Notre Dame sur l'Eau de Domfront

Historique

Située sur la route de pèlerinage de Paris au Mont Saint Michel, au bord de la Varenne, l'église Notre Dame sur l'Eau de Domfront date du début du XIIe siècle. Le troisième fils de Guillaume le Conquérant, Henri Beauclerc, est à l'origine de sa construction. Elle dépendait de l'abbaye bénédictine de Lonlay. Elle est consacrée en 1156 en présence d'une noble assistance : l'archevêque de Rouen Hugues III d'Amiens, Thomas Becket et Henri II Plantagenêt. Cinq ans plus tard, la fille de ce dernier, grand mère du futur Saint Louis y est peut-être baptisée.

Saccagée pendant la guerre de Cent Ans puis les Guerres de religion, l'église souffre également de la Révolution française qui la convertit en entrepôt.

En 1836, quatre travées de la nef ainsi que les bas-côtés sont démolis en dépit de l'intervention de Prosper Mérimée par les ingénieurs des Ponts et Chaussées qui refusent de modifier le tracé de leur route. Malgré cette mutilation, l'église est classée monument historique quatre ans plus tard.

Au XXe siècle, elle souffre des bombardements alliés sur la Normandie en juin 1944. Les nombreuses restaurations qui ont eu lieu à la suite de la guerre ont permis de lui rendre tout son intérêt.

Visite extérieure

La façade a été reconstruite après l'amputation de la nef. On y a intégré le portail d'origine de l'ancienne façade.

Vue depuis le sud, le moignon de nef est à peine plus saillant que les bras du transept. On voit encore les arcades aujourd'hui pleines qui permettaient de communiquer avec les bas-côtés.

La croisée est dominée par un clocher à base carrée dont les faces sont percées deux groupes de baies géminées.

Le chevet, flanqué d'absidioles, n'est orné que de pilastres.

Les archivoltes des baies qui percent le chevet sont décorés de motifs géométriques.

Visite intérieure

Plans de l'église avant et après les mutilations du XIXe siècle, tirés de Normandie romane (Zodiaque)

Ce qui reste de la nef comporte deux travées, voûtées d'un berceau en bois. On distingue le tracée des arcades qui ouvraient sur les bas côtés.

Les bras sont percés de deux étroites baies dans le mur du fond, ainsi que d'un oculus à l'est.
Ils possèdent chacun une absidiole.

On y trouve des fresques du XIIe siècle remaniées au XVe, représentant les apôtres.

Le chœur est composé d'une travée droite voûté d'arêtes.
Le cul-de-four est percé d'une seule baie cintrée.

L'ordonnancement de d'arcatures aveugles dans la travée droite et le cul de four est tout à fait remarquable.


Références bibliographiques :

Normandie Romane, Lucien Musset, éditions Zodiaque, 1987

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