MERIMEE ET LES MONUMENTS HISTORIQUES
La Révolution de 1789 a porté atteinte au patrimoine,
notamment dans ce qu'il avait de monarchique et de religieux, sans qu'un immédiat
souci de relèvement apparaisse sous l'Empire ou la Restauration. Encouragé
par la vague romantique, qui redécouvre le Moyen Age, un désir de
réhabilitation se fait jour sous la Monarchie de Juillet.
|

|
De nombreuses voix s'élèvent contre le vandalisme, comme
celles de Victor Hugo ou d'Arcisse de Caumont, fondateur en 1834 de la
Société française d'archéologie.
L'inspection générale des Monuments historiques est créée en 1830 par
Guizot. Elle est complétée en 1837 par une Commission nationale des
monuments historiques. Le premier inspecteur est Ludovic Vitet, un ami de
Mérimée, qui démissionne en 1834. Mérimée lui succède avec plaisir. Cette
fonction, confie-t-il à son ami Sutton Sharpe, « convient fort à
mes goûts, à ma paresse et à mes idées de voyage » (lettre du 12
mai 1834). Il se réjouit de découvrir
dans ses profondeurs une France « plus inconnue que la
Grèce ou l'Egypte ».
|
Pour combler ses lacunes en matière d'architecture, il
s'entoure de spécialistes (Vitet, Caumont...). Ses recherches l'amènent à
constater que les réparations maladroites des monuments sont presque aussi
néfastes que les destructions. Il écrit à Thiers, alors ministre de
l'Intérieur et des Travaux Publics (6 juillet 1834) : « Le
mauvais goût qui a présidé à la plupart des réparations faites depuis deux
siècles à nos monuments du moyen âge, a laissé des traces peut-être plus
funestes que les dévastations, suites de nos guerres civiles et de la
révolution ». Il propose aux ministres compétents de contrôler au
plan national les plans de restauration des édifices les plus importants,
notamment des cathédrales dont l'entretien est financé par le ministère des
cultes. Une telle proposition annonce la naissance des architectes des
bâtiments de France.
|