Le premier édifice chrétien
connu à Barcelone remonte au IVe siècle. Il est
d'abord dédié à la Sainte Croix. Après
la découverte des reliques de sainte Eulalie en 877,
le patronyme de la sainte vient s'ajouter à la précédente
dédicace. L'édifice paléochrétien est détruit par un raid musulman au Xe siècle.
Une reconstruction romane, à
l'initiative du comte de Ramón Bérenguer, est
consacrée en 1058 par Guillaume de Narbonne. En 1298
est entreprise la construction d'une église gothique.
Les travaux progressent lentement et ne s'achèvent qu'en
1460. Cette lenteur est en grande partie liée au contexte
difficile que connaît Barcelone (multiples guerres, ravages
de la peste de 1348 ...).
Le
cloître
est achevé à la même époque.
La façade et la flèche ne sont ajoutées
qu'entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle.
La cathédrale reçoit le titre de basilique
en 1867.
Les oies du cloître :
elles sont au nombre de 13 et symbolisent l'âge d'Eulalie
lors de son martyre.
Visite extérieure
La façade
des XIX-XXe siècles ne sera pas étudiée en détail pour
cette raison. On peut cependant noter qu'elle ne dépare pas
avec le reste de l'édifice gothique, respectant des dessins
du XVe siècle.
Elle est dominée par une tour lanterne (généralement
située à la croisée du transept),
elle-même surmontée d'une flèche ajourée de 70 mètres.
Au niveau du faux transept s'élèvent
deux tours-clochers octogonales. Le dernier étage est ajouré
par des fenêtres brisées. Au nord, la tour est coiffée
par un clocheton de ferronnerie, comme on peut en trouver en
Catalogne
(comme sur la cathédrale de Perpignan, par exemple).
Les chapelles rayonnantes du
chevet sont séparées par de puissants contreforts,
qui manquent d'élégance.
Visite intérieure
Plan tiré de la brochure de visite de la
cathédrale
La nef
est précédée d'une coupole
sur trompes,
dont le tambour est percé de multiples baies.
La nef comporte cinq travées
irrégulières. La première est surmontée d'une tour
lanterne. L'élévation
est à trois niveaux, le triforium
et les roses
qui le surmontent paraissant écrasés sous les voûtes
d'ogives.
Les collatéraux
sont presque de même hauteur que la nef; ce qui renforce
l'impression d'unité de l'espace, typique du gothique
catalan.
Les chapelles latérales comportent une travée droite et
un rond-point polygonal.
Elles supportent des tribunes. Celles-ci ont deux travées
voûtées d'ogives. La première, étroite couvre une
galerie de circulation tandis que la seconde couvre le reste
de la chapelle.
Près de l'entrée au sud, on
trouve une vaste chapelle, la chapelle de Lépante, dotée
d'une superbe voûte en réseau. Elle abrite une statue du
Christ qui se trouvait sur l'un des navires espagnols lors
de la victoire navale de Lépante, contre les turcs. On
explique la curieuse posture du Christ par le fait qu'il
aurait ainsi évité un boulet de canon.
Le coro commence au-delà de la deuxième travée. Il
interrompt la perspective habituelle de la nef vers le chœur.
Les sculptures de marbre blanc datent du XIVe siècle.
Cette partie clôturée abrite
61 splendides stalles.
Les sièges sont surmontés d'une
belle architecture flamboyante. Les dossiers sont ornés de
blasons, Charles Quint ayant réuni ici les chevaliers de la
Toison d'or en 1519.
On peut également noter les
jolies sculptures des miséricordes.
Le chœur
comporte une travée droite et un rond-point aux arcades très
élancées. Il ouvre sur neuf chapelles rayonnantes
polygonales.
En-dessous du
chœur est aménagée
une vaste crypte.
Elle abrite le tombeau de sainte Eulalie morte au début du
IVe. Elle est la sainte patronne de Barcelone. Le sarcophage
est sculpté de scènes de la vie et du martyre de la
sainte.
Le cloître
Le cloître gothique s'adosse
sur le flanc sud de la nef.
Le portail qui sépare le cloître
de l'église est un remploi roman. On peut admirer les
voussures géométriques dans lesquelles on peut déceler
l'influence des motifs arabes.