit et les statues d'apôtres qui ornaient le linteau sont remplacés par un arc en granit. Les révolutionnaires font main basse sur le trésor de la cathédrale.

Au XIXe siècle, des restaurations sont entreprises. Les flèches sont reconstruites au début du XXe siècle.

Détail de la tapisserie de l'Apocalypse

Visite extérieure

revers de la façade

La façade occidentale n'est pas harmonique, puisqu'elle ne comporte qu'un portail. Au-dessus de ce portail, une grande baie cintrée est entourée d'arcatures aveugles. Le haut du massif se compose d'une galerie de huit niches abritant des statues de chevaliers et de deux baies étroites entourées, là encore, d'arcatures aveugles. Enfin, au-delà d'une balustrade, on trouve une tour couverte d'une coupole, qui date du XVIe siècle. Sur les côtés s'élèvent deux tours dont les premiers niveaux sont ornés de bandes lombardes. Le second niveau est rythmé par quatre grandes arcatures. Au nord comme au sud, les deux arcades placées aux extrémités sont aveugles. Mais au nord, les deux arcades centrales sont divisées en deux verticalement et encadrent quatre petites baies. Au sud, les deux arcades centrales sont ouvertes. Les deux tours sont surmontées de hautes flèches, entourées de lanternons.

Le portail, bien qu'un peu écrasé par la hauteur de la façade, est l'élément le plus intéressant. Le tympan est consacré à l'Apocalypse. On y voit le Christ entouré du tétramorphe. Les vieillards se trouvent dans deux des quatre voussures. Dans les deux autres voussures, on voit des anges. Le linteau a été complètement démoli.

tympan

ébrasement

Dans les ébrasements, on trouve, à droite, Moïse, la reine de Saba. A gauche se trouve David, Salomon, et, peut-être Melchisédech et Esther.

Il est difficile d'avoir un aperçu extérieur de la nef, car diverses constructions sont venues se greffer sur son flanc sud et le flanc nord n'est pas accessible. On perçoit cependant les grandes baies cintrées, séparées par de larges contreforts.

face sud

transept sud

Le transept sud est dépourvu d'entrée monumentale. Il est dominée par une rose rayonnante, inscrit dans un arc brisé. Le pignon qui surplombe l'ensemble est orné de quatre arcades, dont deux aveugles aux extrémités.

Le chevet est très sobre. Dépourvu d'arcs-boutants, il est divisé verticalement par de minces contreforts. Le seul décor est constitué par les baies à deux lancettes surmontées de roses. Une balustrade court entre les contreforts.

chevet

Visite intérieure

nef

La nef se compose d'un vaisseau unique de trois travées. L'élévation est à deux niveaux. Une galerie de circulation, avec une balustrade en fer forgé, court devant les fenêtres, composées de deux baies cintrées et géminées par travée. Le premier niveau est composé d'une arcade aveugle formant une sorte de niche peu profonde.

modillons

La galerie est soutenue par de jolis modillons (têtes humaines, bestiaire). Dans la troisième travée se trouve une belle chaire en bois sculpté.

chaire

voûtes

La nef est voûtée d'ogives de type gothique angevin (ou Plantagenêt), ce qui signifie qu'elles sont bombées de telle sorte que la clef de voûte est plus élevée que la clef des arcs formerets et doubleaux.

Chaque croisillon du transept comporte une seule travée dont l'élévation est presque semblable à celle de la nef (la large arcade aveugle est remplacée par plusieurs petites). Les murs de fond reprennent également cette élévation, en substituant une rose aux fenêtres. Les voûtes, plus tardives et plus complexes, sont octopartites.

croisillon nord

croisillon sud

Dans le croisillon sud, ci-contre, on trouve deux chapiteaux historiés qui raconte l'Annonciation (photos ci-dessous). Sur le premier chapiteau, on voit l'archange Gabriel, qui fait une légère révérence. Sur le second, la Vierge acquiesce et retient les pans de son manteau.

choeur

Le chœur date de la fin du XIIe siècle. Il est coupé de la nef et du transept par un autel baroque. On y trouve la galerie de circulation déjà présente dans la nef et le transept. Le rond-point, à sept pans, est éclairée par des baies à deux lancettes surmontées de roses. Il est précédé d'une travée droite à voûte octopartite.

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