Arianisme

Cette doctrine est énoncée par Arius en 320 et selon laquelle Dieu est incréé et inengendré. Elle remet en cause la nature divine du Christ puisque celui-ci a été engendré par la volonté de Dieu et ne saurait donc être son égal. Le Christ, le Père et l'Esprit sont trois substances séparées, ce qui remet en cause l'unité de la trinité. L'arianisme est condamné au concile de Nicée en 325, sans apaiser la querelle qui secoue l'Eglise. Un compromis qui admet une inégalité entre le Dieu et le Christ est admis aux conciles de Rimini et de Séleucie. Il sera adopté par les Goths. L'arianisme ne sera définitivement rejeté qu'en 381 (concile de Constantinople). Les Goths n'abandonnent l'arianisme que deux siècles plus tard.

Charlemagne

Fils de Pépin le bref et de Berthe, Charles naît en 742. Initié rapidement au gouvernement de l’Etat, il est présent lors de la rencontre de son père avec le pape Etienne II, en 754, recevant de ses mains le sacre royal. A sa mort, Pépin partage ses possessions entre ces deux fils, Charles et Carloman. Malgré les efforts de berthe, des dissensions éclatent entre les deux frères. La mort de Carloman en 771 permet cependant d’éviter un conflit. Charles répudie alors sa première femme, une princesse lombarde, et unifie les deux royaumes sous sa seule domination. Il entreprend ensuite des expéditions défensives contre les Saxons, tout en défendant le pape Hadrien contre les Lombards, dont il devient roi après la défait de leur chef, Didier. En 777, les manoeuvres contre les Saxons permettent l’implantation de l’Eglise dans cette région. En revanche l’expédition contre les musulmans en Espagne est un échec, symbolisé par le passage de Roncevaux, conté dans la Chanson de Roland. La guerre contre les Saxons est poursuivie avec succès, désormais dans une volonté de conquête. Il crée en Italie lombarde et en Aquitaine des royaumes spécifiques qu’ils offrent à ces cadets. Des révoltes difficilement réprimées éclatent en Saxe. Autour de 800, l’expansion devient beaucoup plus limitée (nord de l’Espagne...). Charles met en place une organisation défensive fondée sur les marches (espaces aux frontières, moins bien assimilés, placés sous un commandement militaire spécifique).

Sa puissance, son rôle de protecteur de la chrétienté et ses amitiés avec de nombreux rois étrangers lui permettent de briguer le titre d’empereur, notamment par référence à l’Empire byzantin (on le compare à Constantin et le pape Hadrien Ier lui donne le titre de Magnus). C’est probablement le pape Léon III qui lui propose ce titre afin d’accroître la puissance de son protecteur alors qu’il est lui-même en difficulté et l’Empire Byzantin est en crise. Charles est donc couronné empereur à Rome en l’an 800. La cérémonie, au grand dam du nouvel empereur, inverse les acclamations de la foule et de l’armée (traditionnellement les premières dans l’Empire romain) et le couronnement (qui ne vient qu’en deuxième). En couronnant l’empereur avant qu’il soit acclamé, le pape tient à montrer que Charles tient son pouvoir de Dieu (et de l’Eglise) et non de sa puissance. C’est le début de rapports difficiles entre Empire et papauté. Cela explique aussi le geste de Napoléon se couronnant lui-même en 1804. Charles couronne lui-même son fils à Aix-la-Chapelle en 813.

Sur le plan intérieur, Charles tente de renforcer les liens de vassalité. Il entreprend une réforme juridique mettant en place des échevins. Son oeuvre législative (clarification du droit) est également importante. Il tente de mettre la puissance de l’Eglise au service de l’Etat, en confiant au clergé des tâches séculières. D’autre part, il place l’Eglise sous sa tutelle et organise lui-même la conversion des régions conquises. Il tente surtout de renforcer la spiritualité et l’instruction des clercs, s’entourant en cela des conseils d’intellectuels comme Alcuin ou Théodulf.
L’homme nous est présenté par ses biographes comme un caractère fort, curieux, amateur de femmes (quatre épouses et des concubines) et pourtant très croyant. Le portrait flatteur qu’en trace son contemporain Eginhard ne peut cependant faire oublier la violence dont il a parfois fait preuve contre ses adversaires.

Il meurt en 814 et est canonisé en 1165.


-

 

Clovis

Clovis ou Chlodweg, né en 465, succède à son père Childéric la tête des Francs vers 481. Son royaume s’étend alors de la Somme jusqu’à l’embouchure du Rhin. Clovis repousse les limites de son territoire à l’est et au sud (victoire de Soissons en 486, de Vouillé en 507). En 498 ou 499, à Reims, il est le premier chef barbare à se convertir au catholicisme et non à l’arianisme. Saint Remi joua un rôle prépondérant dans cette conversion. Par ce geste habile, Clovis obtient le ralliement des gallo-romains et notamment des évêques catholiques présents en terre wisigoth. L’empereur de Constantinople, Anastase, lui donne à cette époque un consulat honoraire. En 511, Clovis convoque un concile qui règle les rapports entre l’église et le pouvoir royal et meurt la même année.

Voir aussi :  Arianisme 

Constantin

Constantin est né à Naissus entre 280 et 285. Après avoir vécu près de Dioclétien, il est proclamé empereur en 306. Il met progressivement fin à la tétrachie. En 312, il vainc Maxence au pont Milvius, dominant ainsi tout l’Occident. De 314 à 324, il gouverne avec Licinius, empereur d’orient, avant de le vaincre à son tour pour régner sur l’Empire réunifié. Rome ayant déjà été abandonnée par ses prédécesseurs, le besoin d’une nouvelle capitale se fait sentir. Constantinople est alors fondée, en 324. La ville est officiellement dédiée en 330. Constantin réorganise l’administration (rôle des préfets), l’armée (composition et répartition), crée une monnaie qui sera millénaire. Il intègre à l’empire des peuples entiers qui poseront problème à ses successeurs plus faibles. Constantin se distingue surtout par son attitude envers les chrétiens. Il est le premier empereur à choisir cette religion, imposant sa tolérance à l’Empire par l’Edit de Milan dès 313. S’il favorise fortement l’Eglise, il ne condamne cependant pas le paganisme. Il meurt en 337.

Voir aussi :  Edit de Milan – Constantin et le christianisme -

Constantinople

Constantinople, la nouvelle Rome créée par l'empereur Constantin, voit son sol consacré en 324. La ville, inachevée, est inaugurée en 330. Si les raisons pour lesquelles Constantin a choisi de fonder une ville de cette importance ne peuvent être connues avec certitude, on peut néanmoins en avancer plusieurs : la volonté d'avoir une base stratégique près d'une frontière instable ; le positionnement sur un axe commercial important (Danube, routes vers l'Asie) ; délaissement d'une Italie décadente... Constantin prévoit d'emblée une cité imposante où il choisit de résider et cherche à y attirer des dignitaires romains, sans pour autant lui donner le statut administratif de Rome. Il n'en fait pas non plus une capitale chrétienne.
Dès le IVe siècle, la nouvelle cité adopte un statut juridique similaire à celui de Rome, son dirigeant, l'éparque, devenant même plus puissant que le préfet romain. Elle est le siège d’un gouvernement de plus en plus centralisé. L’évêché prend lui aussi de l’importance assez rapidement, le patriarcat de Constantinople se plaçant derrière celui de Rome. La cité prend son essor sur le plan économique. Comme Rome, Constantinople crée en quelque sorte l’Empire dont elle est le centre, agrégeant autour d’elle le monde grec. La ville aurait compté jusqu’à un demi-million d’habitants. Avant sa chute en 1453, semi-déserte, elle n’en comptait plus que 100 000.


-

Edit de Milan – Constantin et le christianisme

L'édit de Milan, signé par Constantin en 313, est considéré par certains comme le début du Moyen Age, même si la chute de l'Empire romain d'Occident, en 476, est plus généralement acceptée.

Alors que l'Empire romain est déchiré entre les tétrarques, Constantin remporte en 312 une victoire décisive. Sur les boucliers de son armée figurait, selon certains auteurs chrétiens, le chrisme. Constantin aurait eu une vision la veille du combat : une croix dans le ciel avec ces mots "Par ce signe, tu vaincras". A dater de cette victoire, Constantin se montre favorable au christianisme. En 313, il promulgue l'édit de Milan, qui autorise la liberté religieuse et met fin aux persécutions des chrétiens. En 324, après avoir éliminé son dernier rival, il se convertit officiellement et encourage ses sujets à faire de même. En 325, il réunit le concile de Nicée pour définir la doctrine orthodoxe à opposer aux ariens, la doctrine orthodoxe. Néanmoins, il fait ensuite appel aux ariens, n’ayant pas de convictions théologiques très stables. Le traitement très peu charitable qu’il réserve à son fils et à sa deuxième femme l’emplit de remords et le pousse un peu plus vers la religion. Vers 330, il envoie une lettre au roi perse Sapor II, persécuteur du christianisme, où il se pose en protecteur de tous les chrétiens. Il prépare alors une sorte de croisade qu’il n’aura pas le temps d’entreprendre. Il est baptisé sur son lit de mort en 337.

Voir aussi :  Constantin -

Grégoire Ier le Grand

Grégoire naît à Rome vers 540 dans une famille patricienne et chrétienne de longue date. Sa formation intellectuelle lui permet d’entamer une carrière administrative comme praefectus urbis. Il renonce à cette vie pour fonder monastères et couvents sur les propriétés familiales et pour compléter sa culture biblique, notamment par la lecture assidue de saint Augustin. En 579, le pape Pélage II l’envoie à Constantinople où il reste six ans. Peu de temps après son retour à Rome, en 590, il est appelé à succéder à Pélage II, contre son gré.
Confronté à une situation difficile (peste, famine…), il administre courageusement l’Eglise et Rome. C’est notamment lui qui, comme Léon le Grand face à Attila, empêche que la ville soit dévastée par les lombards en 592. Il accroît l’homogénéité des églises placées sous son autorité et s’affirme face au pouvoir civil et au patriarche de Constantinople. Il lance un mouvement de christianisation dans les zones anglo-saxonnes avant de mourir en 604.
Sa pensée, exprimée principalement dans le Liber regulae pastoralis influence fortement le monachisme médiéval. Il écrit des ouvrages relatifs à des saints italiens. L’un deux, consacré à Saint Benoît, constitue la principale source d’information sur celui-ci. Sa théologie reste traditionnelle et il demeure un grand contemplatif. S’il s’est intéressé à la musique liturgique, il n’est probablement pas le fondateur du chant grégorien. Il sera un des auteurs les plus étudiés au Moyen Age et est considéré, avec Ambroise, Augustin et Jérôme, comme l’un des pères de l’Eglise latine.

Hégire

De l'arabe hidjra, l'Hégire est considérée comme une rupture dans la vie de Mahomet séparant le temps de l'erreur du temps de la vérité.
Mahomet, conspué par les habitants de la Mecque, quitte sa ville natale, le 24 septembre 622, pour s'installer avec quelques disciples dans une ville à 350 km au nord, Médine. Il y a met en place un "Etat" puissant qui lui permet d'asseoir sa religion durablement.
En 638, six ans après la mort du prophète, les héritiers spirituels de Mahomet se réunissent et choisissent l'Hégire comme point de départ de leur calendrier.

Voir aussi :  Mahomet -

Justinien

Justinien monte sur le trône de Constantinople en 527, alors qu'il exerçait déjà le pouvoir sous le règne de son oncle Justin Ier depuis plusieurs années.
A cette époque, la forte croissance de la ville (300 000 habitants) la rend instable. En 532, les factions qui la divisent s'unissent contre le pouvoir, pillant la ville et notamment Sainte Sophie. Convaincue par l'impératrice Théodora de rester au pouvoir, Justinien permet une sanglante répression. Il conquiert ensuite la partie orientale de l'Afrique du Nord. Puis il se lance dans une reconquête plus longue et plus douloureuse de l'Italie et de la Bétique. Justinien produit également un nouveau code. Cependant, une relative anarchie règne dans l'Empire. La division est également religieuse et difficilement surmontée. De grands travaux sont entrepris, comme la reconstruction de Sainte-Sophie, avec sa gigantesque coupole. Le bilan de Justinien est assombri, outre par les divisions, par la peste et par une fragilisation de la frontière orientale.

Mahomet

Il est impossible d'établir une biographie sûre de Mahomet. Seul le Coran et quelques sources sujettes à manipulations nous sont parvenues.
Né à la Mecque vers 570, Mahomet est issu d'une famille modeste dont il est rapidement orphelin. Recueilli par un oncle, il est embauché par une riche commerçante dont il devient le mari. Il acquiert ainsi une position de notable. Il se tourne vers l'étude des religions et prend l'habitude de pratiquer l'ascétisme en se retirant hors de la ville. En 610, pendant l'une de ses retraites, l'archange Gabriel (Djibril) lui enseigne les paroles de Dieu qui s'incrivent dans son coeur. Il fonde une nouvelle religion, critiquant ouvertement la classe des riches marchands de la Mecque. Il doit se retirer de la Mecque : c'est l'Hégire, en 622. A Médine, il fonde une sorte d'Etat, qui, après une série de victoires, finit par s'étendre sur toute l'Arabie. Il combat continuellement la Mecque. Il continue de recevoir le Coran et précise son dogme, notamment en affirmant sa séparation d'avec les juifs (en se plaçant dans la lignée d'Ismaël et non d'Isaac et en prenant en considération l'importance du Christ). Il islamise la Kaaba (une météorite qui faisait déjà l'objet d'un culte). En 630, il retourne à la Mecque soumise. Il meurt en 632 à Médine après une maladie fulgurante.

Voir aussi : Hégire -

Partage et chute de l'Empire romain

La fin du IVe siècle est marquée par un climat instable de guerres incessantes contre les goths. C’est sur un empire menacé de toutes parts que Théodose règne de 379 à 395. La situation des troupes est telle qu’il est obligé d’accepter l’implantation de poches barbares en deçà du limes. Théodose tente d’assurer la sécurité de Rome par la négociation et l’intégration de barbares dans les structures de l’Empire.
Juste avant sa mort, il décide de partager la gestion de l’empire entre ses deux fils, Arcadius , l’aîné (Orient) et Honorius (Occident). A l’époque, ce partage n’est pas perçu comme un événement exceptionnel, un tel partage fonctionnel ayant déjà eu lieu. Les romains ne perçoivent pas de réelle rupture : les deux empereurs sont chrétiens, placés sous la tutelle unique d’un général vandale, Stilicon. Les institutions sont semblables de part et d’autre de la frontière et l’unité politique subsiste.
Néanmoins des différences antérieures à ce partage existaient déjà. Militairement, l’Occident était beaucoup plus faible face aux incursions barbares. Des pans entiers de limes sont désertés (Belgique, Bretagne…). Economiquement, le centre de gravité s’est déplacé vers Constantinople. Malgré les efforts de Stilicon, des signes de rupture entre Rome et Constantinople vont apparaître progressivement. La nouvelle Rome ne manifeste aucune solidarité vis-à-vis des raids qui touchent l’Occident en 406-407 et notamment le sac de Rome en 410. Ce dernier révèle aux romains l’étendue de leur déclin. Pour autant, ils ne parviennent pas à retrouver la volonté et l’unité politique nécessaire pour faire face aux incursions étrangères. Le Ve siècle n’est qu’une longue chute inéluctable qui prend fin en 475.

Pépin le Bref

Pépin le Bref, né en 714, est le deuxième fils de Charles Martel et succède à ce dernier comme maire du palais de Neustrie, en même temps que son frère Carloman, à qui échoit l’Austrasie. En 743, pour faire face à leurs ennemis, ils placent sur le trône un roi fantoche, Childéric III (alors que leur père gouvernait seul depuis 737). Ils accomplissent une réforme de l’Eglise, interdisant aux clercs de se conduire comme des laïcs (interdiction de se battre, notamment), rétablissant de la hiérarchie. Carloman abdique en 747 pour se retirer dans un monastère en Italie. Pépin envisage alors de monter sur le trône, recevant en cela l’appui du pape Zacharie, qui estime que celui qui détient le pouvoir effectif doit être roi. Pépin se faire élire roi en 751, avec le titre de Pépin III. Childéric III est envoyé dans un monastère. Le premier carolingien introduit une nouveauté : le sacre (754). Cette cérémonie, qu’on trouve dans l’Ancien testament, n’était pratiquée ni à Rome ni à Byzance et les Mérovingiens se contentaient du baptême comme signe divin. Elle réapparaît dans l’Espagne wisigothique en 672 et Pépin est le premier franc à l’utiliser, pour se conférer une légitimité plus forte. En échange du soutien papal, il se porte au secours d’Etienne II, successeur de Zacharie, lorsque celui-ci est attaqué par le roi lombard Aistulf, en 754. Les conquêtes de Pépin permettent la création d’un Etat pontifical. En France, il fait la conquête de l’Aquitaine. Il meurt en 768.


-

Priscillianisme

L'évêque Priscillien entreprit vers 370 d'opposer à la vie licencieuse du clergé un ascétisme rigoureux, fondée sur une conception négative du monde matériel, issue du manichéisme. Sa doctrine, malgré le vif succès qu'elle remporte en Espagne du nord, est rapidement condamnée comme une hérésie. En 385, Priscillien est l'un des premiers hérétiques condamnés à mort (décapité et non brûlé vif comme cela se fera par la suite). Le priscillianisme dominera encore en Galicie jusqu'au VIe siècle.