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Historique
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La construction à Beauvais d'une église communale dédiée
à Saint Etienne, hors de la cité épiscopale date, de la fin du Xe
siècle. La construction de l'église romane date de 1120. La nef et la façade
sont achevées au XIIIe siècle. Entre 1506 et 1556, le chœur est reconstruit
en style gothique flamboyant. En 1583, une tour beffroi remplace la tour
lanterne, détruite en 1480. A la Révolution, l'église subit de nombreux
dommages (destruction du portail et des vitraux).
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La façade occidentale est très hétéroclite.
Le portail central en grande partie détruit est surmonté
de trois fenêtres et d'un pignon agrémenté d'une petite
rose, l'ensemble étant assez austère. A droite, on trouve
un portail plus étroit surmonté d'une simple rose et flanqué
d'une modeste tourelle au toit hexagonal. A gauche s'élève
la tour beffroi qui domine la façade. Le cylindre de la tour, plus
large à la base qu'au sommet jouxte le portail de droite surmonté
au second niveau d'un arc géminé très élancé
dont la forme étroite rappelle celle d'une meurtrière.
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Les façades latérales présentent plus
de charme. La transition entre le roman et le gothique y est plus flagrante.
Elle est soulignée par la différence de toiture entre la nef
romane (tuiles roses) et le chœur gothique (ardoises).
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Les modillons qui soutiennent la corniche de la nef présentent
des figures grotesques très diversifiées.
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Sur le côté nord de la nef, avant le transept,
on trouve un beau portail roman orné de motifs végétaux.
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Côté nord, dans le square, on peut admirer la
roue de la fortune sur la façade du transept. Au dessus, le pignon
présente la particularité d'être quadrillé.
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Le chevet est soutenu par des arcs-boutants à piles
intermédiaires (comme à Reims).
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La nef est
un exemple de transition entre le roman et le gothique. Le roman est présent
dans les arcs en plein cintre des tribunes aveugles des fenêtres hautes.
Le gothique fait son apparition dans les croisées d'ogives qui soutiennent
les voûtes quadripartites. On peut remarquer que les arcs doubleaux des
bas-côtés sont particulièrement épais, ce qui témoignent d'une maîtrise
encore imparfaite de la croisée d'ogive.
Le transept roman date du
début du XIIe siècle : il marque une transition brutale entre la nef romane
et le chœur gothique aux voûtes bien plus élevées (hautes de 23 mètres).
Les extrémités des croisillons sont occupées par deux retables au dessus
desquels on trouve, au nord, deux fenêtres et une rose (qui représente la
" roue de la fortune ", figurant la vanité des hommes) et, au sud, trois
fenêtres. Les murs occidentaux ouvrent sur les bas-côtés par des arcs en
plein cintre. Au niveau des deuxièmes travées, les murs sont aveugles, surmontés
seulement d'une petite fenêtre haute. Les murs orientaux ouvrent sur le
déambulatoire par quatre arcs brisés plus élancés que les arcs en plein
cintre qui leur font face. Là encore, il n'y a pas de tribunes. Les arcs
sont simplement surmontés de fenêtres hautes à quatre lancettes.
Plan extrait de Ile-de-France gothique, tome I,
BIDEAULT, Maryse, LAUTIER, Claudine, Picard, 1987
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Le déambulatoire
est double dans ses deux premières travées, le couloir extérieur
étant ensuite remplacé par des chapelles. Côté nord,
au niveau de la première travée, le déambulatoire est jouxté
d'un baptistère au voûtement très complexe.
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Le chœur comporte quatre travées dont les voûtes sont typiques
d'un gothique plus avancé (photo ci-contre) . Comme dans le transept,
l'élévation est à deux niveaux, à cette différence
près que le sacrifice du triforium se fait cette fois au profit
des fenêtres hautes composées de quatre lancettes très
allongées.
Photo extrait de Ile-de-France gothique, tome
I, BIDEAULT, Maryse, LAUTIER, Claudine, Picard, 1987
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Dans le
rond-point,
on trouve une rose flamboyante précédée d'un ensemble
de quatre arcs géminés. A gauche du rond-point
se trouve le chef d'œuvre du maître verrier Engrand Leprince, l'arbre
de Jessé.
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