Historique

L'abbaye Notre-Dame d'Hambye est fondée vers 1147 par Guillaume Paisnel, seigneur du lieu. Elle est peuplée par des moines bénédictins de Tiron dans le Perche et bénéficie de la protection de la noblesse normande et anglaise. Une grande abbatiale de style gothique est édifiée au XIIIe. Florissante au XIVe siècle, l'abbaye passe sous le régime de la commende en 1548. Parmi les abbés commendataires, on trouve quelques personnalités comme le frère du cardinal de Richelieu (lui aussi cardinal, d'ailleurs).

L'extinction de la communauté en 1784 met fin à son long déclin. A la Révolution, les bâtiments conventuels sont reconvertis en bâtiments agricoles. En 1810, l'abbatiale est vendue et sert de carrière de pierre, tout comme le cloître. Après avoir été classé monument historique en 1900, elle est partagée entre deux propriétaires.

Tombes de Louis d'Estouteville, défenseur du Mont Saint Michel et de sa femme Jeanne Paisnel, descendante du fondateur

Une association est fondée par le chanoine Niobey pour prendre soin des ruines. En 1956, M. et Mme Beck achètent les bâtiments monastiques et entreprennent leur restauration. En 1964, le Conseil général de la Manche achète l'abbatiale, la porterie et le bâtiment des convers. On peut voir aujourd'hui l'abbatiale (sans voûte et sans façade) et une partie des bâtiments monastiques.

L'abbatiale

La nef ne compte plus que deux travées sur les quatre qu'elle possédait initialement. En l'absence de bas-côtés, elle paraît assez étroite.
La croisée est dominée par les vestiges d'une tour lanterne.

Au sud, le transept est éclairé par une fenêtre étroite et élancée. On trouve sur ce bras une chapelle à chevet plat. Deux portes aujourd'hui murées permettaient d'accéder à la sacristie et au dortoir des moines.

Au nord, la disposition est différente. Une chapelle dédiée à Saint Michel, dont le voûtement a été refait au XVe siècle, est surmontée d'une tribune.

Le pilier à l'entrée de la chapelle possède un chapiteau orné d'une scène de chasse.

Le chœur présente une élévation à trois niveaux : grandes arcades très élancées, triforium aux petites ouvertures et fenêtres hautes à deux ou trois lancettes.

Les grandes arcades retombent sur des chapiteaux ornés de crochets.

Le chœur est ceint de cinq chapelles rayonnantes.

C'est depuis le chevet qu'on a la plus belle vue sur le chœur et ses arcs-boutants.

Les bâtiments monastiques

Le bâtiments des frères convers, bien que transformé au XVIIe siècle, conserve une belle porte romane.

A l'origine, il était composé d'un dortoir à l'étage supérieur et d'un réfectoire au-dessous. Au XVIe siècle, il est transformé en logis abbatial.

Les autres bâtiments monastiques (partie privée) ne sont visitables qu'avec un guide. On accède en premier lieu à un cour comprenant des bâtiments agricoles. Le bâtiment qui comprenait le réfectoire a été détruit : il est représenté par une bande de pelouse.

La cuisine a en revanche été conservée. On peut toujours y voir une vaste cheminée et le passe-plat.

En face de la cuisine, de l'autre côté de la cour, on trouve le chauffoir, qui servait aussi de scriptorium. La salle est voûtée d'arêtes. Elle a été amputée au sud.

Il reste peu de choses du cloître. Un petit jardin en donne les dimensions.

La salle capitulaire, édifiée entre 1230 et 1240 donne sur la galerie est du cloître par deux grandes arcades brisées.

Elle comporte cinq travées et un rond-point voûtés d'ogives. Les ogives retombent sur de fines colonnes. Le rond-point est éclairé par trois grandes fenêtres brisées.

Un superbe palmier termine la série de colonnes.

On trouve sur les murs des restes de fresque : la seule vraiment identifiable représente le lavement des pieds.

Le parloir possède des voûtes d'arêtes ornementées de lys royaux et de fleurs à cinq pétales.


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